Crête des Gardioles, Le Vallon (au nord de Névache)

montagnes de rive gauche de la Clarée entre Laval et Vallée Étroite

(page en cours de finition)

Au nord de Névache, la vallée de la Clarée est séparée de la Vallée Étroite par une dorsale montagneuse composée par deux crêtes parallèles orientées N-S, celle des Gardioles à l'ouest et à l'est celle, appelée ici "Crête du Vallon" qui court de La Paria à la Grande Chalanche. Ces crêtes jumelles sont séparées par le cours du Torrent du Vallon, qui se jette dans la Clarée juste en amont de Névache. Elles appartiennent à un même ensemble tectonique, qui est celui du revers oriental du grand anticlinorium briançonnais, mais sont fort dissemblables par leur relief et dans leur constitution stratigraphique.
image sensible au survol et au clic

Les montagnes entre Haute Clarée et Vallée Étroite, vues du sud (vue pseudo-aérienne obtenue au moyen de "Google-earth").
a.G = anticlinal de la Gardiole ; u.rG = unité de Roche Gauthier (couverture mésozoïque de la zone houillère) ; f.S, f.L = faille du Séru et son prolongement faille de Lenlon ; u.Mu = unité de la Muratière (lame permo-houillère renversée vers l'est) ; f.Cl = faille de La Clarée ; u.gB+u.B = unités calcaires reployées du chaînon des Rois Mages (unités de Gran Bagna et de Roche Bernaude).

A/ Montagne des Gardioles

La crête de la montagne et son versant occidental sont entièrement sculptés dans les formations sédimentaires houillères du coeur de l'anticlinorium briançonnais. La direction N-S de la crête est grossièrement parallèle aux axes des replis de cette grande structure tectonique et suit notamment d'assez près celui de sa charnière principale, déversée vers l'est. Le nom de cet anticlinal de la Gardiole fait d'ailleurs aussi référence au sommet, situé en rive droite de la Clarée au nord du col de Granon, qui porte ce même nom).

image sensible au survol et au clic

Les vallons des sources de la Clarée vus du NW d'avion.
a.G = anticlinal de la Gardiole. ; ac.D = accident des Drayères.
hm.sg = Houiller moyen schisto-gréseux ("formation du Chardonnet") ; hi.cg = Houiller inférieur conglomératique ("formation de Cristol").

Cette charnière majeure n'est toutefois pas spectaculairement observable et l'on ne parvient vraiment à la localiser qu'en se basant sur le fait que, selon que l'on se trouve dans l'un de ses flancs ou dans l'autre, ce sont des couches disposées à l'endroit, ou à l'envers, qui prédominent.


Coupes transversales à la haute vallée de la Clarée et à la crête des Gardioles
, par R. FABRE 1982 (présentation retouchée)

Dans les basses pentes, jusqu'aux chalets de Ricou, ainsi que sur la crête de la Cula en rive nord du vallon, ces derniers appartiennent à sa formation principale ("formation du Chardonnet", d'âge Namurien B à Westphallien A), ici pauvre en bancs volcaniques. Plus haut, depuis le Lac Laramon jusqu'au col des Gardioles les roches moutonnées du vallon du lac Serpent appartiennent à la formation inférieure, plus conglomératique, "de Cristol" (Namurien), dans laquelle est également sculptée la Crête des Gardioles.

Les alternances monotones de lits argilo-schisteux et de bancs de grès plus ou moins conglomératiques du Houiller ont un pendage d'ensemble qui est assez proche de celui des pentes des Gardioles, ce qui explique leur large surface d'affleurement sur ce versant. Mais elles montrent, dans le détail, de multiples changement d'attitude qui résultent de leur déformation en plis parasites*, greffés sur le flanc normal de l'anticlinal majeur (de la Gardiole). Les deux thalwegs du versant ouest de la crête principale, celui des Gardioles proprement dit et celui des lacs Serpent et Laramon, recoupent presque orthogonalement ces multiples plis secondaires, dont les charnières restent toutefois difficiles à observer car l'érosion ne les dissèque que rarement d'une façon favorable.


