Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/avant_pays/av_pays_general/miocene.html
Roches du Tertiaire supérieur ("Néogène")
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Molasses et conglomérats miocènes
Le sommet de la succession stratigraphique
de l'avant-pays (ainsi, d'ailleurs que des massifs subalpins des Bauges, du Vercors et du Diois) est constitué par les molasses
du Miocène. Ce sont des grès à ciment de
calcaire argileux à grains de glauconie. Verdâtres
en cassure ils sont ocreux en surface, par oxydation de la glauconie.
Ce sont d'anciens sables déposés sous faible profondeur
d'eau, dans le sillon
molassique périalpin, par les rivières qui érodaient
les Alpes à cette époque : elles l'ont comblé
en y construisant leurs deltas.
La falaise de molasse de rive droite des gorges
de la Morge, à Voiron
vue du sud-est, depuis la route de l'hôpital, en rive gauche
Falaise de molasse sableuse homogène, ça
et là mieux consolidée en strates gréseuses
plus résistantes, lenticulaires

Vue rapprochée d'un affleurement de molasse sableuse des gorges
de la Morge, à Voiron
montrant des zones lenticulaires mieux cimentées au milieu d'un ensemble plus friable
Cette formation contient d'importantes inclusions
de conglomérats (à aspect de béton), formés
de galets cimentés par le grès.

Détail d'un affleurement de conglomérats
(montagne de Vouise, près de Voiron)
Le ciment gréseux porte localement l'empreinte en creux de galets qui ont été détachés par l'érosion. Sur la gauche se trouve un galet "impressionné", ainsi nommé car il porte des cupules en creux, qui s'avèrent être les empreintes de galets voisins.
Les galets impressionnés sont nécessairement de nature calcaire, car c'est la pression au sein de la roche qui y a occasionné la dissolution locale du carbonate, là où il était en contact avec d'autres galets non calcaires (donc non solubles).
La présence de tels galets est, d'autre part, assez caractéristique pour permettre de distinguer les conglomérats molassiques de ceux du Quaternaire.
Ces masses conglomératiques
sont lenticulaires (mais mesurent aisément plusieurs centaines
de mètres de large et plusieurs dizaines de mètres d'épaisseur). Elles correspondent à la coupe
du remplissage de lits des bras de rivière qui amenaient
des matériaux grossiers dans le delta lors des crues.

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Lits de molasse miocène surmontés par un banc
de conglomérats
Flanc ouest du synclinal de Voreppe, route du col de la Placette
(l'est est à droite).
Noter l'obliquité des fins litages internes
aux strates, ou "lamines", qui indiquent ici que les
apports de sable se faisaient de la gauche vers la droite.

version plus
grande, sans commentaires, de cette image
Passages latéraux par indentation en marge
d'un chenal conglomératique
tranchée de la voie ferrée Lyon-Grenoble, 250 m
à l'est du château de Réaumont (Voironnais).
Alors que la stratification est globalement horizontale,
les litages sont inclinés dans la zone d'indentation des
faciès entre conglomérats et grès fins.
Cela est dû à ce que les grès molassiques
se déposaient dans des zones calmes du delta, en contrebas
et en marge des levées de matériaux grossiers qui
bordaient les lits des cours d'eau "distributaires"
deltaïques (le colmatage de ces derniers fait qu'ils sont
rapidement abandonnés par les écoulements fluviatiles).
Pour comprendre l'organisation de ces dépôts à une échelle supérieure il faut garder
en mémoire le fait qu'à cette époque le sillon
périalpin subissait un lent mais inexorable enfoncement
de son tréfonds rocheux anté-miocène (voir
l'article "sillon périalpin" du glossaire). Il recevait alors des alluvions apportées par
des rivières qui provenaient des domaines plus orientaux
des Alpes (telle l'ancienne Isère miocène ) qui
venaient y former des deltas aux débouchés de leurs
vallées sur le littoral.

