Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/chartreuse/6_sites_ch/pont_StBruno.html
en cliquant ci-dessus la page s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, sans barre de boutons et avec son titre correct, à partir de laquelle il sera aisé de créer un bookmark.
Guiers mort : secteur du Pont Saint-Bruno |
Le Pont Saint-Bruno enjambe le Guiers mort
au niveau où ce dernier franchit la falaise la plus massive
de l'épaisse succession des calcaires du Fontanil.
|
La falaise principale des calcaires du Fontanil dans la
vallée du Guiers Mort
(falaises s'élevant en rive droite depuis le Pont
Saint-Bruno)
Vue depuis la rive gauche (crête des Agneaux).
À la différence de celle de l'Urgonien la corniche
des calcaires du Fontanil est rubanée d'une succession
de vires, même dans ses secteurs les plus massifs comme
ici.
Les ressauts qui accidentent la falaise correspondent aux bancs
spécialement massifs qui marquent le sommet des séquences
de strates.
La falaise visible ici ne correspond qu'à la partie
basse des calcaires du Fontanil proprement dits (séquences
s3, s4 et s5 de la coupe). Elle se termine
vers le haut par un rebord fort net : ceci correspond au fait
que la dernière séquence de cette falaise (s5),
très calcaire dans son ensemble, est surmontée
par une séquence (s6) beaucoup plus argilo-calcaire
(elle débute même par un assez fort niveau marneux)
avec laquelle on entre dans les calcaires du Fontanil
supérieurs (membres de Mont-Saint-Martin, du Pas-du-Boeuf
et des Bannettes).
|
Schéma de la succession stratigraphique des
calcaires du Fontanil ;
(figure agrandissable)
le long de la D520b, en aval du pont Saint Bruno, montrant
leur organisation en "séquences" de variations
de faciès.
Les séquences des calcaires du Fontanil appartiennent
au type dit "de Klüpfel", c'est à dire qu'elles
débutent par des marnes (donnant des vires) puis se poursuivent
par des calcaires de moins en moins argileux et de plus en plus
riches en débris organiques grossiers (visibles et identifiables
à la loupe) pour se terminer par des calcaires relativement
massifs, à huîtres, débris de polypiers ou
même rudistes (faciès "sub-récifaux",
se rapprochant de ceux de l'Urgonien, qui sont également
ceux de la falaise sommitale de la Grande
Sure). Cette variation de faciès témoigne d'une
réduction progressive de la profondeur de dépôt.
On passe, au contraire, d'une séquence à
la suivante par une interruption de sédimentation, accompagné
d'un accroissement brutal de profondeur, ce qui se manifeste par
un changement brutal de faciès (qualifié de "discontinuité"
séquentielle).
Chaque séquence majeure est épaisse de
quelques dizaines de mètres et affectée elle-même
de variations séquentielles de même type mais moins
amples (d'ordre mineur), correspondant à de petites oscillations
de profondeur (voir le schéma en bas à gauche).
Par ailleurs, en passant de l'une à la suivante, les faciès
du sommet de la séquence deviennent de moins en moins profonds
pour les séquences s1 à s5, alors que c'est l'inverse
pour les deux séquences s6 et s7 (qui affleurent en amont
du pont Saint Bruno).
Cette organisation s'est développée au
flanc du talus sous-marin qui ceinturait du côté
sud-est la plate forme carbonatée jurassienne*. Jusqu'à
la fin de la séquence 5 cette dernière gagnait sur
l'espace marin, en débordant sur son talus, en «
progradation » vers le sud-est ; ensuite la plate-forme
a vu son bord rétrograder vers le nord-ouest, en prélude
à sa brutale et forte submersion, intervenue au début
de l'Hauterivien.
L'âge des calcaires du Fontanil n'est pas valanginien
supérieur contrairement à ce que l'on a longtemps
cru : les très rares ammonites récoltées
et surtout les calpionelles visibles en lames minces montrent
que la succession appartient encore au Berriasien, au moins jusqu'au
pont Saint Bruno et que seules les séquences situées
en amont sont à rapporter au Valanginien.
N.B : Les équivalences entre cette coupe
stratigraphique et la coupe
de référence, du Fontanil sont probablement
les suivantes :
s1 = membre de Sautaret , s2 = membre du Peuil,
s3 = membre des Oullières, s4 = membre de Valetière,
s5 = membre de la Rivoire, s6 = membre du Pas du
Boeuf, s7 = membre des Bannettes.
En amont du Pont Saint-Bruno le Guiers Mort
a creusé dans les calcaires du Fontanil, par le jeu du
mouvement tourbillonnaire des galets qu'il transporte lors des
crues, de splendides "marmites de géants", aux
quelles on accède par un sentier qui traverse d'une rive
à l'autre.
 |
à gauche :
Le Pont Peirant
dominant les marmites de géant du lit du Guiers (250
m en amont du pont Saint-Bruno).

ci-dessus :
Une marmite de géant
abandonnée sur la paroi de la gorge, par l'enfoncement
du lit. |
On trouve en outre, plaqués à
flanc de pente en amont comme en aval du Pont Saint-Bruno, des
lambeaux résiduels d'alluvions
limoneuses.

Affleurement de limons lacustres dans les gorges
du Guiers Mort
(300 m en amont du pont Saint-Bruno)
on devine (surtout au sommet de l'affleurement) le fin litage
en "varves" horizontales. Ces dépôts argileux
et finement sableux sont "ravinés", en haut à
droite, par des cailloutis grossiers torrentiels.
Ces lambeaux alluviaux sont les témoins
d'un ancien colmatage lacustre qui s'est produit dans toute la
vallée, entre son débouché aval et Saint-Pierre-de-Chartreuse,
à l'époque du maximum d'extension du Würm (dernière
des glaciations du Quaternaire). Ce remplissage de la vallée
a été alimenté par les matériaux que
transportait le Guiers Mort et ses affluents des deux rives. Cette
sédimentation a été occasionnée par
la présence, à cette époque, de langues de
glace qui
contournaient alors le massif et occupaient notamment la dépression
molassique de Saint-Laurent-du-Pont et des Échelles. Elles barraient,
à leur débouché, du côté ouest
les vallées issues du massif, et ce jusqu'à une
altitude de 1100 à 1000.
PAGE D'ACCUEIL CHARTREUSE
Page d'accueil
générale
du site
Dernières retouches apportées à cette page le
15/11/08