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Mont Colombier : alentours du sommet

pentes orientales de la partie moyenne de la vallée des Aillons
voir la carte géologique simplifiée, en page "Colombier - vue d'ensemble"

Le Mont Colombier (2045 m) est un des grands sommets des Bauges. Du point de vue structural c'est un synclinal perché*, car ses hautes pentes sont formées d'une selle herbeuse de Sénonien encadrée par deux crêts* d'Urgonien (celui du Colombier et celui de la Dent de Rossanaz).

image sensible au survol et au clic

Le Mont Colombier et Aillon-le-Jeune (villages du Mollard et de La Combe), vus des pentes septentrionales du col des Prés (lacet 967 de la route D206)

s.A = synclinal des Aillons ; a.Motte = anticlinal de La Motte-en-Bauges ; s.C = synclinal du Colombier ; f.C = faille du Colombier
pour ne pas charger le cliché, ni les plis secondaires ni les failles n'ont été indiqués (à l'exception de la faille du Colombier).



La crête septentrionale du chaînon du Colombier
vue du sud-est, depuis le sommet du Mont Colombier.
La partie nord-ouest du chaînon du Colombier, vue du nord

Toutefois, du côté ouest de ce berceau sommital on trouve, au lieu d'une simple combe anticlinale (comme dans les cas simples d'inversion de relief), un dispositif structural plus complexe. En effet les affleurements d'Urgonien se développent largement dans le versant ouest de la montagne : ceci est est dû à ce que les couches de cette formation y sont ployées par un anticlinal de La Motte-en-Bauges.

Le synclinal du Colombier et l'anticlinal de La Motte-en-Bauges font en fait partie d'une succession d'ondulations qui accidentent ici le flanc est du grand synclinal des Aillons.

voir l'exposé d'ensemble sur la structure du chaînon, en page "Colombier - vue d'ensemble"


coupe interprétative schématique
(orientation conforme au cliché précédent).

Cette coupe est à la fois synthétique et simplifiée. En effet elle représente, pour la partie haute, ce que l'on observe de part et d'autre de la transversale du chef-lieu d'Aillon-le-Vieux (la Dent de Rossanaz est nettement au nord du Colombier...) et, pour la partie basse, ce qui se passe1,5 km au sud du village, sur la transversale de Leyat.
En fait, au nord du hameau de Leyat, des complications supplémentaires affectent cette partie basse de la coupe : le flanc ouest de l'anticlinal de la Motte y est rompu par un chevauchement mineur, qui le fait s'avancer sur le coeur tertiaire du synclinal des Aillons (voir la page Rossanaz).
Plus au sud, à partir du hameau de la Bottière, l'érosion à moins décapé le Sénonien du bas des pentes de rive droite et ce terrain garnit le versant sur une assez grande hauteur (presque jusqu'à 1200 m sous les granges de la Bottière) en masquant l'Urgonien d'une bonne partie du flanc ouest du synclinal de la Motte.

Les failles N-S sont, de gauche à droite : 1- la faille inférieure des Rochers de la Lavanche (f.1) ; 2- La faille supérieure (f.2) des Rochers de la Lavanche (qui coïncide avec la charnière de l'anticlinal de la Motte) ; 3- la faille du chalet de Rossanaz (f.R) ; 4- la faille des pentes occidentales du Colombier (f.C).


Les falaises et abrupts du versant ouest du chaînon, qui dominent, du côté est, le village d'Aillon-le-Vieux, donnent une coupe qui a l'inconvénient d'être très peu oblique à l'axe de l'anticlinal de la Motte. Elle tranche en biseau les replis et cassures qui accidentent le flanc ouest de ce pli majeur.

image sensible au survol et au clic

Le versant ouest de la Dent de Rossanaz
vu du sud-ouest, depuis la crête du Margériaz (500 m au nord du sommet coté 1845)

s.C = synclinal du Colombier ; a.M = charnière principale de l'anticlinal de la Motte (trace de son plan axial en brun rouge : au sud de la faille de la Bade cette charnière est "dans le ciel", enlevée par l'érosion) ; s.CC = synclinal de la Combe du Cheval (trace de son plan axial en vert).
ØAV = chevauchement d'Aillon-le-Vieux ; f.L = faille des Rochers de la Lavanche ; f.B = faille (décrochement sénestre) de la Bade.


Le val suspendu du colombier est jalonné par les deux cols du Colombier et de Rossanaz, l'un comme l'autre ouverts dans les alpages qui couvrent les marno-calcaires clairs du Sénonien du cœur du synclinal. En fait les deux flancs de ce pli sont affectés par des failles secondaires extensives, la faille du Colombier et la faille de Rossanaz, disposées symétriquement par rapport à l'axe du synclinal.

image sensible au survol et au clic

La crête sommitale du Mont Colombier, vue du nord-oues,t depuis les pentes sud de la Dent de Rossanaz.

s.C = synclinal du Colombier (il est vu presque selon son axe, N-S) ; f.C = faille du Colombier (lèvre droite, occidentale, effondrée) ; f.R = faille de Rossanaz (lèvre gauche, orientale, effondrée).
aA = grès de l'apto-albien ; cO = couches à Orbitolines


Les rejets de ces deux cassures sont de sens opposé, de sorte qu'elles délimitent un panneau effondré (un "graben"), que parcourt en long la charnière du pli. Le pendage de leurs surfaces de faille est, pour l'une comme pour l'autre, proche de la verticale, ce qui n'est pas "normal" pour des failles extensives : cela porte à penser que ces failles ont joué avant le plissement et que leurs surfaces de cassure, originellement inclinées d'environ 60°, ont été redressées par le basculement (en sens opposé) des flancs de plis qu'elles affectent.
En définitive il apparaît donc que l'emplacement du synclinal du Colombier a été prédéterminé, comme celui de beaucoup d'autres plis des massifs subalpins septentrionaux, par la présence de failles antérieures au plissement.

Ce dispositif structural s'interrompt peu au sud du col de la Cochette, où la crête méridionale du chaînon du Colombier est coupée par une grande faille, le décrochement de La Bade. Dans le compartiment sud-occidental de cette cassure les pentes dominant le village de la Bottière montrent une structure sensiblement plus simple (voir la page "Rochers de la Bade").

image sensible au survol et au clic

La crête méridionale du chaînon du Colombier
, vue du chemin des chalets de Rossanaz.
Ce secteur est celui où se terminent les alpages à soubassement de Sénonien du coeur du synclinal du Colombier : il est complexe car c'est là que ce pli est les failles extensives conjuguées* qui affectent les flancs de ce pli sont tranchés en sifflet par le décrochement sénestre de La Bade.

f.C = faille du Colombier (lèvre gauche surélevée) ; f.R = faille du chalet de Rossanaz (lèvres droite surélevée) ; d.B = décrochement (sénestre) de la Bade
s.C = synclinal du Colombier ; s.A = synclinal des Aillons.
on a souligné en 3 endroits la disposition des strates (s0).



cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuilles Chambéry et Albertville

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