Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/bauges/_lieux/la_thuile.html
en cliquant ci-dessus, la page s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, sans barre de boutons et avec son titre correct, à partir de laquelle il sera aisé de créer un bookmark.
Dépression de La Thuile, Pic de La Sauge
|
vallée amont de la Ternèze,
à l'ouest du col de Marocaz
La dépression de La Thuile est une combe
monoclinale creusée dans les terrains très marneux
des marnes de Narbonne et du Berriasien, aux abords orientaux
de l'axe du grand synclinal des Aillons. Elle est dominée du côté nord par les reliefs les plus méridionaux du chaînon du Colombier et de la pointe de la Galoppaz, qui sont constitués par les formations, dans l'ensemble plus calcaires, du cœur du synclinal.

même fenêtre
< image plus grande, muette >
nouvelle
fenêtre
Le site de La Thuile et de son lac, au pied sud du Pic de la
Sauge,
vu du S-SW, depuis le sommet de la Roche du Guet.
(La localité de La Thuile est séparée des
pentes du Pic de la Sauge par la petite vallée de la Ternèze,
que masquent les collines garnies de prairies à l'ouest
du village)
f.C = faille du Céty (voir plus loin)
; s.M = synclinal de Marocaz
noter la terminaison latérale en biseau, d'ouest en est,
des faciès de calcaires bioclastiques* du Fontanil (vers l'est ils
se fondent dans l'ensemble de calcaires marneux non différenciés
de l'Hauterivien-Valanginien)
Cette combe affecte, en carte, la forme d'un
U ouvert vers le nord (dans la boucle duquel se trouve le Pic
de la Sauge, 1612 m), car elle correspond au secteur
où convergent vers le sud les combes des deux flancs du pli, c'est-à-dire
celle de Puygros et celle du Lindar.
Le lac de La Thuile y est retenu dans les bancs très marneux
du Berriasien inférieur, derrière le barrage de
bancs plus durs du Berriasien supérieur, qui forment une
ligne de collines intermédiaires (bordée du côté
nord par les marnes de Narbonne).
 |
version plus grande de cette carte
Carte géologique simplifiée des environs
de La Thuile
Cette carte, inédite,
est basée sur les observations de l'auteur de ce site.
Elle ne cherche pas à rendre compte de tous les aspects
ordinairement abordés sur une carte géologique
et ne figure notamment pas le quaternaire de façon exhaustive.
s.A = synclinal des Aillons ; f.C = faille du
Céty et faille du Crouzat ; s.M = synclinal de
Marocaz - Roc de Manette.
noter la disparition latérale, d'ouest en est, de la
barre des calcaires du Fontanil.
|
Cette disposition est due à ce que l'axe
du synclinal des Aillons se relève vers le sud, de sorte
que les différents niveaux stratigraphiques qu'il affecte
sont à tour de rôle sectionnés au niveau de
sa charnière entre le Pic de la Sauge et les pentes sud-orientales
de la Roche du Guet (qui correspond,
quant à elle, à l'extrémité méridionale
des affleurements de Tithonique du synclinal, au bord de l'entaille
de la combe de Savoie).

même fenêtre
< image plus grande, muette >
nouvelle
fenêtre
Le synclinal des Aillons, à l'extrémité
sud-est du massif des Bauges,
vu d'avion, du S-SW, depuis l'aplomb des Marches.
Cette vue met en évidence la dysharmonie
entre les deux principaux niveaux calcaires du synclinal des Aillons
: synclinal unique, simple, dans l' l'Urgonien (s.A) et
multiples plis, accidentés de failles, dans le Tithonique.
ØM = chevauchement du Montgelas ; d.S =
décrochement dextre du Sorplat (prolongement vraisemblable
de celui de l'Alpette en Chartreuse).
L'analyse plus détaillée de la
structure de ce secteur y révèle en fait quelques
complications supplémentaires :

figure
de taille supérieure
Coupe d'ensemble du secteur de La Thuile
Cette coupe donne une vue d'ensemble du synclinal des Aillons : noter la multiplicité des replis (dysharmoniques*)
qui affectent le Tithonique de ce pli (pour plus
de détails à ce sujet, voir la page "Montmélian"
et la page "Curienne")
Ce dessin exprime l'interprétation publiée
en 1999, qui admet que la faille du Céty (F.C.)
se raccorde avec celle du Crousat (= de la Crousaz) par un tronçon
où elle est fortement rabattue vers l'horizontale, comme on le voit sur
le cliché suivant. De fait aucune autre faille, au niveau
du Tithonique, n'a le sens ni l'ampleur de rejet voulus pour prolonger
celle du Céty.

