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Pommiers, gorges de la Roize |
La Roize est un torrent qui présente des caractéristiques
tout à fait exemplaires, avec son cours formé des
trois parties classiques : entonnoir de réception, chenal
d'écoulement et cône de déjections (qui s'avance
dans la plaine de l'Isère en aval de Voreppe).
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Le cours de la Roize
Vu de l'ouest, depuis la montagne de Ratz (belvédère
de Roche Brune)
L'entonnoir de réception du torrent entaille
fortement les calcaires du Fontanil, au point d'avoir rongé
la crête que cette barre rocheuse forme tant au nord (Rochers
de Lorzier) qu'au sud (crête des Bannettes).
Le chenal d'écoulement est particulièrement
long. Il présente une partie supérieure taillée
en une gorge particulièrement encaissée, pour traverser
la puissante barre calcaire du Tithonique. Il se rétrécit
et devient moins profond, en contrebas du chevauchement de Voreppe (Ø1), lorsqu'il s'entaille dans la molasse
du synclinal de Voreppe.
Au bord inférieur droit du cliché le
cours de la Roize se coude à 90° pour suivre l'axe
du synclinal jusqu'à Voreppe.
version plus grande, muette, de cette image
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La partie inférieure de la gorge du chenal d'écoulement, peu accessible, est entaillée, sous le chevauchement de Voreppe, dans les conglomérats molassiques du flanc oriental du synclinal de Voreppe. Ce flanc du pli n'y montre dans l'ensemble qu'un basculement vers l'ouest très faible (voire nul), mais les lits de conglomérats y sont néanmoins assez fortement pentés vers l'ouest par endroits. Cela provient de ce qu'ils étaient déjà inclinés, dès leur dépôt. De fait leur disposition géométrique témoigne sans équivoque de ce que les matériaux se sont accumulés là, par couches concentriques, sur le talus de la zone périphétique d'un delta (couches "prodeltaïques" = "fore-set").
même fenêtre
< image plus grande, muette >
nouvelle fenêtre
La rive gauche des gorges inférieures de la Roize, entre les altitudes de 600 et 500 m
vue depuis le hameau de Préfanton.
Le secteur visible ici est à peu près celui qui supporte la mention "syncl. de Voreppe" sur le cliché précédent.
s0 = surfaces de stratification au sein des conglomérats ; au dessus de la surface de discontinuité (horizontale lors de la sédimentation) les couches de cailloutis se déposaient de gauche à droite en se déposant sur le talus périphérique sous-marin du delta ("fore-set") qui progressait ainsi vers le large.
noter pour chaque couche la liminution progressive de leur inclinaison vers le bas, où elles deviennent parallèles à la surface de discontinuité, au dessus de laquelle le delta "progradait" vers la droite.
La surface du chevauchement de Voreppe (qui se manifeste par le contact tectonique des couches jurassiques sur celles du Tertiaire) est observable en remontant une cinquantaine de mètres dans le lit du torrent (vers le cote 672) en amont de sa traversée par le chemin qui mène en rive sud depuis les hameaux des Clos et de Préfanton.

Vue rapprochée des affleurements de rive gauche de la Roize
dans le lit du torrent, à la cote approximative de 660 m, du nord vers le sud (l'aval, vers l'ouest, est à droite).
Ø1 = surface principale du chevauchement de Voreppe (une surface secondaire donne lieu à une autre imbrication de couches, environ 50 m plus haut).
s1 = feuilletage tectonique, par écrasement des couches, dans une frange d'environ 1 m sous le chevauchement ; f.R = micro-failles "de Riedel*; s.0 = surfaces de stratification : il semble, compte tenu du fort pendage vers l'est de la limite entre grès et conglomérats, que la succession molassique soit rebroussée ici en crochon sous le chevauchement.
La partie haute de la gorge est traversée
par le sentier qui mène à Charminelle depuis Chalais.
Pour rejoindre le lit du torrent, ce dernier emprunte sur 50 m,
la surface de chevauchement de la faille de Mont-Saint-Martin.
L'analyse qu'il permet d'en faire est suggestive pour interpréter
ce que l'on observe (mal) plus au sud, au Pas
de l'Ane.

version
plus grande, muette, de cette image
La partie supérieure de la rive gauche des
gorges de la Roize
Vue plongeante depuis la rive droite (piste forestière
de Charminelle) ; interprétation ci-dessous :

figure
agrandissable
La coupe naturelle de la partie supérieure
des gorges de la Roize (rive gauche)
Le trait gras correspond à la surface de cassure
de la faille de Mont-Saint-Martin.
Les crochons des couches du Berriasien et la présence sous
la surface de cassure (détail agrandi) de petits copeaux
losangiques limités par des cassures secondaires ("de
Riedel"*) caractérisent un rejet compressif, en chevauchement
de l'est vers l'ouest.
Le dessin en marches d'escalier de la surface de cassure est cependant
tout à fait anormal pour une cassure d'un tel type de rejet.
Il conduit à s'interroger sur l'attitude de la surface
de cassure dans sa portion enlevée par l'érosion
(point d'interrogation). Il porte à envisager que ce soit
le résultat de la déformation en compression horizontale
d'une ancienne cassure subverticale, extensive ou coulissante
(chaque palier de l'escalier correspondant à un décalage
par glissement couches sur couches).
carte géologique au 1/50.000° à consulter :
feuille Grenoble.
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Carte géologique simplifiée
de la Chartreuse occidentale, autour de la Grande Sure et du
Charmant Som.
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)
carte cliquer sur les imagettes
Légende
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