Le massif du Combeynot (versant Guisane)
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crêtes de rive droite de la haute vallée
de la Guisane
Le massif du Combeynot est une énorme
amande de socle cristallin, dotée d'un coeur de granite
enveloppé au nord et à l'est par une chape de gneiss.
Du côté ouest il est séparé du reste
du massif du Pelvoux par la dépression sédimentaire
du vallon d'Arsine. Son versant oriental, entre le col du Lautaret et le village du Lauzet, a une structure bien différente de celle des versants nord et surtout ouest : le cristallin, formé de gneiss
dont la carapace s'enfonce vers l'est, supporte directement la
succession transgressive des couches nummulitiques, qui y ont
fossilisé des paléoreliefs et y hébergent
quelques olistolites.
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Le versant nord- oriental du massif du Combeynot (rive droite de la Guisane), vu du sud-est, depuis les environs du Lauzet.
Les conglomérats de base du Nummulitique (Ncgl) s'appuient contre les escarpements est du Rocher de Guerre par une surface fortement inclinée vers l'est ; comme les bancs du flysch qui affleurent plus à l'est sont pentés à peu près de la même manière ce pendage résulte d'un basculement post-sédimentaire, par le plissement post-nummulitique.
Par contre le replat situé en amont ouest de l'épaule 2369 héberge une "flaque" de flysch (Nfl) qui témoigne de la présence d'un paléo-sillon qui a été rempli lors de la reprise de sédimentation. C'est probablement la faille anté-nummulitique f.aN, cachetée* par ces couches, qui avait déterminé la mise en relief du Rocher de Guerre lors de l'érosion qui avait précédé ; en tous cas le jeu de cette cassure n'est pas post-Nummulitique car son rejet correspond à un abaissement des gneiss dans sa lèvre orientale et aurait donc dû abaisser le Nummulitique à l'emplacement du Rocher de Guerre (où le cristallin est au contraire saillant).
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Le revers nord du Rocher de Guerre
vu du nord, depuis la route N.91, 2 km en amont du Lauzet.
Les conglomérats à ciment de calcaires
nummulitiques sont directement plaqués sur le socle cristallin,
qui dessine un paléorelief en forme d'échine, que
borde du côté ouest (amont actuel) un sillon allongé
N-S, sur lequel les grès du flysch reposent en onlap*.
Au flanc est (gauche) de ce relief un autre affleurement de cristallin
représente sans doute un olistolite car il est séparé du côté sud des affleurements principaux par une bande
de grès arkosiques qui semble s'engager sous lui.
Analyse de ces détails dans la thèse
de A. Lami,1988
Plus au nord, à partir des sources de
la Liche des Chamois, il s'intercale, sous le Nummulitique, des
témoins de la couverture mésozoïque, d'abord
exclusivement constitués par du Trias. Les venues d'aux
thermo-minérales, appréciées des chamois,
semblent y être liées à la traversée
de ces affleurements par la faille de décrochement de la
Liche, qui représente la branche sud-occidentale du grand
décrochement Lauzet -Lautaret.
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Les pentes de la Liche des Chamois
vues du nord-est, depuis la route N91 (sortie aval du tunnel des
Valois)
d.L = faille de décrochement de la Liche
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figure
agrandissable
Carte de détail du secteur de la source de la
Liche des Chamois
(versant oriental des Clochettes : voir la carte
de situation)
(croquis de Christian Bravard,
d'après ses levés de terrain en 1978).
Le figuré blanc sur fond presque opaque correspond
à deux olistholites de cristallin.
Les deux branches de la faille de la Liche, le long desquelles remontent
les eaux thermo-minérales de la source ferrugineuse de
"La Liche", appartiennent à la famille des décrochements
sénestres, NE-SW, du col du Lautaret. Elles avaient été
anciennement considérées comme la surface de chevauchement
d'une lame de cristallin servant de semelle à une écaille
de matériel nummulitique. |
Encore plus au nord de petits affleurements de mésozoïque
réapparaissent sous le Nummulitique et forment en une étroite bande dans les pentes du
Bois de la Madeleine. Ils y sont de nouveau recoupés par
une faille de décrochement, qui représente sans
doute la branche principale du décrochement du Lautaret.

figure agrandissable
Carte de détail du Bois de la Madeleine
2 kilomètres à l'est - sud-est du col du Lautaret
(voir la carte de situation).
(croquis d'après les levés de terrain par Christian.Bravard,
1978).
Enfin, lorsque l'on débouche
dans les pentes moins déclives qui descendent du col du
Lautaret, cette bande mésozoïque
se complète par du Lias calcaire (qui affleure bien aux
abords du col), contre lequel le flysch nummulitique s'appuie
directement, sans intercalation de couches basales (ce qui appuie l'interprétation selon laquelle ce contact correspond à une cassure).
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Le versant nord-oriental du Combeynot et la haute vallée
de la Guisane vus du nord-ouest, depuis l'échine de Roche Noire (route
D902, du col du Galibier, alt. 2350)
ØP = chevauchement de la Ponsonnière
; ØB = chevauchement de l'Unité briançonnaise
du Grand Galibier (tirets roses) ; ØSB = chevauchement
des écailles subbriançonnaises (tirets bleus).
d.L = décrochement du Lautaret ; d.Li = décrochement
de la Liche et du Lauzet.
Dans les abrupts du Combeynot les gneiss sont surmontés
par le granite car ils sont renversés en flanc inverse
par une charnière anticlinale déversée vers
le nord : celle-ci représente le crochon* du chevauchement
du massif cristallin.
Le Lias calcaire affleure largement aux abords du col, en une
bande est-ouest que dominent du côté sud les abrupts
septentrionaux du massif du Combeynot. Ceci est dû à
ce que l'on se trouve là en avant du front de chevauchement
du cristallin de ce massif (qui s'est avancé vers le nord
avant le dépôt du Nummulitique). Les couches du Nummulitique
conservent leur azimut NW-SE et ne s'engagent pas sous ce chevauchement
(qui s'est effectué avant leur dépôt) : elles
recouvrent en discordance l'extrémité orientale
de la surface de chevauchement (elles la "cachètent").

figure plus grande (extrait de la publication
n° 086 , légèrement retouchée)
Croquis cartographique résumant les observations et leur interprétation aux abords du col du Lautaret.
D'après l'interprétation adoptée ici
les bandes d'affleurement des terrains sont coupées, dans tout le secteur
du col et de l'extrémité septentrionale du Combeynot, par le faisceau des failles du
Lautaret, sub-verticales et à
décalées en tronçons successifs dans le sens
sénestre.
Globalement le secteur situé au nord de ce faisceau de failles (Côte Plaine) est décalé vers l'ouest par rapport à celui situé au sud (Combeynot). Ce rejet de décrochement atteint 3 kilomètres si on le mesure parallèlement aux surfaces de cassure et 2 kilomètres seulement si on le mesure perpendiculairement à la surface de discordance du Nummulitique sur son substratum (soulignée de rouge)
N.B. : le tracé du front de chevauchement
du cristallin du Combeynot sur le Lias du col du Lautaret
n'a pas été représenté : il aboutirait vraisemblablement,
du côté est, aux abords du point 2086 du Bois de la Madeleine, où
il est cacheté par la transgression du Nummulitique.

cartes
géologiques au 1/50.000° à consulter
: feuille La Grave
Voir l'aperçu général sur la bordure
orientale du Massif du Pelvoux 
Pour plus de détails consulter la publication
n° 086
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3/02/12