BAUGES |
La Dent d'Arclusaz, 2041 m |
La Dent d'Arclusaz est le point culminant d'un crêt* tout-à-fait caricatural car le versant oriental de son arête sommitale est constitué d'une dalle structurale*, pratiquement continue. Cette dalle correspond au sommet de la dalle calcaire urgonienne, qui a été décapée par des glissements couches sur couches, à la faveur du niveau des couches gréso-marneuses apto-albiennes. Ce dernier affleure nettement en contrebas est de la crête, mais il y est souvent masqué par une frange d'éboulis ; son tracé y dessine de beaux "V topographiques contournant les affleurements, plus saillants, des calcaires lités du Sénonien.
La partie inférieure du revers de ce crêt est en effet garnie par des calcaires sénoniens dont les affleurements arment des chevrons en forme d'arc boutants ; ces derniers séparent des petites combes dont le modelé et l'absence de restes d'éboulements à leur extrémité aval trahit clairement qu'elles ont dû étre aménagées par des langues glaciaires locales.
Le large fond du vallon d'Arclusaz est d'ailleurs presque totalement couvert de materiel morainique local qui a dû être alimenté par le débordement des langues de glace issues de ces cirques ; il s'y surajoute toutefois de puissants amas de blocs, maintenant couverts de bois, qui correspondent à d'anciens éboulements. Leur répartition est clairement celle de coulées provenant de la rive opposée (crête du Grand Parra), d'où les couches, verticales et même renversées, ont dû se détacher par basculement.
image sensible au survol et au clic

Le val d'Arclusaz, vu de l'est depuis l'épaule du Beau Mollard, sur la crête des Lanches (arête nord des Arlicots).
La crête d'Arclusaz n'est que la portion la plus occidentale d'une barrière rocheuse arquée qui se prolonge vers l'est par les crêtes du Grand Parra, des Lanches et des Arlicots. Ce faux cirque, dont les falaises sont orientées vers l'extérieur (vers le sud), correspond à une cuvette synclinale à remplissage de Sénonien que ceinturent des dalles structurales d'Urgonien, dont l'axe plonge vers le nord.

Le vallon d'Arclusaz s'avère donc être un val jurassien typique dont le fond, incliné vers l'intérieur du massif des Bauges, s'élève de plus en plus vers le sud, en direction de la Combe de Savoie. Les pentes du versant nord-ouest de cette dernière finissent par trancher ce val au col d'Arclusaz, où se situe la terminaison méridionale des affleurements d'Urgonien qui arment les versant du val : c'est pourquoi ceux-ci dessinent là un synclinal perché bien visible depuis la vallée de l'Isère et surtout depuis la chaîne de Belledonne septentrionale (massifs d'Allevard et des Sept Laux).

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Schéma cartographique des abords de la montagne d'Arclusaz L'axe du "synclinal de Serraval" passe au col d'Arclusaz : il y est généralement désigné (notamment sur les photos de ce site) sous le nom de synclinal d'Arclusaz. La trace du plan axial du synclinal du Pécloz (tirets
gris) traverse d'est en ouest, depuis la Roche Torse, le
versant dominant l'Isère. Puis elle devient N-S de l'autre
côté de la crête et dans le versant ouest
du Pécloz. |
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Roche Torse |
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