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Guiers Mort : le défilé de Fourvoirie

les gorges du débouché aval de la vallée

Le Guiers Mort termine la traversée de l'anticlinal occidental par une dernière cluse, le défilé de Fourvoirie. Alors que, dans les pentes élevées des deux rives, le pli se dessine, au niveau du Tithonique, par une voûte d'une belle ampleur, par contre au niveau du lit de la rivière la charnière de cet anticlinal est rompue par le chevauchement de la Chartreuse occidentale (= faille de Voreppe), de sorte que l'on passe brutalement, peu en aval de l'usine de la Pérelle, du flanc oriental au flanc ouest du pli.

image sensible au survol et au clic

La rive droite du Guiers Mort, 100 m en amont de l'entrée du défilé de Fourvoirie
vue de la rive gauche, depuis le point de stationnement 2c.

Ø1 = surface principale du chevauchement de la Chartreuse occidentale.
La charnière aiguë représentée à plusieurs niveaux peu être interprétée soit comme le coeur de l'anticlinal occidental soit comme un simple crochon du chevauchement.


Les gorges étroites que la route contourne maintenant par un tunnel appartiennent en totalité au flanc ouest de l'anticlinal occidental de la Chartreuse. La succession des couches y est débitée en plusieurs tronçons, entre deux cassures majeures.

Le défilé de Fourvoirie
vu d'enfilade, d'aval (du nord), depuis la Croix de Côte Curt.

2b et 2c représentent les emplacements des deux points de stationnement indiqués sur la coupe.

Ø' et Ø1 = sont les deux surfaces tectoniques (failles majeures) encadrant la zone cisaillée en quoi consiste ici le chevauchement de la Chartreuse occidentale.

Toute la succession Jurassique supérieur - Crétacé inférieur (plus de 1000 m d'épaisseur originelle) est condensée par la déformation tectonique en moins de 200 m. Mais cet amincissement se fait non pas par étirement ductile mais par tronçonnement par le jeu de plusieurs cassures.

Ces cassures délimitent un large couloir de cisaillement, où les couches sont recoupées par un faisceau des cassures satellites.
L'ancienne route, qui court parallèlement au tunnel, donne une coupe de ce dispositif. Elle permet accessoirement de parcourir une bonne coupe bien dégagée des couches à Orbitolines, disposées ici avec un pendage qui tend à se rapprocher de la verticale.


Coupe du défilé de Fourvoirie, vue en direction de la rive droite, depuis l'ancienne route (en rive gauche).
2b et 2c représentent les emplacements des deux points de stationnement possibles.
Ø' et Ø1 représentent les deux cassures principales qui délimitent le couloir de failles qui correspond ici à la "faille de Voreppe".
Fa, Fb, Fc, = failles satellites ("de Riedel*") branchées à angle aigu sur les failles principales (voir cartouche de gauche), dont l'effet est d'étirer, par tronçonnement, le flanc ouest de l'anticlinal chartreux occidental.

 

image sensible au survol et au clic

L'entrée amont de la gorge de Fourvoirie proprement dite, vue du sud, depuis l'entrée amont du tunnel ; version plus grande, muette, de cette image
s0 = surfaces de stratification : la convergence de leur tracé sur les parois de la gorge résulte simplement du V topographique* lié au pendage des coches vers l'aval. On observe dans les calcaires du Fontanil massifs (à faciès de faux Urgonien) de nombreux autres clivages, souvent mieux visibles, qui sont obliques à la stratification.

 Les rochers de rive droite du Guiers
vus de la rive gauche, dans l'azimut des surfaces de couches
 Les rochers de rive gauche du Guiers
et la sortie aval du tunnel de Fourvoirie

Le débouché aval des gorges de Fourvoirie ( vu des bords du point de stationnement 2b).
Ø' = faille majeure limitant du côté nord-ouest le couloir de failles du chevauchement de la Chartreuse occidentale (elle est le plus souvent masquée par des éboulis) ; Fa = faille satellite, la mieux visible ici.
Le cliché de gauche montre sans ambiguïté le sectionnement des strates (sans crochon ni étirement) : on a bien affaire à un pli rompu (et non à un pli-faille*).
Le cliché de droite est, au contraire, vu sous un angle tel que les surfaces de strates sont pratiquement vues à plat (leurs dalles structurales forment le mur dans lequel est percée l'entrée du tunnel).
Le mur d'entrée du tunnel laisse encore voir, malgré son bétonnage, de nombreuses surfaces de clivage tectonique, orientées NE-SW, qui portent pour la plupart des stries de coulissement , peu inclinées.

Ces mini-décrochements témoignent de ce que des mouvements en coulissement longitudinal se sont également effectués dans le couloir de failles du chevauchement de la Chartreuse occidentale. Ces mouvements représentent les ultimes effets du cisaillement transverse du décrochement de l'Alpette. Ce dernier traverse tout le massif chartreux mais s'exprime, en Chartreuse occidentale, aux abords de La Ruchère, par un faisceau de cassures (ses diverses "branches", dont la principale est celle du Pas Dinay) entre lesquelles se partage et se "diffuse" le rejet de ce grand accident. Ces cassures traversent en ne décalant que d'une façon peu visible les abrupts d'Urgonien qui courent des Rochers du Frou à ceux d'Arpison, et ceux des calcaires du Fontanil des Rochers de Fétrus (qui dominent les gorges de Fourvoirie du côté nord-est). Néanmoins la principale, prolongement du décrochement du Pas Dinay, se suit pratiquement jusqu'à Fourvoirie (voir cliché à la page Saint-Laurent-du-Pont)


aperçu d'ensemble sur la Vallée du Guiers Mort .
Ce secteur est visité par les itinéraires du fascicule1K
Carte géologique simplifiée (fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)
carte géologique au 1/50.000° à consulter : feuilles Voiron et Montmélian

Saint-Laurent -du-P.
Berland La Ruchère
Charmille LOCALITÉS VOISINES Arpison

(Mgne de Ratz)
Pont Saint-Bruno Chartroussette
N.B. Les localités entre parenthèses appartiennent à une autre section du site et leur page s'ouvrira avec l'en-tête correspondant.

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