Apprieu, Mont Levatel |

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L'extrémité orientale des collines dominant Apprieu
et la vallée supérieure de la Fure
vus d'avion, depuis le sud, de l'aplomb de La Murette, par dessus
la crête de la montagne du Bois de Bavonne.
La langue glaciaire rhodanienne de La Fure a abandonné
le vallum de Charavines au stade 1M. Ses eaux de fonte
ont édifié plus en aval les terrasses de La Fure
(plateau d'Apprieu - Plan Bois).
Ces terrasses résultent du remplissage alluvial de la dépression
d'Apprieu, créée à
cette époque par le fait que la langue du glacier de l'Isère
s'avançait jusqu'à barrer la partie aval de la vallée
de la Fure (plus gauche que la limite du cliché), après
avoir s'être appuyé sur l'obstacle de la montagne
du Bois de Bavonne.
s = terrasses stadiaires, comportant une tranche
notable de matériel alluvionné ; r = terrasses
("banquette") de retrait, fondamentalement sculptées
par érosion, dans les alluvions plus anciennes ("s"
de numéro inférieur), à l'occasion de la
baisse de niveau de la Fure à l'époque considérée.
(voir la carte
de détail)
Les pentes du Mont Levatel, formées par les conglomérats miocènes, tombent directement sur la plaine et ne portent aucune trace de crête de moraine (contrairement à celles du Bois de Bavonne, sur l'autre rive de la Fure). Cela est dû à ce qu'elles se trouvaient plus à l'ouest que la ligne d'avancée maximale atteinte par le glacier würmien. Ce sont les terrasses construites par les eaux de fonte réunies des langues iséroise et rhodaniennes qui butent ici directement contre ces pentes.
Les langues rhodaniennes de Charavines et de Chirens ne parvenaient
pas non plus jusqu'à Apprieu et n'ont pas dépassé,
respectivement, les villages du Guillermet dans la vallée
de la Fure et celui de Bavonne, à l'extrémité
sud du Val d'Ainan [voir la carte
d'ensemble et la photo aérienne de la page "Chirens"].
On trouve cependant, peu en contrebas de l'échine sommitale de la montagne, du matériel glaciaire qui tapisse les pentes du vallon des Fontenettes, jusqu'au col où il culmine. Il s'agit là de lambeaux résiduels de glaciaire ancien, vraisemblablement mindélien.

version plus grande, muette, de cette image
La rive droite de la Fure immédiatement
en amont d'Apprieu
vue depuis l'échine septentrionale du Bois de bavonne,
à l'altitude de 585 au dessus de La Sarra (sur la crête
de la plus basse moraine du Riss).
Les tirets de couleur indiquent le tracé des
rebords de terrasses, le long duquel leur surface domine celle
de la terrasse inférieure (située en avant, vu sous
cet angle). Les tirets blancs gras reconstituent le tracé
de la moraine 1M iséroise, avant qu'elle ait été
arasée par les écoulements 2R et plus récents
de l'ancienne Fure. Ce tracé est jalonné par des
affleurements où l'on a pu observer le matériel
morainique typique recouvert par quelques mètres de sédiments
fluviatiles.
s = terrasses stadiaires, comportant une tranche
notable de matériel alluvionné ; r = terrasses
("banquette") de retrait, fondamentalement sculptées
par érosion dans les alluvions plus anciennes.
Noter le tracé sinueux (méandres) de la Fure : la
terrasse 3s correspond à un méandre un peu
plus accusé que l'actuel ; la terrasse créée
par les méandres 3R est masquée par les arbres
à l'extrémité gauche du cliché.
voir la suite
du paysage vers la droite (position des langues glaciaires rhodaniennes)
au cliché suivant.
La terrasse d'Apprieu est en réalité
formée par plusieurs
surfaces étagées qui s'abaissent en marches
d'escalier du nord-est vers le sud-ouest. Elles se sont formées
successivement par abaissement du niveau de creusement - alluvionnement,
alors que la Fure divaguait encore largement, c'est-à-dire
aux épisodes 1 et 2.

Ce système est coupé en biais par le profond couloir de la vallée de La Fure. L'analyse de celui-ci révèle également un étagement de terrasses emboîtées qui ont été creusées par la Fure à chacune des étapes d'abaissement du fond de son lit, à partir du stade 3. Visiblement les divagations latérales de la rivière ont été alors beaucoup limitées et elle a alors surtout approfondi son lit.

L'abaissement du fond du lit de la rivière était
commandé par l'abaissement de son niveau de base, qui était
constitué par la position de la surface du glacier dans
la basse vallée de l'Isère : par exemple, lorsque
la surface du glacier s'abaissait par à-coups en abandonnant
des banquette 3R1 puis 3R2 la Fure entaillait ses alluvions en
divaguant et y disséquait des terrasses d'érosion
3r1 et 3r2 ; lorsque le glacier oscillait sur place et formait
une moraine 3M, en marge du glacier s'établissait le chenal
3s et en amont, dans le lit de la Fure, se construisait par reprise
d'alluvionnement, une terrasse de fond de vallée (notée
également 3s).
Les contours de ces terrasses dessinent des entailles en croissants de lune dans le rebord des terrasses plus élevées. C'est particulièrement visible au Devez et au Grand Plâtre, où l'on distingue encore la forme, en boucle presque fermée, du chenal qui a creusé cette entaille, ce qui montre que le rivière décrivait alors des méandres accusés.

d'après une image extraite de "google-earth"
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Le cours de la Fure, entre Apprieu et Saint-Blaise-du-Buis
vu de l'ouest (dans le sens remontant de la vallée)
Les tirets fins et courts indiquent les rebords d'érosion séparant les terrasses étagées ; ceux de teinte émeraude correspondent au rebord de l'entaille que la Fure a approfondi à partir du stade de retrait 3.
Le tracé fléché, blanc cerné de bleu, est celui de l'ancienne Fure lors de l'épisode de retrait 3r2 (voir la carte ci-après).
L'ancienne carrière d'Apprieu, maintenant comblée et occupée par un lotissement, laissait voir, sous quelques mètres d'alluvions fluviatiles, du matériel morainique : ce dernier jalonnait le tracé que devait avoir la crête de moraine 1M avant que les eaux de la Fure ne l'aient arasée, en divaguant pour construire les terrasses 2r et 2s.
On peut, en coordonnant entre eux leurs lambeaux résiduels,
reconstituer le dessin de ces enchaînement de méandres,
qui s'avère s'être décalé vers l'aval,
d'un niveau de terrasses au suivant (cf carte ci dessous).

version plus grande de cette carte
Carte des méandres abandonnés et étagés
de la Fure
On note que, d'un épisode au suivant (noramment entre 3r1 et 3r2) l'enchaînement de méandres se retrouve sans grande déformation, mais décalé de l'amont (en haut à droite) vers l'aval (en bas à gauche).
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Carte de détail
des dépôts quaternaires du Voironnais entre Charavines au nord et Saint-Jean de Moirans au sud Partie occidentale (vallée de la Fure) |
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