| La Grande Sure |


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La montagne de la Grande Sure
vue d'avion, du sud-ouest, depuis l'aplomb du col de La Placette
Ø1 = chevauchement de Voreppe ; a.É = anticlinal des Égaux ; s.S = synclinal transverse de la Sure ; a.Ch = anticlinal transverse de Charminelle.
Cette particularité remarquable paraît résulter de deux phénomènes distincts, dont les effets se sont conjugués et dont les traces sont perceptibles lorsqu'on analyse la constitution et le relief de ce chaînon (voir ci-après) :
a) le fait que l'Urgonien semble y avoir été décapé par une érosion antérieure à celle qui, au Quaternaire, a sculpté les crêtes et creusé les vallées (voir la page
spécialement consacrée à ce sujet) ; lors de la dernière étape de formation du relief les calcaires du Fontanil ont donc été le premier niveau résistant qu'a rencontré l'érosion.
b) la particularité que présente la formation des calcaires du Fontanil d'y être plus résistante à l'érosion que dans les chaînons plus orientaux du massif : cela résulte d'une part de sa forte épaisseur, qui approche ici de 500 m, et d'autre part du fait qu'il s'y développe des faciès très massifs, de type périrécifal, analogues à ceux de l'Urgonien.
Le versant occidental de la montagne est constitué
dans sa partie haute par la succession normale des couches depuis les
calcaires du Fontanil jusqu'à la base de la barre calcaire tithonique (le Jurassique supérieur marneux n'y vient pas au jour). Cette dernière est d'ailleurs, elle aussi, particulièrement épaisse (de l'ordre de 500 m, c'est-à-dire environ le double de ce qu'elle atteint en Chartreuse orientale).
Dans les escarpements inférieurs
ces couches jurassiques reposent sur la molasse miocène
du synclinal de Voreppe. Ce contact "anormal" résulte du jeu d'une faille majeure, le chevauchement
de Voreppe. Le bord de la tranche de roches chevauchante s'y montre affecté
d'un anticlinal en genou déjeté vers l'ouest (dans
lequel il faut certainement voir le prolongement le plus méridional
de l'anticlinal des Égaux).

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La façade nord-ouest de la Grande Sure
vu de la vallée de Saint-Nicolas de Macherin (c'est sous
cet angle que l'on distingue le mieux les rapports entre les divers
accidents mineurs de ce versant de la montagne).
d.Cp = décrochement du Portail de Chorolant ; d.Cs = décrochement sud de Chorolant ; f.cL = faille du Cul de Lampe ; f.J = faille (de chevauchement) de Jusson ; s.S = synclinal transverse de la Sure ; a.E = anticlinal des Égaux
N.B. On remarque que, sous Jusson, la barre du Tithonique supérieur descend assez bas dans le versant, avant de remonter en rive nord du ravin de l'Hérétang. Ceci correspond au fait que le synclinal transverse de la Sure s'entrecroise là avec la voûte de l'anticlinal des Égaux, ce qui a pour effet de faire basculer vers l'ouest l'axe du premier de ces deux plis.
Les abrupts sommitaux mettent bien en évidence la répartition des faciès plus ou moins calcaires (bioclastiques)* ou marno-calcaires qui constituent là les calcaires du Fontanil inférieurs (formation de la Rivoire) et la partie supérieure de la formation du Chevalon (voir la page "Le Fontanil"). Au voisinage de la crête sommitale les calcaires du Fontanil inférieurs forment une barre plus puissante car formée de faciès massifs, à rudistes, très proches de ceux qui sont communs dans l'Urgonien (et qui traduisent un environnement de dépôt subrécifal).


