Dent de Cons, Belle-Étoile

entre le col de Tamié et la cluse d'Ugine

Le chaînon de la Dent de Cons (2064 m) constitue, à l'extrémité nord-est du massif des Bauges, un promontoire que la cluse d'Ugine contourne par le nord ; il est cependant un peu isolé du reste du massif par la vallée qui descend sur Seythenex depuis le col de Tamié.
L'essentiel de la montagne, et notamment sa crête, est surtout formé par le Néocomien argilo-siliceux, dont les couches sont basculées vers l'ouest, en moyenne au delà de la verticale. Elles appartiennent en effet au flanc est du grand synclinal de Tamié, lequel se poursuit vers le nord-est, au delà de la cluse d'Ugine, par le chaînon du Charvin (chaîne des Aravis).

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La Roche Torse, devant le chaînon Belle-Étoile - Dent de Cons
vu d'avion, du sud-ouest, depuis l'aplomb de Fréterive

s.P = synclinal du Pécloz ; a.O = anticlinal d'Orchair - Orisan (on ne voit qu'une faible partie des plis parasites* de son flanc ouest, renversé) ; s.T = synclinal de Tamié (charnière principale du synclinorium*).

Tous ces plis s'enfoncent vers le nord (vers l'arrière gauche) vers le coeur du synclinal de Serraval (s.S), dont on voit bien l'orientation transverse.



Coupe des Bauges orientales


légende des couleurs (nouvelle fenêtre)
Carte géologique très simplifiée des montagnes au sud de la Trouée de Faverges (groupe Sambuy - Cons)
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

Le versant est du chaînon est accidenté de deux sommets secondaires, le Roc Rouge et la Pointe de la Sellive qui s'en détachent en éperons faisant saillie vers l'est. Ils représentent des lambeaux résiduels du Tithonique du flanc oriental du synclinorium de Tamié, préservés entre les ravins dans des chevrons de V topographiques* pointant vers l'amont.
Ailleurs le Tithonique de ce flanc du pli a été enlevé par l'érosion, qui est allée jusqu'à enlever les Terres Noires de la charnière du synclinal et dénuder le Jurassique moyen qui forme les collines dominant Albertville. Le sillon subalpin, qui émerge ici de la plaine alluviale, suit donc approximativement le coeur d'un pli anticlinal qui est profondément éventré et dont ni le Crétacé ni le Tithonique du flanc oriental ne sont nulle part visibles.

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Le versant oriental du chaînon Belle-Étoile - Dent de Cons, vu d'avion, de l'est, depuis l'aplomb d'Albertville.

Les pentes de ce chaînon qui tombent en direction d'Albertville sont formées par la succession du flanc oriental du synclinal de Tamié (s.T), qui s'y montre modérément renversée. En effet le Tithonique pend dans l'ensemble conformément à la pente et s'appuie, du côté gauche, contre (et plutôt sur) les couches du Crétacé. Il est découpé en deux forts chevrons, pointant vers le haut des pentes, par une érosion en V topographique qui est surtout le fait des ravins des Héris et du Chiriac.
Sous cet angle, très oblique aux axes de plis (qui plongent vers l'arrière à l'intérieur de la montagne), on distingue mal les replis mineurs (plis parasites*) qui affectent les deux éperons de Tithonique (voir cliché suivant).


La coupe des ravins qui détachent ces sommets montre que le flanc oriental du synclinal de Tamié, globalement disposé en série renversée, est affecté de plis de second ordre qui se disposent conformément au schéma de la "feuille de chêne*" c'est-à-dire avec un déversement qui serait dirigé vers l'est, n'était le renversement de la succession.

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Les pentes orientale de la Belle Étoile, vu du sud, depuis les pentes inférieures de rive gauche de la vallée de l'Isère à proximité de Sainte-Hélène-sur-Isère.
s.T = synclinal de Tamié
Cette vue, prise dans l'enfilade des surfaces de couches, montre avec une grande lisibilité les replis de flanc inverse du Roc Rouge et, en arrière-plan de la Sellive (N.B. l'effet de téléobjectif donne l'impression, inexacte, que ces deux crêtes sont presque sur le même plan).


Le versant ouest du chaînon est largement couvert de bois, en pente presque régulière, qui couvrent essentiellement des marno-calcaires du Valanginien - Hauterivien, de sorte qu'elle ne montre guère sa structure de flanc de pli légèrement renversé. L'Urgonien n'y apparaît, en bas de pentes qu'aux abords du village des Combes.

