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Notre-Dame du Laus, Saint-Étienne-le-Laus, Avançon

la partie amont de la vallée de l'Avance

La vallée de l'Avance, orientée NE-SW, traverse de part en part la retombée septentrionale du Dôme de Remollon, peu à l'ouest du sommet de sa voûte, en y pratiquant une belle trouée qui permet de rejoindre la vallée de la Durance (à Valserres) depuis le sillon de Gap (en partant de la Bâtie-Neuve).
Cette entaille d'érosion sépare en fait la partie occidentale du Dôme de Remollon, ployée en un vaste anticlinal d'axe NW-SE de sa partie orientale où la structure est plutôt celle d'un anticlinal d'axe N-S.

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Le cours amont de la vallée de l'Avance, vu presque d'enfilade, du sud, d'avion depuis l'aplomb des abords nord de Remollon.
failles d'orientation presque N-S (N00 à N30) : f.L = faille du Laus ; f.S = faille des Santons ; f.Av = faille d'Avançon ; f.bS = faille du Bois du Seigneur.
failles d'orientation ENE-WSW (proches de N70) : f.G = faille des Guérins ; f.Bn = faille de la Bâtie-Neuve ; f.RE = faille orientale de Remollon.
Le bord oriental du diapir du Laus (voir plus loin dans cette page) apparaît en bord gauche du cliché.


Cette trouée a certainement été aménagée par les langues glaciaires du Würmien et par leurs eaux de fonte car le débit actuel de la rivière est totalement disproportionné à la largeur de la vallée. Par ailleurs l'origine structurale de cette vallée est fort évidente car son tracé se superpose à celui d'un système de failles principalement NE-SW qui surhause la partie orientale du dôme de Remollon par rapport à la partie occidentale de ce dernier.

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d'après une image extraite de "google-earth"
La partie amont de la vallée de l'Avance vue très plongeante d'enfilade (du sud-ouest).
f.BN = faille de la Bâtie-Neuve ; f.G = faille des Guérins ; f.RW et f.RE = failles occidentale et orientale de Remollon : ces deux cassures limitent le panneau de Jurassique moyen de Saint-Étienne-le-Laus.
On a surchargé de bleu les zones effondrées (= grabens*) et de rose celles surhaussées (diapirs* et horsts*)


Mais dans le détail ce dispositif fracturé n'est pas simple et change notamment d'organisation entre sa partie nord et sa partie sud.

Entre la Bâtie Neuve et Avançon (donc dans sa partie amont), le lit de l'Avance s'inscrit dans un compartiment effondré, à l'est d'une faille "normale" presque N-S (faille de la Bâtie Neuve). C'est ce qui explique que les Terres Noires affleurent en fond de vallée, alors que sa rive ouest est formée par les terrains plus calcaires du Lias ou du Jurassique moyen qui y sont surhaussés par la faille. Du côté oriental (Montgardin et Avançon) les couches du Jurassique moyen s'enfoncent sous la vallée du simple fait de leur pendage vers l'ouest, mais elles sont accessoirement coupées de failles également extensives qui seraient assez similaires à celle de la Bâtie-Neuve si leur direction n'était divergente vers le nord.


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Coupe de l'ensemble du Dôme de Remollon
Cette coupe, transversale à la vallée de l'Avance, est orientée selon l'axe de l'anticlinal occidental de Remollon (dont elle montre le plongement vers le NW) ; elle coupe transversalement (mais un peu en biais) l'anticlinal oriental (dEspinasses).
Noter que, globalement, la partie orientale du dôme est affaissée par rapport à sa partie occidentale.
f.R = faille de Remollon, f.V = faille de la Viste.


En aval d'Avançon le cours de l'Avance traverse au contraire un secteur où les roches de la profondeur du dôme (Trias et schistes cristallins) remontent jusqu'à la surface du sol, en traversant à l'emporte-pièce leur couverture liasique.
En particulier, en rive ouest, ce sont des gypses triasiques qui forment la colline cotée 951, qui s'intercale entre le village de Notre-Dame-du-Laus et le fond de vallée.

