Chantelouve : Les Siauds, col d'Ornon |
| Vue d'ensemble sur la |

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La vallée de Chantelouve
et les abrupts orientaux de l'Armet
vus de l'est, depuis les pentes en contrebas ouest du Pic du col d'Ornon
La faille
de l'Armet (f.A) est vue pratiquement d'enfilade, ce qui permet de constater qu'elle décale la faille du col d' Ornon (f.cO, en rose) dans le sens sénestre (le compartiment nord, de Plancol, est décalé vers l'arrière par rapport au compartiment sud, de l'Armet).
On a indiqué par "olist." les affleurements d'olistolites de la Chalp à gauche et des Grandes côtes, à droite. Pour ces derniers voir une localisation plus précise à la page "Armet".
Dans les pentes terminales du versant sud du col d'Ornon les villages supérieurs de Chantelouve sont installés sur les puissants cônes de déjections des torrents de rive gauche (orientale), qui colmatent le fond de vallée en amont du confluent avec la Malsanne (également issue de la rive est de la dépression du col).
La rive ouest de la vallée y garde un tracé rectiligne qui suit, comme plus en aval, à La Chalp, la marge occidentale de l'hémigraben
d'Ornon.

figure agrandissable
Carte de localisation des affleurements et des points
analysés (extrait de la publication n°108).
Comme plus au sud on y observe en plusieurs endroits des placages de matériel sédimentaire (groupes d'affleurements numérotés "2" et "3") appuyés contre le mur de roches cristallines, en contrebas de la crête nord de l'Armet (Plancol) et leur étude montre également qu'il hébergent de nombreux olistolites ou des lits de brèches.
À l'extrémité inférieure de l'échine rocheuse de la Grande côte (anciennement nommée Cros de Quinchiol" : affleurements "2a" de la carte) la disposition du matériel rocheux évoque d'assez près celle des affleurements de La Chalp
Situation des olistolites des Grandes Côtes ("du Cros de Quinchiol")
Pour la localisation dans un cadre plus large voir la page "Armet".
Le paquet d'olistolites est conservé dans un redent des abrupts car il s'appuie du côté sud contre les schistes cristallins de la lèvre méridionale de la faille de l'Armet (cette dernière décale la faille du col d'Ornon dans le sens sénestre et la reporte au dlà des limites gauches du cliché).

figure agrandissable
Coupe de détail des olistolites des Grandes Côtes (extrait de la publication n°108).
À la latitude des Siauds, sur le versant est de Plancol, les abrupts de cette rive décrivent un redent au nord duquel le socle cristallin forme un saillant en direction de l'est (cette échine rocheuse était dénommée "Le Sué" sur les anciennes cartes ; elle est maintenant désigné du nom de Chevalet).

Le versant est de Plancol
vu du sud-est depuis les abords de Villelonge (cliché original obligeamment communiqué par M. Claude Mauguier)
f.cO = faille du col d'Ornon ; f.S = faille satellite, parallèle à la faille du col d'Ornon (?) ; f.ti = surface basale du paquet tassé de Chevalet (?).
Au sud de l'échine de Chevalet, au fond du rentrant des abrupts (affleurements "2a" de la carte), on observe essentiellement des lits de brèches qui sont de plus en plus coalescents vers l'amont (où il tapissent l'abrupt cristallin) et s'interstratifient vers l'aval dans des marnes datées paléontologiquement du Toarcien.

Le pied des escarpements de Plancol
vu du sud , depuis le ruisseau de la Fontaine

Coupe dite "du Sué", entre l'échine de Chevalet et le ruisseau de la Fontaine (affl. "2b" de la carte), correspondant aux affleurements du cliché ci-dessus.
A = situation actuelle ; B = situation originelle vraisemblable
(extrait de la publication n°108).
Cette géométrie sédimentaire plaide d'une façon tout-à-fait convaincante en faveur de l'idée que l'on observe là un olistostrome* qui a été alimenté par des éboulements et qui s'est sédimenté en onlap* sur l'abrupt d'une paléofaille.

