Jausiers, Faucon, crêtes à l'est du Grand Bérard |
Entre Barcelonnette et Jausiers la surface basale de chevauchement des nappes de l'Embrunais s'abaisse soucement d'ouest en est, jusqu'à être recoupée par le cours de l'Ubaye pratiquement à l'intérieur même de cette deuxième localité (où elle est cependant cachée sous les alluvions fluviatiles).
Le sommet du Grand Bérard (3048) représente le point culminant des crêtes qui séparent la dépression d'Embrun de celle de Barcelonnette. Pourtant il n'est pas visible depuis cette dépression, à moins de monter sur les crêtes qui la ferment du côté méridional. Il est entièrement sculpté dans la puissante succession de couches du flysch à Helminthoïdes de la nappe du Parpaillon, au même titre que le sommet du Grand Parpaillon lui-même.
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La vallée de l'Ubaye et les crêtes de sa rive droite, vues du S-SW depuis Pra Garin, à la station de Super-Sauze.
ØE (en bleu) = surface basale de chevauchement des nappes de l'Embrunais ; Br = "écailles" de matériel d'origine briançonnaise ; sB = nappe basale, formée d'"écailles" dissociées de matériel d'origine subbriançonnaise.
fHd = flysch "dissocié" de la nappe de l'Autapie ; scV= bandes de schistes noirs "du col de Vars" (cœur de l'anticlinal couché de la Tête de Crouès).
À Jausiers les Terres Noires affleurent peu au sud du vieux village, en rive gauche du torrent d'Abriès ; au contraire la colline qui domine l'agglomération du côté nord (et qui porte le cimetière) est formée par des marbres en plaquettes (comportant une bande intercalaire de flysch noir) qui représentent les seuls terrains visibles que l'on puisse attribuer à la zone subbriançonnaise. Cette colline est isolée du côté amont par des alluvions glaciaire qui la séparent du reste du versant. Elle a sans doute été mise en relief par l'érosion fluviatile, soit à la suite d'une divagation du cours de l'Ubaye, avant le dépôt des alluvions glaciaires soit éventuellement par une gorge sous-glaciaire.
Plus haut le coteau de Chanenc est constitué par du matériel essentiellement constitué de flysch à Helminthoïdes qui correspond à un volumineux paquet rocheux glissé sur le versant ; il faut atteindre le pied des escarpements boisés situés au NE du replat marquant le sommet de ce paquet tassé ("Riba de Cot") pour y voir d'autres affleurements de marbres en plaquettes et de flysch noir : ces derniers représentent quant à eux les témoins probables des écailles briançonnaises, car ils sont surmontés par l'épaisse succession du flysch à Helminthoïdes calcaire de la nappe du Parpaillon, qui se poursuit sans discontinuer jusqu'à la crête de la Pointe Fine.
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Jausiers et la vallée de L'Ubaye, vus du sud, depuis les abords de Lans (hameau des Buissons)
ØE (en bleu) = surface basale de chevauchement des nappes de l'Embrunais ; Br = "écailles" de matériel d'origine briançonnaise ; sB = nappe basale, formée d'"écailles" dissociées de matériel d'origine subbriançonnaise.
scV= bandes de schistes noirs "du col de Vars" (cœur de l'anticlinal couché de la Tête de Crouès).

Entre ces deux groupes d'affleurements il n'y a guère de place pour loger la bande de flysch de la nappe de l'Autapie que l'on observe pourtant partout à ce niveau plus à l'ouest. Il en va de même en rive gauche de l'Ubaye où les affleurements de flysch à Helminthoïdes s'abaissent jusqu'à la plaine alluviale, notamment dans la bosse dominant le château des Magnans, alors que les Terres Noires affleurent peu au sud en rive gauche du torrent d'Abriès.
D'ailleurs on peut constater un peu plus à l'est, à l'aplomb du pont routier de la D.64, au dessus du hameau du Serre des Bérauds, que le flysch à Helminthoïdes y repose presque directement sur les Terres Noires qu'entaille là le torrent d'Abriès (il ne s'y intercale plus qu'une lame de flysch noir de quelques dizaines de mètres d'épaisseur).
Cette disposition, qui témoigne de la suppression tectonique des unités normalement intercalées entre la nappe du Parpaillon et l'autochtone, correspond à ce que l'on a appelé la cicatrice de Jausiers ; elle résulte sans doute d'un rabotage des unités les plus basses de l'empilement des nappes de l'Embrunais, sous l'avancée de la plus haute, la nappe du Parpaillon.
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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