Les replis du flanc oriental du synclinal de Tamié y sont beaucoup moins marqués, voire même non dessinés dans les couches de la succession plus élevées que le Berriasien. C'est ainsi que les couches du Valanginien et de l'Hauterivien de la crête de la montagne ont un pendage peu changeant, proche de 70° vers l'est sur la crête de la Belle Étoile.
Cette différence entre la disposition des couches du Tithonique et celles du Crétacé, moins plissotées, est une autre illustration du phénomène de dysharmonie (qu'illustre de façon similaire mais encore mieux visible la structure de la Roche Torse).


Le versant est de la crête de la Belle Étoile, vu du nord-est, depuis le col de l'Alpette (arête ouest du Roc Rouge).
Tout ce versant de la crête est formé de dalles structurales de calcaires argileux du Valanginien, dont le pendage est remarquablement uniforme. Les couches sont en série inverse, de sorte que les bancs du Valanginien inférieur s'enfoncent sous les marnes du Berriasien supérieur dans lesquelles est ouvert le col du chalet de l'Alpette.


Vue rapprochée des couches formant la crête de la Belle Étoile, à la Croix de Périllet.
Les mentions "haut" et "bas" concernent la disposition de la succession des couches (base à droite, c'est-à-dire couches les plus anciennes du côté est).

La schistosité (s.1), à espacement pluri-centimétrique, est omniprésente et d'une visibilité flagrante.
Elle pend à la fois vers l'est, conformément au fait que l'on est dans;le flanc oriental d'un pli à plan axial penté dans ce sens, et vers le nord (c'est-à-dire vers l'arrière), conformément au fait que l'axe du pli est incliné dans ce sens.

Au contraire les limites de couches (s.0), alternativement plus calcaires et plus marneuses, sont très floues. Les limites de strates sont soulignées par une certaine réfraction de la schistosité, mais celle-ci est peu marquée et courbe, comme normal puisque les changements lithologiques sont modestes et progressifs, d'un banc plus calcaire à un lit plus marneux.


Une impression fallacieuse de plissotement est donnée par le fait que l'on y voit des variations rapides du pendage : celles-ci correspondent en fait à la coexistence du litage stratigraphique, subvertical, et du feuilletage dû à la schistosité, qui est fort développée et pend au contraire faiblement vers l'est (comme il convient dans le flanc oriental d'un pli aussi déversé vers l'ouest).

Les ravins du versant sud-est de la Belle Étoile, en contrebas du sommet ,
vus du sud, depuis la Croix de Périllet

L'impression de plissotis affectant cette monotone succession de marno-calcaires du Crétacé inférieur, probablement valanginiens, est fallacieuse.

Elle résulte simplement de la coexistence d'une schistosité (s.1), faiblement pentée vers l'est, avec une stratification subverticale (s.0), que l'on ne distingue qu'occasionnellement.

On a délibérément photographié un secteur des pentes où la stratification est particulièrement bien visible, pour montrer, sur une hauteur d'environ 200 m., l'absence presque totale de plissotis et le caractère de simples ondulations peu accusées des rares présents (angle supérieur droit du cliché).

Il semble bien que le chaînon de la Dent de Cons soit traversé, entre Dent de Cons et Pointe de Cruessajran, par le décrochement des Combes qui rejoint, plus à l'ouest, celui de Bouchasse, dans le versant est de la montagne de la Sambuy. Le tracé de cet accident dextre ne peut pas être suivi à l'est du village des Combes, faute de niveaux repères, dans les pentes boisées uniformément hauteriviennes du versant ouest de la Pointe de Cruessajran. Toutefois il détermine vraisemblablement, dans le versant est de cette montagne, le ravin du Creux du Cayon, au nord duquel les affleurements de Tithonique de la Sellive font place brutalement à un versant formé de Valanginien - Hauterivien.

D'autre part il est à remarquer que, dans le versant ouest de la Dent de Cons, au nord du village des Combes, le Nummulitique repose directement sur l'Urgonien, voire même sur l'Hauterivien. Cette disposition témoigne de l'arasement anté-Nummulitique d'un relief, qui correspond très vraisemblablement à la voûte de l'anticlinal qui succédait, du côté est, au synclinal de Tamié : cela signifie que ce pli était ébauché avant le Nummulitique, conclusion qui ne fait que rejoindre celle tirée de l'étude des autres plis anticlinaux dont la voûte anté-Nummulitique est conservée (ce qui est d'ailleurs exceptionnel), notamment ceux de la Chartreuse occidentale et du Jura méridional.


cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles Annecy-Ugine et Albertville.

Seythenex

Cons Marthod

(Ugine)
Tamié

LOCALITÉS VOISINES

(Mirantin)

col de Tamié

Albertville
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