La Savoyarde, Roche du Guet

Le promontoire sud-oriental des Bauges

La crête qui va du rocher de La Savoyarde à celui de la Roche du Guet est le promontoire le plus méridional du massif des Bauges. C'est là que se connectent le crêt* de Tithonique, orienté NNW-SSE de la bordure méridionale de la Trouée des Marches (qui forme le Montgelas, cf. page Chignin), avec celui, orienté NE-SW, du rebord subalpin de la Combe de Savoie (lequel débute à la Roche du Guet).

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L'extrémité sud-est du massif des Bauges, vue de l'ouest, depuis le rebord du plateau du Granier.
s.A = synclinal des Aillons ; ØM = chevauchement du Margériaz - Montgelas ; d.S = décrochement du Sorplat ; d.M = décrochement (hypothétique) de Montmélian.
Le promontoire méridional des Bauges, qui domine la ville de Montmélian, est formé par un crêt de Tithonique, arqué par un pli majeur, le synclinal des Aillons, dont l'axe plonge vers le nord (vers la gauche). De ce fait les terrains de plus en plus récente affleurent à tour de rôle, dans cette direction, au coeur de ce pli. Au contraire les deux zones déprimées qui convergent vers la droite autour du promontoire montagneux sont ouvertes dans les terrains marneux de la partie inférieure de la succession stratigraphique (Terres Noires du Jurassique supérieur), qui appartiennent aux flancs est et ouest du grand pli.


Le nom de La Savoyarde est justifié par le profil de la falaise supérieure de la montagne, où l'imagination porte à voir, depuis les abords de Montmélian , celui d'une paysanne de Haute Tarentaise, coiffée de la "frontière" (coiffe traditionnelle dont les rubans descendent vers la nuque)

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Le promontoire de l'extrémité sud-est du massif des Bauges, vu du sud, depuis le Grésivaudan (depuis la zone industrielle "Alpespace", soit à peu près à la connexion des autoroutes A41 et A43).
(c'est sous cet angle que se dessine le profil d'une "Savoyarde" regardant vers la gauche)..

On a, sous cet angle, une vue à peu près dans l'axe du grand synclinal des Aillons, dont le fond se montre affecté, au niveau du Jurassique supérieur, de multiples structures de détail (voir les commentaires interprétatifs en fin de page)
a.S = anticlinal de la Savoyarde ; a.rG = anticlinal de la Roche du Guet ; s.M = synclinal de Manette ; a.R = anticlinal de Rochefort.
f.S = faille de la Savoyarde ; f.T = faille du Tapin : toutes les deux de même sens de rejet (lèvre est surélevée) mais leur pendage est différent (voir la coupe plus loin dans la page) ; f.rG = faille de la Roche du Guet ;
d.S = décrochement dextre du Sorplat : il passe à flanc de pente en dessinant des V topographiques*.

On trouvera des vues plus rapprochées du versant oriental du chaînon à la page Montmélian


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Schéma interprétatif du cliché ci-dessus, pris depuis les abords du pont de la D923 sur la A43, en rive gauche de l'Isère au SW de Montmélian.
(extrait de la publication n° 027)
F1 = faille de la Savoyarde ; F2 = faille du Tapin; d.S = décrochement du Sorplat


Les abrupts du versant méridional de la crête, entaillés dans la succession de couches du Jurassique supérieur, révèlent un assez grand nombre de plis et de failles, tous orientés à peu près N-S. Il s'agit seulement d'accidents mineurs qui affectent la charnière du grand synclinal des Aillons (et qui confèrent à ce grand pli le statut de synclinorium).

La disposition des failles, toutes très orthogonales aux couches du Tithonique, et la sinuosité de leur surface de fracture laissent à penser qu'il s'agit en fait de cassures extensives qui ont été déformées et basculées lors de la formation du synclinal.

figure agrandissable

Croquis de détail des failles du versant sud de la Roche du Guet

1 - Analyse détaillée :
On note la disposition en éventail ouvert vers le bas du faisceau de failles ;
2 - Place de ces accidents par rapport au synclinal des Aillons.

Ce schéma montre que l'hypothèse de l'antériorité des failles par rapport à la formation de ce pli explique bien la disposition "en éventail" de ces failles.

Effectivement la crête (qui s'écarte assez peu de la limite cartographique entre Tithonique et Berriasien) dessine, entre la Savoyarde et la Roche du Guet, un arc ouvert vers le nord, qui résulte de la torsion des couches par le synclinal des Aillons. Les pentes peu déclives de son revers nord-ouest délimitent, du fait du plongement vers le nord de l'axe de ce pli, une demi cuvette annulaire, qui héberge le village de La Thuile.

L'observation globale de la coupe naturelle que l'érosion nous donne ici de ce grand synclinal porte à constater que les plis mineurs qui affectent le Tithonique n'existent pas au niveau de l'Urgonien du coeur du synclinorium des Aillons : cette différence de comportement entre ces deux barres calcaires est une bonne illustration de la notion de dysharmonie de plissement.

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Le synclinal des Aillons, à l'extrémité sud-est du massif des Bauges, vus d'avion, du S-SW, depuis l'aplomb des Marches.
Cette vue met en évidence la dysharmonie entre les deux principaux niveaux calcaires du synclinal des Aillons : synclinal unique, simple, dans l' l'Urgonien (s.A) et multiples plis, accidentés de failles, dans le Tithonique.
ØM = chevauchement du Montgelas ; d.S = décrochement dextre du Sorplat (prolongement vraisemblable de celui de l'Alpette en Chartreuse).


Le versant sud de la Roche du Guet, qui tombe sur Montmélian, est en outre traversé à flanc de pente par une grande faille de décrochement dextre qui est comparable aux décrochements de Chartreuse. Ce décrochement du Sorplat prolonge très vraisemblablement le décrochement de l'Alpette su massif de la Chartreuse. On en perd le tracé dans les alluvions de la Combe de Savoie au nord-est de Cruet.

voir aussi la carte structurale schématique du secteur


cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Montmélian


légende des couleurs (nouvelle fenêtre)
Carte géologique très simplifiée
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

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