Maurin |
Les trois hameaux de Maurin sont étagés le long de l'Ubaye, en amont de ses gorges, dans une zone plus ouverte de la vallée. Ce changement de relief est dû à ce que la rivière y traverse la large bande d'affleurements de l'unité de Ceillac-Chiappera, qui se caractérise par de grandes surfaces d'affleurement des calcschistes du Crétacé supérieur - Éocène ("marbres en plaquettes" au sens large).

version
plus grande, muette, de cette image
La vallée de l'Ubaye aux environs de Maurin, vue depuis la Plate de Tuissier (pentes occidentales de la Pointe
Basse de Mary)
u.M = unité de Marinet ; u.aM = unité des Aiguilles de Mary ; f.B = faille
de La Barge ; N.FS = nappe de la Font-Sancte ; u.CC = unité ("bande") de
Ceillac-Chiappera.
Dans les calcschistes de l'unité de
Ceillac-Chiappera les zones sombres correspondent
aux niveaux plus argileux de la partie basse de la formation, qui
reposent sur le Jurassique (Malm + Dogger) à Maljasset. Les niveaux moyens,
clairs et plus calcaires, dessinent un grand synclinal en contrebas
du col Girardin (voir le schéma interprétatif ci-après).

Légende stratigraphique comme sur la carte géologique Aiguille-de-Chambeyron au 1/50.000° . Les couleurs, qui permettent de distinguer les unités tectoniques, sont celles du schéma d'interprétation rétrotectonique.

Schéma perspectif de la structure interne de l'unité
de Ceillac-Chiappera en Ubaye
Vue schématisée de la rive droite de
la vallée de l'Ubaye, supposée prise du sud vers
le nord.
Css, Csm et Csi désignent les trois
niveaux (supérieur, moyen et inférieur) qui peuvent
être distingués dans les marbres en plaquettes de
cette bande structurale (Csm est distingué par un figuré
grisé). Le figuré de moellons (j) représente
la barre du Jurassique (Malm + Dogger).
Le cartouche, en bas à droite, cherche à reconstituer
ce qu'a pu être la disposition des plis avant le basculement
vers l'est, dû au rétrocharriage.
L'ensemble disloqué compris entre la faille de La Barge et la faille de Ceillac se poursuit loin vers le sud jusqu'à Chiappera et au delà en Italie, en donnant un alignement de zones déprimées auquel a été donné le nom de "bande Ceillac - Chiappera". Au nord de Ceillac cette zone disloquée se poursuit, par le col Izoard et la basse vallée de la Clarée, jusqu'à Modane et au delà : c'est donc un accident majeur, que l'on peut appeler le "linéament briançonnais oriental". Son jeu, tardif par rapport aux charriages, est sans doute complexe car il semble s'exprimer par une association de traces de mouvement en extension et en rétro-chevauchement.
Le hameau de Combe Brémond se situe, quant-à-lui, aux confins du domaine des schistes lustrés piémontais, le long desquels les deux nappes briançonnaises les plus internes, celle de la Chapelue et du Roure, puis celle, "ultra-briançonnaise" de Combe Brémond se biseautent l'une l'autre. Ce secteur est caractérisé par le renversement général, vers l'est, des nappes de charriage imbriquées (les schistes lustrés piémontais s'enfoncent vers l'ouest sous les nappes briançonnaises).

version
plus grande, muette, de cette image
La rive droite de l'Ubaye à la hauteur de Combe Brémond,
vue du bas vallon de Mary.
f.C = faille de Ceillac ; ØSL = contact Briançonnais - Schistes lustrés (= accident
du col Fromage) ; u.Co = unité de Combe Brémond.
L'unité de la Chapelue représente la partie post-werfénienne
de la succession stratigraphique de l'unité du Roure ; u.Co = unité de Combe Brémond (en premier plan on voit pointer sous les mélèzes les quartzites triasiques
du prolongement de cette unité en rive gauche de l'Ubaye).
On perçoit bien le fait que la faille de Ceillac recoupe
obliquement les autres surfaces de chevauchement, qui sont moins
pentées (toutes sont d'ailleurs renversées vers
la droite, c'est-à-dire vers le nord-est) ; il en va de
même pour l'accident du col Fromage (bien que cela apparaisse
moins clairement ici).
La partie droite du cliché montre la large loupe
de glissement qui a obstrué le cours de l'Ubaye et a ainsi déclenché
la formation du lac de Parouart. Sa niche d'arrachement, garnie
d'éboulis récents, se dessine très nettement dans le socle des Rochers de
L'Eyssassa. Cet éboulement date de quelques centaines d'années
; il masque le contact entre les schistes lustrés de Parouart
(SL) et les roches vertes (RV = prasinites à
pillows) qui représentent leur soubassement (ancien fond
océanique).
L'affleurement décrit plus
bas dans cette page se situe entre les notations tq
et cs, au dessus de Combe Brémond.

Les pentes qui dominent le village de Combe-Brémond montrent un affleurement, de visite aisée, qui est très caractéristique des successions stratigraphiques ultra-briançonnaises. (voir localisation en légende du cliché ci-dessus)
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(Jacques Debelmas donne l'échelle et désigne de sa main gauche le contact Malm - Crétacé supérieur)
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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