Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/bauges/_lieux/Savoyarde.html
La Savoyarde, Roche du Guet
|
L'extrémité sud-orientale
des Bauges
La crête qui va du rocher de La Savoyarde
à celui de la Roche du Guet est le promontoire le plus
méridional du massif des Bauges. C'est là que se
connectent le crêt* de Tithonique, orienté NNW-SSE
de la bordure méridionale de la Trouée de Chambéry
- Montmélian (qui forme le Montgelas, cf. page
Chignin), avec
celui, orienté NE-SW, du rebord subalpin de la Combe de
Savoie (lequel débute à la Roche du Guet).

même fenêtre
< image plus grande, muette >
nouvelle
fenêtre
L'extrémité sud-est du massif des Bauges
vue de l'ouest, depuis le rebord du plateau du Granier
s.A = synclinal des Aillons ; ØM
= chevauchement du Margériaz - Montgelas ; d.S =
décrochement du Sorplat ; d.M = décrochement
(hypothétique) de Montmélian.
Le promontoire méridional des Bauges, qui domine la ville
de Montmélian, est formé par un crêt de Tithonique,
arqué par un pli majeur, le synclinal des Aillons, dont
l'axe plonge vers le nord (vers la gauche). De ce fait les terrains
de plus en plus récente affleurent à tour de rôle,
dans cette direction, au coeur de ce pli. Au contraire les deux
zones déprimées qui convergent vers la droite autour
du promontoire montagneux sont ouvertes dans les terrains marneux
de la partie inférieure de la succession stratigraphique
(Terres Noires du Jurassique supérieur), qui appartiennent
aux flancs est et ouest du grand pli.
Le nom de La Savoyarde est justifié
par le profil de la falaise supérieure de la montagne,
où l'imagination porte à voir, depuis les abords
de Montmélian , celui d'une paysanne de Haute Tarentaise,
coiffée de la "frontière" (coiffe traditionnelle
dont les rubans descendent vers la nuque)

version
plus grande de cette image (nouvelle
fenêtre)
Le promontoire de l'extrémité sud-est
du massif des Bauges
vu du sud, depuis le Grésivaudan (depuis la zone industrielle
"Alpespace", soit à peu près à
la connexion des autoroutes A41 et A43).
(c'est sous cet angle que se dessine le profil d'une "Savoyarde"
regardant vers la gauche)..
On a, sous cet angle, une vue à peu près
dans l'axe du grand synclinal des Aillons, dont le fond se montre
affecté, au niveau du Jurassique supérieur, de multiples
structures de détail (voir les
commentaires interprétatifs en fin de page)
a.S = anticlinal de la Savoyarde ; a.rG = anticlinal
de la Roche du Guet ; s.M = synclinal de Manette ; a.R
= anticlinal de Rochefort.
f.S = faille de la Savoyarde ; f.T = faille du Tapin
: toutes les deux de même sens de rejet (lèvre est
surélevée) mais leur pendage est différent
(voir la coupe plus loin dans la page)
; f.rG = faille de la Roche du Guet ;
d.S = décrochement dextre du Sorplat : il passe
à flanc de pente en dessinant des V topographiques*.
On trouvera des vues plus rapprochées du
versant oriental du chaînon à la page Montmélian

même
fenêtre
< image plus grande >
nouvelle
fenêtre
Schéma interprétatif du cliché ci-dessus,
pris depuis les abords du pont de la D923 sur la A43.
(extrait de la publication
n° 027)
F1 = faille de la Savoyarde ; F2 = faille
du Tapin; d.S = décrochement du Sorplat
Les abrupts du versant méridional de
la crête, entaillés dans la succession de couches
du Jurassique supérieur, révèlent un assez
grand nombre de plis et de failles, tous orientés
à peu près N-S. Il s'agit seulement d'accidents
mineurs qui affectent la charnière du grand synclinal des
Aillons (et qui confèrent à ce grand pli le statut
de synclinorium).
La disposition des failles, toutes très orthogonales
aux couches du Tithonique, et la sinuosité de leur surface
de fracture laissent à penser qu'il s'agit en fait de cassures
extensives qui ont été déformées et
basculées lors de la formation du synclinal.
 |
figure
agrandissable
Croquis de détail des failles du versant sud
de la Roche du Guet
1 - Analyse détaillée :
On note la disposition en éventail ouvert vers le bas
du faisceau de failles ;
2 - Place de ces accidents par rapport au synclinal des Aillons.
Ce schéma montre que l'hypothèse de
l'antériorité des failles par rapport à
la formation de ce pli explique bien la disposition "en
éventail" de ces failles.
|
Effectivement la crête (qui s'écarte
assez peu de la limite cartographique entre Tithonique et Berriasien)
dessine, entre la Savoyarde et la Roche du Guet, un arc ouvert
vers le nord, qui résulte de la torsion des couches par
le synclinal des Aillons. Les pentes peu déclives
de son revers nord-ouest délimitent, du fait du plongement
vers le nord de l'axe de ce pli, une demi cuvette annulaire, qui
héberge le village de La Thuile.
L'observation globale de la coupe naturelle
que l'érosion nous donne ici de ce grand synclinal porte
à constater que les plis mineurs qui affectent le Tithonique
n'existent pas au niveau de l'Urgonien du coeur
du synclinorium des Aillons : cette différence de comportement
entre ces deux barres calcaires est une bonne illustration de
la notion de dysharmonie de plissement.

même fenêtre
< image plus grande, muette >
nouvelle
fenêtre
Le synclinal des Aillons, à l'extrémité
sud-est du massif des Bauges
vus d'avion, du S-SW, depuis l'aplomb des Marches.
Cette vue met en évidence la dysharmonie
entre les deux principaux niveaux calcaires du synclinal des Aillons
: synclinal unique, simple, dans l' l'Urgonien (s.A) et
multiples plis, accidentés de failles, dans le Tithonique.
ØM = chevauchement du Montgelas ; d.S =
décrochement dextre du Sorplat (prolongement vraisemblable
de celui de l'Alpette en Chartreuse).
Le versant sud de la Roche du Guet, qui tombe
sur Montmélian,
est en outre traversé à flanc de pente par une grande
faille de décrochement dextre qui est comparable aux décrochements
de Chartreuse. Ce décrochement du Sorplat prolonge
très vraisemblablement le décrochement de l'Alpette
su massif de la Chartreuse. On en perd le tracé dans les
alluvions de la Combe de Savoie au nord-est de Cruet

légende des couleurs
(nouvelle fenêtre)
Carte géologique très simplifiée
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication
n° 074
voir
aussi la carte structurale
schématique du secteur
cartes géologiques au
1/50.000° à consulter : feuille
Montmélian N.B. Les liens
entre parenthèses sont des raccourcis qui font perdre la
barre de boutons
Aller à la page
d'accueil du site