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Le pied des abrupts de Plancol et l'échine de Chevalet
vue d'ensemble, du sud depuis le ruisseau de la Fontaine
f.cO = faille du col d'Ornon (surface dénudée lors des mouvements syn-sédimentaires ; f.S = faille satellite, parallèle à la faille du col d'Ornon ; f.ti, f.ts = failles parallèles aux surfaces de stratification de l'olistostrome : elles représentent probablement les surfaces de glissement par tassement de panneaux effondrés depuis la partie supérieure de la lèvre ouest de la paléofaille (et qui sont venus recouvrir l'olistostrome). (voir les commentaires plus détaillés dans l'encadré situé plus loin dans le texte)
Par ailleurs on remarque que, du côté nord-est du saillant de Chevalet, la surface de contact entre le socle cristallin et les terrains sédimentaires (dont tout plaide pour qu'elle corresponde aussi au miroir de faille de la grande faille du col d'Ornon) se retrouve environ 500 m plus à l'est.

Les affleurements du revers nord-est de l'échine de Chevalet
(suite vers le NE des affleurements du cliché précédent)
vus du sud-est, depuis les pentes à l'ouest des Siauds (alt. 1300 m).
Les calcschistes du Toarcien s'appuient directement sur le socle cristallin selon un contact (f.cO) qui a été interprété comme la surface de cassure de la faille du col d'Ornon, décalée vers l'est par rapport au rentrant du Sué (voir les commentaires plus détaillés ci-après dans le texte).
Au nord du ravin du Buo le tracé de ce contact socle / couverture subit un nouveau redent, comparable à celui de Chevalet, : on a figuré l'interprétation qui consiste à attribuer cette disposition à la présence d'un panneau de socle cristallin effondré depuis la lèvre de gauche (surélevée) de la faille.
Pourtant ce décalage vers l'est du tracé de la faille du col d'Ornon ne saurait résulter d'un décrochement, car il n'y a, à l'évidence, aucune faille qui coupe transversalement le miroir de la paléo-faille. Par contre il est clair que l'abrupt méridional de Chevalet révèle plusieurs cassures N-S à fort pendage (cf cliché précédent), ce qui porte à une interprétation qui est exposée en fin de page.
Enfin les escarpements situés immédiatement plus au nord, à l'ouest du
col d'Ornon, montrent, notamment dans le lit du torrent du Buo (affleurements "3" de la carte) des schistes toarciens dans lesquels sont dispersés des olistolites métriques à décamétriques, principalement formés de dolomies triasiques : ceci semble bien correspondre au prolongement septentrional de l'olistostrome du Sué.

Cascades du ruisseau du Buo
vues de l'est, depuis le gué du Merdaret, 500 m au sud du col d'Ornon
Les taches ocreuses sont autant de blocs de dolomie triasique inclus dans les calcschistes gris toarciens

partie basse des cascades du ruisseau du Buo
un des blocs de dolomie triasique (environ 10 m de long) inclus dans les calcschistes toarciens
Dans ce secteur la faille du col d'Ornon semble donc se partager entre plusieurs surfaces de cassure, échelonnées d'ouest en est, ce qui n'est pas sans poser un problème d'interprétation un peu délicat ...
Lors de sa découverte on avait
tenté d'expliquer ce dispositif en admettant que l'escarpement de faille aurait été entaillé d'encoches qui se seraient formées, avant dépôt du Toarcien, par l'arrachement de
panneaux rocheux détachés par des failles secondaires : ces derniers auraient en effet laissé, à leur emplacement originel (selon le schéma
de gauche ci-après), des "niches d'ablation" remplies par la sédimentation olistolitique.
Une interprétation alternative me semble donc préférable. Elle s'inspire de la structure des abords occidentaux d'Ornon, où l'on voit incontestablement le miroir de la paléofaille disparaître vers le haut sous une lame de socle cristallin, sans doute effondrée depuis la lèvre occidentale (surélevée). |
Ce secteur est concerné par la publication n°108.
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| (Taillefer |
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