Reynier, Baudinard |
Le torrent de Reynier est un affluent de rive gauche du Sasse qui en rejoint la vallée trois kilomètres à l'est de Clamensane.
Son large vallon une
combe monoclinale* ouverte dans le Crétacé inférieur
du flanc sud-ouest du synclinal d'Esparron (= flanc nord de l'anticlinal des Monges). Cette combe est en effet bordée par deux crêts* majeurs, regardant tous les deux vers le sud-ouest.
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La combe de Reynier et les montagnes du Sasse vus du sud-est, depuis le sommet des Monges.
Ce cliché est très médiocre : je serais reconnaissant à toute personne qui pourrait me proposer un cliché de remplacement, de meilleure qualité !
Sur son versant sud-ouest (à gauche) la combe monoclinale est partagée par un petit crêt secondaire, armé par les couches basales de l' Hauterivien, qui isole une petite combe suspendue ouverte dans les marnes valanginiennes.
Ce sont, du côté nord-est du vallon, celui formé par les Molasses Rouges du coeur du synclinal, dont le revers s'abaisse vers la vallée d'Esparron, et du côté sud-ouest celui du Tithonique, qui forme la crête de la Montagne de Jouère. Ils représentent respectivement les crêtes nord-ouest et ouest du sommet des Monges et s'y réunissent à peu de distance du point culminant.
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d'après une image extraite de "google-earth"
La cuvette de Reynier dans son contexte régional : vue d'ensemble, depuis l'ouest.
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Les vallons d'Esparron et de Reynier vus d'aval, du nord-ouest, d'avion depuis l'aplomb de Clamensane (cliché original obligeamment communiqué par M. Thierry Dumont).
ØD = surface de chevauchement de la nappe de Digne ; ØC = surface de chevauchement des écailles de Combovin ; s.E = synclinal d'Esparron ; s.P = synclinal du Patégue ; a.M = anticlinal des Monges. Les affleurements de marnes bleues apto-albiennes dessinent le cœur du vaste synclinal de Reynier (dont l'axe est transverse à la vallée). Son fond est formé par les couches monoclinales du crétacé inférieur dans lesquelles s'inscrit le cours du torrent de Reynier entre cette localité et Baudinard.
Ce synclinal de Reynier est très ouvert et a en fait une forme coffrée, car il garde, au moins entre Reynier et Baudinard un fond plat avec des couches parallèles à celles des molasses rouges du synclinal d'Esparron. Ce fond plat se termine au sud-est comme au nord-ouest par deux charnières synclinales peu fermées dont celle la plus septentrionale peut être désignée par le nom de "synclinal du Patègue".
On peut se demander si la planéité du fond du synclinal de Reynier est originelle ou si elle a été acquise par dépliage lors des efforts subis lors de la formation du synclinal d'Esparron : la seconde hypothèse paraît en fait la plus vraisemblable à la lumière de ce que l'on a eu l'occasion d'observer dans beaucoup d'autres cas similaires d'interférences de déformations à l'occasion de plissements successifs.
Ce synclinal du Patègue, relativement mineur, a un axe orienté presque E-W ; il possède en outre la particularité remarquable d'affecter également les affleurements nord-occidentaux de l'Oligocène du grand synclinal d'Esparron, alors que l'axe de ce dernier est orienté N130 (c'est-à-dire qu'il montre par rapport à ce dernier une obliquité de l'ordre de 45°).

Ce synclinal du Patègue a pourtant indubitablement fonctionné avant la transgression du Tertiaire. En effet au NW du Patègue, (c'est-à-dire dans le flanc nord-ouest du pli), les couches basales des molasses rouges recoupent en discordance*, du sud vers le nord,
des termes de plus en plus anciens et vont jusqu'à reposer sur
le Tithonique en rive droite du vallon d'Esparron. Le fait que les molasses rouges soient elles aussi affectées par le pli démontre que ce dernier a été réactivé après la trangression de son flanc NW par l'Oligocène.
Il est en outre à noter que les couches anté-oligocènes, déjà basculées par le premier plissement l'ont été de nouveau à l'occasion du second, de sorte que leur pendage dépasse maintenant la verticale et se renverse légèrement vers le sud (ceci est clairement observable aux Rochers de la Lause qui arment la clue barrant l'accès aval du vallon d'Esparron.
Reste à comprendre sous quelles sollicitations le synclinal du Patègue, d'axe pratiquement E-W, a été ainsi réactivé après l'Oligocène, alors que le contexte était alors celui d'un serrage NE-SW, c'est-à-dire à presque 45° d'écart avec celui dont il témoigne (voir à ce sujet la page "Cerveau") ...
Vers le sud-est, en amont de Baudinard, la vallée de Reynier se rétrécit progressivement, du fait que les deux crêts convergent vers le sommet des Monges : cette disposition découle de ce que les Molasses Rouges reposent, du fait de leur discordance* basale, sur les terrains de plus en plus anciens de la charnière sud-orientale du synclinal de Reynier et même, finalement, sur le Tithonique à peu de distance du sommet de la montagne.
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Les pentes supérieures de la rive droite de la vallée de Reynier, aux environs de Baudinard
(cliché original obligeamment communiqué par M. Claude Mauguier, précisions stratigraphiques communiquées par Michel Delamette).
ØeC = surface de chevauchement des écailles de Combovin (entrainées sous la nappe de Digne) ; D.Ol = surface de discordance de l'Oligocène (Molasse Rouge).
À la hauteur de Baudinard le crêt oligocène de sa rive nord-orientale est couronné passagèrement, au Rocher de Cournaud, par une barre de calcaires tithoniques, dont la situation peut paraître très étonnante. Il s'agit d'une klippe* tectonique appartenant aux écailles qui soulignent la base de la nappe de Digne et qui a été traînée là au tertiaire, avant d'être isolée par l'érosion quaternaire (voir la coupe de la page "Esparron").
Vers le nord-ouest le débouché de la vallée de Reynier dans
celle du Sasse se fait au niveau de l'étroit le plus aval des Clues de Bayons, entaillé dans le Tithonique du flanc sud-ouest du synclinal d'Esparron (voir la page "Clamensane").
En amont de ce confluent les Clues de Bayons comportent une autre
étroiture (l'Adrech de la Folie), par laquelle le Sasse pour traverse le Tithonique, sub-vertical, du flanc nord du synclinal du Patègue.
À l'est de cette
double cluse le cours
de la rivière s'inscrit dans les Terres Noires et dans le Bajocien
inférieur du prolongement sud-oriental de l'anticlinal
du Bramefan (cf. page Rouinon) ; mais il ne parvient pas à entailler le coeur de Lias de ce pli car ce dernier s'enfonce, par plongement axial,
sous le niveau de la vallée sous la Tour
de Bédoin (voir le cliché).

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