même fenêtre
< image plus grande, muette >
nouvelle
fenêtre
Détail de la structure de la dépression de La
Thuile,
vue du sud, d'avion, depuis l'aplomb de Montmélian.
Cette photo est prise presque dans l'axe du synclinal
des Aillons (s.A), qui plonge vers l'arrière-plan.
De ce fait elle en donne une bonne coupe, qui montre que le flanc
oriental de ce pli est affecté par une charnière
synclinale couchée que l'on peut appeler "synclinal
de Marocaz" (s.M).
On a indiqué le tracé de la faille du Céty
(F.C.) : la torsion de cet accident, dans les niveaux inférieurs
à l'Urgonien, apparaît clairement sous cet angle
; la cassure se poursuit vers le sud-est par la faille du ravin
de la Crousaz, qui détermine le ravin descendant du col
de Marocaz, au delà de la marge droite du cliché
(F.C.).
(vue complémentaire vers la droite à la page
Saint-Pierre d'Albigny)
se reporter à la carte
géologique ci-dessus
- 1 . La faille du Mont Céty
affecte, comme plus au nord, le flanc
ouest du synclinal. Elle passe en contrebas ouest du Pic de la
Sauge, où elle surélève, à Entrenants,
les marnes de Narbonne du compartiment occidental de la cassure
jusqu'au contact de l'Urgonien.
Le prolongement méridional de cette faille révèle
une curieuse disposition : en effet en débouchant dans
la combe des marnes de Narbonne, elle incurve son tracé
vers l'est et acquiert un pendage presque parallèle à
celui des couches. Elle se connecte ainsi, à l'est de la
Thuile, dans les pentes qui tombent du col de Marocaz sur Cruet, avec une faille verticale qui
y détermine le ravin de la Crousaz.
Ceci indique que, depuis sa formation au Nummulitique, cette faille
a été tordue en baïonnette par un mouvement
de cisaillement, plus ou moins tangentiel aux couches, qui a déplacé vers
l'ouest la partie haute de la pile de couches. Ensuite le tracé de la portion de faille ainsi
rabattue vers l'ouest a subi une torsion supplémentaire, en creux, lors de la
formation du synclinal des Aillons.
- 2 . Le synclinal des Aillons comporte
d'autre part deux charnières distinctes :
- celle du synclinal des Aillons proprement dit,
très ouverte* et à plan axial* presque vertical,
qui est affectée au niveau du Tithonique de replis et cassures
bien visibles sur la façade sud et est
du rebord subalpin ;
- une charnière synclinale couchée que l'on peut
appeler synclinal de Marocaz.
Il est vraisemblable que le premier de ces plis a basculé
le second, et que, lors de sa formation, ce dernier ne devait
pas être aussi couché qu'il l'est maintenant.
On doit donc conclure que le synclinal des
Aillons proprement dit résulte d'une déformation
tectonique assez tardive, qui a été précédée
par une étape de cisaillement "tangentiel" (presque
parallèle aux surfaces de couches), qui a dû créer
le synclinal de Marocaz. Peut-être cette étape précoce
fut-elle aussi à l'origine première de la formation
du chevauchement du Montgelas (voir la page "Chignin"). Quoi qu'il en soit cette étape était
elle même postérieure à une étape de
tectonique distensive responsable du jeu de la faille du Céty.
Ces conclusions sont en accord complet avec ce que l'on sait par
ailleurs de la formation des massifs subalpins septentrionaux,
et notamment de celui des Bornes.

légende des couleurs
(nouvelle fenêtre)
Carte géologique très simplifiée
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication
n° 074
cartes géologiques au
1/50.000° à consulter : feuilles
Montmélian et Chambéry
L'accès aux localités entre parenthèses (= qui appartiennent à une autre section du site) fait perdre la barre de boutons ; pour éviter cet inconvénient retrouvez la page désirée en passant par la page d'accueil de la section correspondante.
Aller à la page
d'accueil du site
Dernières retouches apportées à cette page le
18/06/08