Charnière d'un anticlinal déversé vers l'est affectant un gros banc de grès à conglomérats dont le toit est dénudé par l'érosion des schistes qui l'enveloppent ; formation conglomératique inférieure.
Lieu-dit "Les Gardioles", alt.2680, sur le chemin montant au Pic du Lac Blanc par son versant ouest.
Noter la prédominance des schistes ("formation du Chardonnet") dans le paysage d'arrière-plan à la crête de la Cula.


Le même pli (qui fait penser à une grosse baleine) vu orthogonalement à son axe : (cliché original obligeamment communiqué par M. Serge GIDON).
(deux personnages donnent l'échelle, en bas à gauche). Il est plausible que cette charnière soit celle de l'anticlinal majeur de la Gardiole.


Il est assez remarquable, par ailleurs, que l'on y observe, d'ouest en est et du bas en haut des pentes, une tendance de ces plis à être de plus en plus couchés vers l'est. Cela traduit sans doute simplement l'inflexion progressive du flanc occidental du pli majeur qu'est l'anticlinal des Gardioles.
image sensible au survol et au clic

Coupe de détail montrant la disposition des couches et le déversement des plis ("A5", "S5") qui s'accentue vers le haut du versant, par R. FABRE 1982.

La charnière majeure de l'anticlinal de la Gardiole doit passer sensiblement le long de la crête, plutôt sur son flanc ouest car nulle part elle n'est observable aux alentours de la ligne faîtière ; quoi qu'il en soit sur le versant est de la crête, ainsi que vers le nord, au Pic du Lac Blanc, ce sont de nouveau les couches de la formation du Chardonnet qui affleurent et leurs polarités sédimentologique montrent qu'elles sont là en position de flanc inverse par rapport à ce grand pli.

image sensible au survol et au clic

La crête de la Gardiole, vue du nord de l'antécime 2935 du Pic du Lac Blanc (cliché original obligeamment communiqué par Mme Nadine Gidon).

B/ Le Vallon

Du côté oriental de la crête des Gardioles le torrent du Vallon a tracé son lit en suivant la limite entre les formations siliceuses de sa rive droite (occidentale) et celles calcaréo-dolomitiques de sa rive gauche (c'est donc une "combe monoclinale"*). C'est ce que montre parfaitement la coupe naturelle de son extrémité septentrionale, au col du Vallon (vue suivante), grâce au fait que la succession clairement stratigraphique des couches y est tranchée orthogonalement par la crête secondaire, E-W, qui va des Tours du Vallon au Rocher Blanc et au Pic du Lac Blanc (voir aussi la page "Thabor sud").

image sensible au survol et au clic

Le col du Vallon, vu du nord, depuis le Clot Sauvage.
Sur cette vue plus rapprochée on a détaillé la succession stratigraphique continue de l'unité du Vallon (qui est de type briançonnais "classique"). Cette disposition des couches, proche de la verticale, correspond au flanc ouest du synclinal du Thabor.

On y voit cependant mal que, comme plus au nord, au Mont Thabor, les quartzites triasiques sont séparés des calcaires triasiques par une assez forte épaisseur de gypses et cargneules d'âge werfénien qui sont cachés par le cailloutis quaternaires mais affleurent largement au sud du col dans le ravin de Saume Longue (voir plus loin).
image sensible au survol et au clic

Le Lac Blanc et le Col du Vallon, vus du SW depuis l'épaule 2935 du Pic du Lac Blanc (cliché original obligeamment communiqué par Mme Nadine Gidon).
ØRb = chevauchement renversé du Rocher Blanc ; ØE = chevauchement de l'Enfourant.

Plus à l'ouest la coupe se poursuit par la crête du Lac Blanc où l'on voit que les couches réduisent leur pendage et deviennent donc renversées de plus en plus fortement : on assiste là à leur basculement avec le flanc oriental de l'anticlinal des Gardioles, là où il s'enchaine avec le flanc ouest du synclinal du Thabor (voir la page "Thabor sud"). Mais il est notable que ce renversement ne va jamais, tout du long de ce flanc de pli, sans dépasser les 45°: ces plis majeurs ne doivent donc pas être qualifiés de plis couchés mais sont seulement de plis déjetés vers l'est.

image sensible au survol et au clic

Le col et les Tours du Vallon, vus de l'ouest depuis le col des Gardioles.
u.E = unité de l'Enfourant ; u.gC = unité de la Grande Chalanche (couverture mésozoïque de la zone houillère).
Au sud du piton 2711 le chevauchement secondaire de l'Enfourant ne traverse plus la crête : il n'est visible que sur son versant oriental.