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Schéma théorique très simplifié
de la formation du delta de l'Isère miocène.
vu du sud-ouest vers le nord-est ; échelle horizontale
approximative et échelle verticale très exagérée.
La section avant, orientée W-E (perpendiculairement
aux chaînons subalpins), montre très grossièrement
la disposition des strates, avec des couches de progression
("front beds") inclinées vers le large et des
couches du sommet de colmatage ("top beds") horizontales.
Les bras "distributaires" ont été représentés
tous de la même manière à la surface du delta,
mais, à un moment donné, seuls certains sont actifs
tandis que d'autres sont morts car colmatés par une crue
antérieure.
N.B. : En fait le schéma montre la disposition correspondant
à un seul épisode sédimentaire, Mais, dans
un secteur donné, cette disposition se répète
à intervalles de temps espacés, car, périodiquement,
les apports sédimentaires s'interrompent (lorsque les trajets
des chenaux distributaires abandonnent ce secteur) ; lorsqu'ils
reprennent la subsidence a alors provoqué un enfoncement
plus ou moins important de la surface des dépôts
antérieurs, de sorte que les distributaires sont amenés
à "reconquérir le terrain" en déposant
de nouveau des strates de progression ("front beds")
inclinées.
L'affleurement ci-dessous est particulièrement
exemplaire pour comprendre le processus sédimentaire qui
a découlé de cette situation.

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Organisation des dépôts molassiques en séquences
sédimentaires deltaïques
Falaises des Rochers du Grand Jet, au sud de Saint-Joseph-de-Rivière
(marge occidentale de la Chartreuse).
hauteur de la falaise : environ 100 m ; orientation presque N-S
(le nord est à gauche).
La partie visible de la succession molassique comporte
une alternance de couches sablo-gréseuses inclinées
vers le nord et de bancs de conglomérats sub-horizontaux
(répartis en deux niveaux). En fait on peut y distinguer
plusieurs séquences correspondant à des épisodes
sédimentaires successifs -purement locaux - séparés
par des hiatus de sédimentation (surfaces soulignées
de rouge).
Les niveaux à prédominance de bancs de
conglomérats correspondent (pour l'emplacement où
nous nous trouvons) aux dépôts de la fin d'un
des épisodes du comblement du delta miocène
du Bas Dauphiné. A ce stade les cours d'eau distributaires
des alluvions, issus du partage en multiples bras du cours de
l'ancienne Isère, parcouraient cette portion de la surface
du delta. Ils remaniaient le sommet des alluvions précédemment
déposées et en n'abandonnaient plus que les matériaux
les plus grossiers apportés par les crues (couches dites
"supra-deltaïques" = "top beds").
Lorsque les lits des distributaires ont été ainsi
colmatés sur tout le secteur concerné, les eaux
fluviatiles sont allées s'épandre ailleurs sur le
delta et le secteur qui nous intéresse a cessé d'être
parcouru par le trajet divaguant des distributaires deltaïques.
Il s'est donc reconstitué une tranche d'eaux marines libres,
parce que l'enfoncement dû à la subsidence du sillon
périalpin se poursuivait mais n'était plus compensé
par des apports alluviaux.
L'épisode suivant débute lorsque
des distributaires eurent retrouvé un chemin menant à
cette zone d'eaux libres. Leurs matériaux fins se sont
alors déposés en couches inclinées, garnissant
le bord distal du talus de progression de cette portion du delta.
Ce sont les couches dites "pro-deltaïques" (= "front
beds") qui se disposent de façon concentrique sur
ce talus alluvial, en le faisant ainsi avancer ainsi vers le large.
Au fur et à mesure que le comblement progresse vers le
large les couches supra-deltaïques viennent s'installer,
au sommet de la nouvelle tranche alluviale ainsi constituée,
fermant ainsi vers le haut la séquence sédimentaire.
Pour le contexte régional de ces affleurements
aller à la page "Saint-Laurent-du-Pont"

On trouvera un aperçu sur l'organisation stratigraphique des dépôts molassiques
à l'échelle de l'ensemble du Bas Dauphiné
à la page "Tertiaire
du Bas Dauphiné" |