Rio Secco, Chaberton, Clavière

montagnes au nord-est du col de Montgenèvre

Le sommet du Chaberton, avec ses 3131 m d'altitude est une des plus hautes cimes du Briançonnais. Il est essentiellement formé de dolomies du Trias supérieur (Norien) appartenant à la partie inférieure de la succession stratigraphique du domaine Piémontais externe.

L'entaille de la trouée du col du Montgenèvre en donne une coupe naturelle dans les pentes qui tombent sur le village de Clavière. Elle montre en premier lieu que les couches y sont ployées en un beau synclinal, fortement déversé vers l'Italie (vers l'est), dont les flancs sont ici pratiquement parallèles.

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Le Chaberton vu du sud, depuis les pentes ouest du colle La Luna
ØP (en noir) = surface de chevauchement des unités piémontaises externes sur les écailles intermédiaires ; f.B (en rose) = faille des Baisses ; a.C = anticlinal du sommet du Chaberton, rompu par la faille précédente ; s.RC = synclinal des Rochers Charniers ; f.rA (en rose) = Faille de la Rocca d'Aiglière (accident subvertical, faisant buter le Norien du Piémontais externe contre les schistes lustrés ligures).
d.M = décrochement du Montgenèvre ; u.PE = unités piémontaises externes des Fournéous et du Chaberton


En outre les couches du sommet de la montagne ébauchent un anticlinal dont le coeur héberge un affleurement de micaschistes rapporté au système des "écailles intermédiaires", ultra-briançonnaises

Sa position, paradoxale pour une unité inférieure à celle du Chaberton, puisque ce lambeau est maintenant posé en chapeau sur cette dernière, résulte du ploiement postérieur au charriage et du renversement général de la pile de nappes. Elle avait fait qualifier plaisamment cet affleurement de "fenêtre - klippe" par Marcel Lemoine (qui fut le premier a en donner l'interprétation actuelle).


Le versant sud-ouest de la pyramide sommitale du Chaberton, vu des prairies du Gondran
ØP = chevauchement du Piémontais externe sur les "écailles intermédiaires".
L'affleurement de micaschistes du sommet se montre indubitablement logé au coeur de l'anticlinal couché du Chaberton (a.C).


Enfin il apparaît que le chaînon du Chaberton est délimité par deux cassures, à l'ouest celle du vallon des Baisses (anciennement dénommé Rio Secco) et à l'est celle de la Rocca d'Aiglière, qui coupent l'une et l'autre les replis qui affectent les couches. Il apparaît assez clairement que l'empilement de deux unités majeures que l'on trouve à l'ouest de la faille du Rio Secco, dans le chaînon du Chalvet - Lauzin est sensiblement équivalent de celui que l'on trouve du côté est, au sommet du Chaberton : Le rejet de la faille du Rio Secco est donc essentiellement un affaissement de la lèvre occidentale de cette cassure, abaissant de près de 800 mètres le flanc normal de l'anticlinal couché du Chaberton .


Le versant ouest du Chaberton et le vallon des Baisses (= Rio Secco) vus du sud, d'avion


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Le versant ouest du Chaberton et le vallon des Baisses (= Rio Secco) vus du sud, depuis les abords de la Collette Verte.
f.B (en rose) = faille des Baisses (on a symbolisé par un petit schéma la disposition de son plan de cassure, penté vers l'ouest).
u.PE = unités piémontaises externes des Fournéous (à l'endroit : partie gauche du cliché), du vallon des Baisses (renversée : centre) et du Chaberton (subverticale : partie droite du cliché) ; ØP (en bleu) = surface de chevauchement de ces unités.
éc.i = écailles intermédiaires, constituées de lames de micaschistes (mcs), de quartzites et de calcschistes du Malm - Néocomien (js-ci) ;
u.cF = unité briançonnaise du Clos des Fonds, entourée de cargneules : elle est "classiquement" interprétée comme pointant au coeur d'un anticlinal de nappes déversé vers l'est, dont la charnière du Chaberton serait la voûte (cf. coupe schématique de l'aperçu général).


On ne peut évidemment interpréter cette structure complexe qu'en faisant appel, au moins, à 3 épisodes de déformation successifs :
- empilement de nappes (vraisemblablement par un déplacement grossièrement d'est en ouest) ;
- ploiement des nappes ensemble et rétro-déversement simultané (ou ultérieur) ;
- sectionnement par des failles extensives, juxtaposant finalement des panneaux effondrés, les uns par rapport aux autres, de plusieurs centaines de mètres.
Ce scénario est en fait commun à toute la partie orientale de la région briançonnaise, que les unités impliquées soient briançonnaises ou piémontaises.

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Le versant italien du col du Montgenèvre, vu du sud-est, depuis le versant est de la Serra Giamassan
u.PE = unité piémontaises externe du Chaberton ; s.RC = synclinal des Rochers Charniers ; f.rA (en rose) = Faille de la Rocca d'Aiglière ; u.LN = unité du Lac Noir (ophiolites et leur couverture de Malm-Néocomien, en succession renversée) ; d.M = décrochement du Montgenèvre.


Du côté oriental (versant italien) du Chaberton l'épaisse succession de bancs de dolomie du flanc normal du synclinal des Rochers Charniers est tranchée par une importante cassure sub-verticale, la faille de la Rocca d'Aiglière. Cette faille met en contact ces couches avec les unités de schistes lustrés ligures et coupe aussi, du côté de ces dernières, la surface de charriage qui superpose les "roches vertes" de l'unité du Lac Noir aux épais schistes lustrés des pentes de la vallée de Cesane-Torinese (attribués au Crétacé supérieur).

On a souvent représenté, sur les schémas, ce contact entre le domaine piémontais externe et celui des schistes lustrés ligures comme un chevauchement (interprété comme ayant joué en "rétrocharriage"). Ce faisant on supposait qu'il était similaire à celui qui fait reposer, plus au sud, la succession piémontaise de Rochebrune sur l'unité ligure de Prafauchier et du Lac des Cordes.
C'est une interprétation qui ne correspond pas à la réalité géométrique et qui est sans doute fallacieuse, car l'unité du Lac Noir ne se poursuit pas au sud du décrochement de Cervières et est absente sous l'unité de Rochebrune : il est plus probable que cette unité du Lac Noir soit un terme élevé de l'empilement du matériel ligure qui, au même titre que l'unité du Chenaillet, ne s'est pas engagé sous le matériel piémontais externe mais a eu au contraire tendance à le recouvrir : de fait ce dernier apparaît en fenêtre, sous les ophiolites duChenaillet, à Gimont (voir la page "Chenaillet").


Carte structurale schématique
des confins orientaux du Briançonnais entre Névache et Briançon

extrait de la carte d'ensemble du Briançonnais

légende détaillée à la page "cartes du Briançonnais"

 

Carte géologique simplifiée des alentours de Montgenèvre
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
catalogue des autres cartes locales de la section Briançonnais


cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Briançon
aperçu général sur la stratigraphie du Briançonnais
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