Aiguilles d'Arves |
Les trois sommets des Aiguilles d'Arves sont emblématiques de la Maurienne méridionale car, grâce à leur altitude (3514 m. à l'Aiguille méridionale) et à leur relatif isolement, ils pointent à l'horizon dès que l'on s'élève sur les pentes des vallées environnantes.

Les abrupts occidentaux des Aiguilles d'Arves
vus du
nord-ouest depuis les pentes septentrionales de la Basse du Gerbier (cliché original aimablement communiqué par Flore Gidon)
Ils sont sculptés dans une énorme dalle de conglomérats
nummulitiques, qui repose en discordance*, sur le Jurassique de
la zone ultradauphinoise. En effet ces derniers terrains affleurent de façon
bien visible dans les multiples ravins du pied occidental de la
crête, ce qui permet de constater qu'ils sont affectés de plis d'axe plutôt E-W qui n'affectent pas le Nummulitique surincombant (il s'agit donc de plis anté-nummulitiques).


même fenêtre
< image plus grande, muette >
nouvelle
fenêtre
Détails structuraux des ravins du versant ouest des Aiguilles d'Arves
vues de l'ouest, depuis le col de la Croix de Fer
D = discordance* du Nummulitique ; d.GJ = décrochement du col de Gros Jean.
On remarque que les plis anté-nummulitiques du Jurassique
(probablement des plis parasites du flanc supérieur de
l'anticlinal du Mont Falcon) sont déversés vers
la droite c'est-à-dire vers le sud.
Il est à remarquer que l'amas de conglomérats qui forme les Aiguilles d'Arves n'est vraiment épais que sur une largeur qui n'excède guère 2 kilomètres et se réduit rapidement au nord comme au sud (sans disparaître totalement cependant). De sorte que l'on peut penser qu'il s'agit d'une accumulation locale, due à ce que l'on recoupe là l'épandage d'un éboulement. Celui-ci s'inscrit dans le cadre d'un épisode d'érosion de reliefs qui n'étaient certainement pas très proches, car les couches mises à nu ici à cette époque sont principalement marneuses, donc peu propices à une érosion de ce type et ne se retrouvent pas dans les conglomérats.
Les matériaux de ces conglomérats ne proviennent pas non plus de la zone dauphinoise car on y trouve des éléments (notamment des schistes permiens) qui n'y sont pas connus. Ils ont donc été arrachés à un domaine plutôt oriental.que l'on a qualifié de "chaîne arvinche" mais dont la position reste imprécise. On peut penser qu'il correspondait à un secteur de culmination de la bande plissée d'orientation E-W que la surface de transgression recoupe déjà ici, en mettant à nu jusqu'au Lias les coeurs anticlinaux. C'est toutefois plus au nord, en rive droite de l'Arc (à la latitude de Montpascal) que l'on voit apparaître le soubassement permo-houiller dénudé, sous la transgression nummulitique, par une érosion qui est donc susceptible, là, d'avoir alimenté les conglomérats des Arves.
Sur le revers oriental de la montagne cette énorme dalle de conglomérats est recouverte, en contact stratigraphique normal, par les couches du flysch* schisto-gréseux nummulitique, dont le pendage vers l'est est d'ailleurs très accusé (en général supérieur à 45°).

même fenêtre
< image plus grande, muette >
nouvelle fenêtre
Le versant oriental du chaînon des Aiguilles d'Arves
vu du sud-est, depuis le Pic Blanc du Galibier.
Le litage (s0) des conglomérats des Aiguilles d'Arves est incliné comme les lits du flysch de la crête de la Pointe des Lauzettes, sous lesquels ils s'enfoncent en arrière-plan, derrière cette crête.
Dans cette crête on a ébauché le décryptage des plis multiples, presque isoclinaux*, que dessinent les bancs gréseux du flysch (les tirets courts espacés correspondent à des raccords hypothétiques).
Ces dernières s'enfoncent à leur tour sous la surface de charriage de la zone subbriançonnaise, mais cela n'a lieu que bien au delà vers l'est de la crête du chaînon, à l'extrémité orientale des crêtes secondaires qui s'en détachent dans cette direction (voir la page "Roche Olvera")

même fenêtre
< image plus grande, muette >
nouvelle fenêtre
Le versant sud-est des Aiguilles d'Arves
vu d'avion, du sud-est, à travers le col du Galibier, depuis l'aplomb des Sestrières
(vallée de la Guisane).
|
|
|
|
|
|
||
|
|
|
|
|
|
|
|