L'arête sommitale apparaît de loin comme un crêt bien caractérisé, dont le revers est constitué de dalles structurales qui plongent vers l'est (voir aussi la page "Charmille"). Ces dalles correspondent parfois à la limite entre calcaires du Fontanil inférieurs et calcaires du Fontanil supérieurs, ces derniers affleurant en général au pied des dalles rocheuses, dans les alpages. Plus souvent elles correspondent, au sein même des calcaires du Fontanil inférieurs, à la limite supérieure des niveaux les plus massifs, subrécifaux, qui forment le sommet même.
Ceci est vrai au sud du sommet ou, très au nord, dans le secteur dominant Chorolant. Par contre entre le sommet proprement dit et son antécime nord (point 1896), il n'y a pas de vraie crête mais plutôt une large échine peu pentée, percée de grandes dolines, typique d'un relief karstique. Il s'agit sans doute là d'un panneau résiduel du relief ancien, hérité de l'épisode d'aplanissement, préliminaire au creusement des vallées et au dégagement des crêtes, qui est évoqué plus haut.
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Le versant sud-oriental de la grande Sure
vu du sud, depuis la crête nord de Lorzier, à l'ouest du col d'Hurtières (débouché amont de la cheminée de Lorzier).
On remarque les rapports très subordonnés du crêt urgonien de la Vache - Hurtières par rapport à celui des calcaires du Fontanil de La Sure (voir la page Grande Vache et la page spécialement consacrée à ce sujet). L'emplacement de l'ancienne surface d'aplanissement qui doit en être la cause est tracé en tirets bleus (s.aplan.)
Le talus d'alpages "de l'Hauterivien" est en fait constitué par trois niveaux : les calcaires à miches (assez marneux) de l'Hauterivien supérieur (Hs),
les calcaires lités à lits marneux de l'Hauterivien inférieur (Hi) et les calcaires du Fontanil tout-à-fait supérieurs (cFs).
Les couches calcaires de la Sure (en grande partie à faciès "calcaires du Fontanil")
peuvent être réparties entre 3 niveaux (pour les dénominations ci-après se reporter à la coupe de référence du Fontanil) : cFs = calcaires supérieurs ("à silex") brunâtres
et à lits marneux ; cFi = masse principale de calcaires
francs à patine claire (= membres de la Rivoire et de Valetière)
; cChs = calcaires bioclastiques et argileux alternés
en lits d'épaisseur irrégulière de la partie supérieure de la formation
du Chevalon (= membre des Oullières).
Au pied des escarpements occidentaux de la Grande Sure affleure la formation du Chevalon moyenne (membre du Peuil), à marnes et marno-calcaires
prédominants (notée cChm) puis les marnes et calcaires argileux du Berriasien inférieur (membre de Sautaret, noté cChi).
Du point de vue chronologique cFs et cFm se rattachent à l'étage
Valanginien ; cChs et cChm se rattachent
à l'étage Berriasien et appartiennent à l'ensemble noté Be.mc dans divers autres secteurs de la Chartreuse. L'emplacement précis
de la limite entre ces deux étages n'est cependant connu qu'avec un certain flou (voir cliché suivant).
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L'arête sud et le sommet de la Grande Sure
vus du sud, d'enfilade, depuis le sommet1838 des Rochers de Lorzier.
Cette photo, prise selon l'azimut des strates, montre la coupe naturelle donnée
par la transversale ouest-est du ravin supérieur de l'Hérétang
(comparer avec la coupe des Rochers
de Lorzier), dont le fond est masqué par les Rochers de
Lorzier septentrionaux (légende des ensembles rocheux successifs : voir la figure précédente).
Sous cet angle on voit que les bancs calcaires bioclastiques (faciès "calcaires du Fontanil") s'effilent dans le sens de gauche à droite et que les niveaux marno-calcaires dans lesquelles ils s'intercalent se réduisent et s'effilent dans le sens opposé : cette intrication des couches (que l'on a souligné de traits rouges) correspond au fait que les apports de sables bioclastiques provenaient de la gauche (c'est-à-dire du bord de la plate-forme jurassienne, situé plus à l'ouest).
On voit également que le crêt de calcaires du Fontanil de l'arête sommitale est biseauté en chanfrein par une surface d'érosion moins inclinée
que les couches : cette dernière représente sans doute un témoin
résiduel d'une ancienne surface d'aplanissement (s.aplan.),
conformément au schéma de la coupe ci-dessus.
Il s'agit d'abord des deux décrochements dextres de Chorolant, puis de la grande faille du Cul de Lampe, extensive, qui abaisse le compartiment portant la crête de la Sure, enfin du petit chevauchement de Jusson.
Les abrupts boisés du soubassement de la montagne, formés de Jurassique supérieur, dominent le col de la Placette. Ce dernier est pourtant ouvert dans des terrains tertiaires (donc bien plus récents) : c'est qu'entre les deux passe le chevauchement de Voreppe (Ø1 sur la coupe ci-après).
Enfin les pentes boisées inférieures montrent, immédiatement au dessus du tracé du chevauchement, des couches jurassiques verticales, par exemple aux "Pierre Droites", sous Jusson ou dans la falaise inférieure du promontoire rocheux du Banc du Mollard. Elles correspondent au flanc ouest de l'anticlinal des Ègaux.
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(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°) |
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| versant ouest |
LOCALITÉS VOISINES | Vache |
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