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La rive occidentale de la partie moyenne de la vallée de l'Avance, vue de l'est depuis les pentes du Mont Colombis (du hameau de Maugarot).
a.wR = coupole anticlinale occidentale de Remollon (vue d'enfilade) ; f.L = faille du Laus (limite occidentale du diapir).


Cette mise en relief de roches qui sont pourtant parmi les plus faciles à éroder est assez paradoxale. Elle indique sans doute que ce matériel gypseux subit, actuellement encore, une ascension diapirique* suffisante pour compenser largement l'ablation que l'érosion doit y pratiquer.

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Le diapir du Laus, en rive ouest de la vallée de l'Avance, vu du sud, depuis la montagne de Saint-Maurice.
F = failles du Laus, limitant la zone diapirique ; les grosses flèches blanches symbolisent la montée du matériel triasique.


En rive orientale de la vallée on retrouve, autour de Saint-Étienne-le-Laus, un panneau effondré, où affleure du Jurassique moyen : on peut y voir le prolongement méridional de celui où s'inscrit la vallée au nord d'Avançon (mais rien n'indique leur raccord sous les alluvions de fond de vallée dans le secteur intermédiaire). D'autre part des couches triasiques affleurent dans les pentes qui s'élèvent à l'est de la vallée (un peu comme sur l'autre rive à Notre-Dame-du-Laus) au sein d'une bande amydalaire, allongée grossièrement NE-SW, qui est évidemment surhaussée par des failles (même si le tracé de ces dernières est le plus souvent masqué). On y rencontre, au gré des affleurements, les différents niveaux successifs de la série, depuis les spilites en passant par les gypses et les dolomies, jusqu'à leurs grès de base. Ces derniers reposent même, au hameau de Chaussenoire, sur des micaschistes. Ceux-ci témoignent, comme ceux de Remollon, de la présence du socle cristallin au cœur du Dôme de Remollon.

Le systéme extensif des failles de la Bâtie-Neuve et de Remollon (qui détermine la vallée de l'Avance) semble être apparu antérieurement au charriage de la nappe de Digne. Mais il a vraisemblablement été réactivé lors du charriage. En effet l'étude de la région de Turriers montre qu'à cet endroit la nappe s'avançait sur un saillant de l'autochtone, ce qui a sans doute été cause d'un véritable poinçonnement, du sud-ouest vers le nord-est, de la série charriée du Dôme de Remollon.
Ainsi s'expliquerait la remontée de matériel cristallin qui accompagne celle du Trias gypsifère (elle ne peut être mise sur le compte du diapirisme). Il est à présumer que, plus au nord, ce saillant de l'autochtone s'effaçait, de sorte que la propagation de la déchirure y a, au contraire, déterminé un effondrement (lequel a dû compenser, en outre, la montée diapirique du matériel triasique).

En aval de Saint-Étienne la vallée se rétrécit en un goulet encaissé, car elle abandonne là le couloir faillé (qui se prolonge vers Remollon), pour traverser, en direction de Valserres, les couches du Lias calcaire du flanc sud-ouest du Dôme de Remollon occidental. L'importance de cette entaille d'érosion ne peut s'expliquer que par le débit, très supérieur à celui de l'Avance actuelle, de l'effluent glaciaire würmien qui l'a creusée.

 


Carte géologique simplifiée de la partie septentrionale du Dôme de Remollon
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
catalogue des autres cartes de la section Gap-Digne

consulter aussi la carte géologique schématique de l'ensemble du Dôme de Remollon


Pour plus de détails et pour des explications générales sur le secteur, voir la page "structure du Gapençais" et les publications113 et 183
cartes géologiques à 1/50.000° (*) à consulter : feuille Chorges
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