Crête des Selles, Pic de Crigne |
La crête des Selles représente l'extrémité sud-est du chaînon de la montagne d'Aujour, qui vient se faire trancher par la vallée de la Durance, aux abords de Monêtier-Allemont : c'est en fait le promontoire le plus méridional des montagnes du Bochaine (au sens le plus large, utilisé dans ce site).

La crête des Selles culmine au sommet de Chalmel (1365), couronné par les calcaires du Barrémien mais surtout formé par les calcaires lités alternés de petits lits de marnes de l'Hauterivien de l'intérieur du grand synclinal des Selles d'axe NW-SE. Ces couches montrent bien la détail de leur stratification à la faveur d'un grand ravin qui les entaille presque à l'aplomb ouest du sommet.
image sensible au survol et au clic

La Crête des Selles devant le Gapençais
vue du sud-ouest, d'avion, depuis l'aplomb du Bois de la Faye
ØC-S = chevauchement de Céüse - La Saulce ; ØSa = accident (chevauchement) de Savournon ; s.Se = synclinal des Selles ; a.Sa = anticlinal de Savournon.
On a représenté, sans les dénommer, les failles extensives qui décalent la barre tithonique du flanc sud-ouest du synclinal des Selles. On voit, peu à gauche du centre du cliché, le grand ravinement du Pas de la Porte dont une vue rapprochée est donnée ci-dessous.

Le synclinal des Selles héberge un cœur de terrains oligocènes (brèches, conglomérats et molasses rouges) : ces derniers reposent sur des terrains d'âge différent selon que l'on considère le flanc sud-ouest du pli (où il s'agit de Barrémien ou de l'Hauterivien), ou son flanc nord-est (où les conglomérats sont plaqués sur le Tithonique ou le Berriasien du Pic de Crigne).
Ceci témoigne du fait que l'érosion anté-nummulitique avait creusé plus profondément (et ainsi mis à nu des couches de plus en plus anciennes), du SW vers le NE ; ceci est confirmé par le fait que, dans cette direction, les mêmes couches oligocènes reposent directement sur les Terres Noires aux abords de la localité de Rousset. Il est donc vraisemblable que cette érosion ait alors entaillé un bombement qui culminait en direction du NE (peut-être à l'emplacement de l'actuel "dôme de Remollon" ?)
image sensible au survol et au clic

Le versant méridional de l'extrémité orientale de la Crête des Selles
vu du sud, depuis les environs nord de Claret.
La montagne domine la plaine alluviale de la Durance, dont le lit entaille une terrase wurmienne. C'est sur les poudingues qui affleurent dans cette entaille qu'est construit le village de Monêtier-Allemont.
ØSa = accident (chevauchement) de Savournon ; s.Se = synclinal des Selles : ce pli a un axe NW-SE, incliné vers le SE, et relève
des plissements post-Nummulitiques car son coeur contient un peu
de Molasse Rouge.
Sous cet angle le dessin de la barre tithonique donne l'impression que ce synclinal est un pli couché
: c'est une illusion de perspective, due au fait que la surface
topographique, relativement inclinée, qui coupe successivement
les deux flancs, est peu oblique à l'axe du pli.
|
Dans le cliché ci-dessus la section de gauche du bloc n'est pas visible (masquée au sein de la montagne). |
Le synclinal des Selles est d'autre part coupé par l'érosion quaternaire (et actuelle) de façon très peu oblique par rapport à son axe, sauf à son extrémité sud où la Durance l'a tranché presque perpendiculairement. Il en résulte que la manière dont le pli se dessine dans le paysage varie beaucoup selon l'angle sous lequel on observe la montagne (et ceci peut illusionner sur la forme du pli, qui n'est pas couché mais seulement déjeté vers le sud-ouest...).
Coupe naturelle de l'extrémité méridionale de la montagne des Selles donnée par l'entaille de la vallée de la Durance
entre Plan-de-Vitrolles et Monêtier-Allemont,
vue de l'est, depuis la rive gauche de la Durance.
Sous cet angle on voit que le flanc oriental du synclinal
est subvertical (ce n'est donc pas un pli-couché*) et que
la Molasse Rouge de son coeur s'appuie en discordance
sur le Berriasien (à gauche) et (à droite) sur le Tithonique du flanc oriental du synclinal
Sous le chevauchement de Barcillonnette (ØB) s'intercale
en fait un anticlinal secondaire, rompu à son coeur par
une ébauche de chevauchement.
Le cliché ci-après montre enfin quelles sont les relations entre le synclinal des Selles et les deux chevauchements qui affectent les abords nord et est de la montagne des Selles.

|
| petite
taille |
(de Veynes à Monêtier-Allemont) |
grande
taille |
|
||
| Savournon |
|
(Rousset - Malaup) |
|
|
|
|