Crête des Lauzières - Pic de Montbrison |
| voir l'aperçu général sur le chaînon de Montbrison |
Le versant occidental de cette crête, qui tombe sur la vallée de la Vallouise, se montre formé par un simple empilement d'unités charriées, avec un pendage général des couches qui s'écarte en général assez peu de l'horizontale. Cet édifice débute, en bas des pentes, par les écailles sub-briançonnaises qui sont recouvertes par des unités briançonnaises attribuées de longue date aux nappes de Champcella ("2° écaille") et de la Condamine ("3° écaille"). Mais l'analyse de détail conduit à y distinguer un plus grand nombre d'unités et l'attribution de ces unités surnuméraires à l'une ou l'autre de ces deux nappes est quelque peu problématique.

L'abrupt sommital de la Tête des Lauzières se montre formé de deux tranches superposées de calcaires et dolomies du Trias moyen. Si l'unité supérieure appartient très clairement à la nappe de la Condamine, il est par contre difficile de savoir ce que représente l'unité inférieure.
L'interprétation choisie sur la coupe ci-après est celle d'un prolongement de l'écaille supérieure de la Tête d'Aval, remontée par rapport à la nappe de la Condamine par le jeu extensif de la faille de la Tête d'Aval (voir la page "Tête d'amont" et la coupe au niveau du Pic de Montbrison).

Ces deux unités imbriquées sont coupées en biais par une grande cassure, la faille du Montbrison, à la faveur de laquelle le soubassement, masqué à l'aplomb du sommet part les paquets tassés du Lavé et du Clôt Lajas, se surhaussent du côté sud. L'unité qui forme les abrupts inférieurs, en rive sud du ravin de Clôt Lajas possède quant à elle les attributs stratigraphiques caractéristiques de la nappe de Champcella.
Du fait de son orientation, assez transversale au chaînon, cette faille est difficilement représentable sur les coupes. Sa visualisation dans l'espace est d'autre part assez difficile : son pendage lui fait nécessairement décrire un V topographique au franchissement de la crête, et il n'y a d'ailleurs aucun indice qu'elle se prolonge autrement sur le revers est de la crête (voir ci-après ce qui concerne son tracé sur ce versant). Elle apparait donc comme une faille tardive (postérieure aux charriages), témoignant d'une extension dans le sens N-S.

En plusieurs points on a souligné d'un trait,
noté s0, la disposition du pendage des couches.
Ceci est destiné à attirer l'attention sur leur
disposition, parallèle à la surface de chevauchement ØCo mais très oblique à la faille
du Montbrison. Cette dernière est un accident qui, malgré
son pendage assez faible, vers l'arrière gauche (voir les
demi-flèches), recoupe obliquement les nappes et a un rejet
extensif. On ne peut donc pas la confondre (comme l'ont fait
divers auteurs) avec une surface de charriage.
La partie inférieure de ce cliché montre, par ailleurs,
une coupe du Jurassique qui, par sa richesse en niveaux schisteux.(Cox)
ou calcschisteux (ci), est typique de la nappe de Champcella.

Le versant est de la Tête des Lauzières ne montre plus, sous le "couvercle" formé
par la dalle des calcaires et dolomies triasiques de la nappe
de La Condamine, les imbrications simples du versant ouest. On
y voit au contraire une succession calcaire triasico-jurassique
contournée par des plis à flancs parfois renversés,
à laquelle s'ajoutent des lambeaux flottants de terrains
siliceux, qui sont logés au coeur d'anticlinaux couchés
vers l'ouest.
Il s'agit de l'unité des Tenailles, dont les rapports avec
les unités du versant ouest posent un problème,
puisque ces dernières ne sont ni plissées ni renversées.
La solution de ce problème nécessite d'examiner
ce qui se passe au niveau de la transversale, plus méridionale,
de la Tête d'Amont, où
l'on dispose d'une coupe totale du chaînon.
La faille de Montbrison est un accident à rejet trop important pour ne pas se prolonger sur ce versant oriental de la crête. Il est certain que cette faille ne peut se poursuivre dans ce versant qu'en contournant par le nord la crête des Chalanches, car aucune faille tranversale n'affecte les abrupts au sud de cette crête. Il est délicat de déterminer comment elle tranche ensuite l'unité des Tenailles, d'autant la carte géologique n'y comporte guère de tracé qui puisse correspondre à la disposition de cette cassure.
| Son tracé doit vraisemblablement traverser en biais, du sud-ouest vers le nord-est, le vallon situé au nord de la crête des Chalanches, pour aboutir dans le vallon de Trancoulette aux abords de la cabane des bergers. En effet, au nord de ce tracé, dans le quartier de la Terre du Peyrol, affleure du matériel siliceux (quartzites werféniens et Verrucano), tandis qu'au sud la crête des Chalanches est formée de calcaires triasiques. Comme, dans ce secteur, les couches sont (au nord comme au sud) en série renversée à pendage est, une telle répartition des affleurements correspond à un abaissement du compartiment nord, ce qui s'accorde bien avec le sens de rejet de la faille de Montbrison. |

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