Rio Secco, Chaberton, Clavière |
L'entaille de la trouée du col du Montgenèvre en donne une coupe naturelle dans les pentes qui tombent sur le village de Clavière. Elle montre en premier lieu que les couches y sont ployées en un beau synclinal, fortement déversé vers l'Italie (vers l'est), dont les flancs sont ici pratiquement parallèles.

Sa position, paradoxale pour une unité inférieure à celle du Chaberton, puisque ce lambeau est maintenant posé en chapeau sur cette dernière, résulte du ploiement postérieur au charriage et du renversement général de la pile de nappes. Elle avait fait qualifier plaisamment cet affleurement de "fenêtre - klippe" par Marcel Lemoine (qui fut le premier a en donner l'interprétation actuelle).


On ne peut évidemment interpréter
cette structure complexe qu'en faisant appel, au moins, à
3 épisodes de déformation successifs :
- empilement de nappes (vraisemblablement par un déplacement
grossièrement d'est en ouest) ;
- ploiement des nappes ensemble et rétro-déversement
simultané (ou ultérieur) ;
- sectionnement par des failles extensives, juxtaposant finalement
des panneaux effondrés, les uns par rapport aux autres,
de plusieurs centaines de mètres.
Ce scénario est en fait commun à toute la partie
orientale de la région briançonnaise, que les unités
impliquées soient briançonnaises ou piémontaises.
image sensible au survol et au clic

Le versant italien du col du Montgenèvre, vu du sud-est, depuis le versant est de la Serra Giamassan
u.PE = unité piémontaises externe du Chaberton ; s.RC = synclinal des
Rochers Charniers ; f.rA (en rose) = Faille de la Rocca
d'Aiglière ; u.LN = unité du Lac Noir (ophiolites et leur couverture de Malm-Néocomien, en succession renversée) ; d.M = décrochement du Montgenèvre.
Du côté oriental (versant italien) du Chaberton l'épaisse succession de bancs de dolomie du flanc normal du synclinal des Rochers Charniers est tranchée par une importante cassure sub-verticale, la faille de la Rocca d'Aiglière. Cette faille met en contact ces couches avec les unités de schistes lustrés ligures et coupe aussi, du côté de ces dernières, la surface de charriage qui superpose les "roches vertes" de l'unité du Lac Noir aux épais schistes lustrés des pentes de la vallée de Cesane-Torinese (attribués au Crétacé supérieur).
On a souvent représenté, sur les schémas, ce contact entre le domaine piémontais externe et celui des schistes lustrés ligures comme un chevauchement (interprété comme ayant joué en "rétrocharriage"). Ce faisant on supposait qu'il était similaire à celui qui fait reposer, plus au sud, la succession piémontaise de Rochebrune sur l'unité ligure de Prafauchier et du Lac des Cordes.
C'est une interprétation qui ne correspond pas à la réalité géométrique et qui est sans doute fallacieuse, car l'unité du Lac Noir ne se poursuit pas au sud du décrochement de Cervières et est absente sous l'unité de Rochebrune : il est plus probable que cette unité du Lac Noir soit un terme élevé de l'empilement du matériel ligure qui, au même titre que l'unité du Chenaillet, ne s'est pas engagé sous le matériel piémontais externe mais a eu au contraire tendance à le recouvrir : de fait ce dernier apparaît en fenêtre, sous les ophiolites duChenaillet, à Gimont (voir la page "Chenaillet").
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Carte structurale schématique extrait de la carte d'ensemble du Briançonnais
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Carte géologique simplifiée
des alentours de Montgenèvre
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication n° 074
catalogue des autres cartes locales de la section Briançonnais
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général sur la stratigraphie
aperçu général sur la tectonique |
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