Vers le sud, dès le revers du col du Vallon, l'érosion dégage ce pli plus profondément et laisse voir le dessin de la charnière synclinale : celà se manifeste par d'assez larges affleurements de gypses, ce qui est simplement dû à ce que ces derniers s'y sont accumulé par le phénomène de migration des niveaux particulièrement déformables en direction des charnières de plis (ce que l'on appelle parfois le "bourrage" des charnière).

La crête calcaire qui court parallélement au vallon et qui le sépare des pentes des Thures que draine la Vallée Étroite représente simplement la couverture calcaire mésozoïque de la retombée orientale de l'anticlinal des Gardioles.

image sensible au survol et au clic

La partie moyenne du Vallon et sa crête orientale, vus du NW depuis l'épaule 2935 du Pic du Lac Blanc (cliché original obligeamment communiqué par Mme Nadine Gidon).
s.sR = synclinal couché du Sommet Rond ; s.T = synclinal du Thabor ; d.E = décrochement de l'Étroit du Vallon ; f.Rp = faille de Roche Pertuse.
Noter la charnière synclinale déversée vers l'est que dessinent les dalles structurales sous la falaise culminante du Sommet Rond (il lui doit sans doute son nom ...). Elle n'est autre que celle du cœur du synclinal du Thabor au niveau des calcaires triasiques (alors que son fond est dessiné par les quartzites de La Saume Longue).
On peut sans doute considérer que la succession renversée de la Charmette correspond au flanc inverse du synclinal du Thabor, abaissé par la faille de Roche Pertuse. .

Aux abords du confluent des ravins de Saume Longue et du Lac du Chatelard, ce sont les quartzites triasiques de la charnière synclinale qui sont dénudés : ils garnissent assez largement les pentes de la rive droite du Vallon, à la faveur de l'augmentation de leur pendage qui atteint la verticalité à mi-pente.

image sensible au survol et au clic

Le bas du Vallon et le versant oriental de la Crête des Gardioles. (cliché original obligeamment communiqué par M. Serge GIDON).
"gl.r" = glacier rocheux ; s.G = repli synclinal de La Gueyta.


Plus au sud, au niveau des chalets du Vallon et de l'Aupette, les quartzites laissent réapparaître à flanc du versant une langue de schistes houillers : ceci est dû à la présence, au flanc est de ce grand anticlinal, d'un repli déversé vers l'est. Cet accident s'amplifie vers le sud au point que, plus àl'ouest dans le versant, les quartzites sont pincés en un synclinal que l'érosion a respecté et mis en saillie à la Crête de la Gueyta (voir aussi la page "Névache").

image sensible au survol et au clic

Le débouché aval du Vallon, vu du sud depuis le vallon de Cristol (cliché original obligeamment communiqué par M. S.Gidon).
a.G
= anticlinal des Gardioles ; s.T = synclinal du Thabor ; s.Gt = repli synclinal de Gueyta ; dE = décrochement de l'Étroit ; f.Rp = faille de Roche Pertuse.
"gl.r" = glacier rocheux et moraines de névé ; "hi.cg" = houiller inférieur, conglomératique ; "hm.s" houiller moyen, schisteux.



aperçu général sur la stratigraphie du Briançonnais
aperçu général sur la tectonique du Briançonnais


Carte géologique simplifiée des montagnes entre Névache et Bardonecchia
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Névache

Les Béraudes

Les Muandes

Thabor sud
Cassille, Queyrelin

LOCALITÉS VOISINES

Crête du Vallon

Tête Noire

Névache

col de l'Échelle
N.B. Les localités entre parenthèses appartiennent à une autre section du site et leur page s'ouvrira avec l'en-tête correspondant.

 accueil section Briançonnais

début de la page
"Gardioles"

sommaire de GEOL_ALP

Aller à la page d'accueil du site
Dernières retouches apportées à cette page le 7/08/22