LES ROCHES DE CHARTREUSE
Ces couches forment une succession assez monotone
de bancs décimétriques à joints marneux alternant
avec des niveaux marneux décamétriques.
En Chartreuse orientale elles passent vers le haut, par une transition
d'une cinquantaine de mètres, aux Marnes de Narbonne.
En Chartreuse occidentale ils passent au contraire très
transitionnellement, sur plusieurs centaines de mètres,
par des alternances de faisceaux calcaires et de lits de marnes,
aux Calcaires du Fontanil (pour le détail de cette transition
se reporter à la page consacrée
à cette dernière formation).
Les bancs les plus marneux de ces couches, dont la teneur est plus ou moins riche en calcaire, sont mélangés pour la cuisson du ciment "artificiel".

La partie inférieure du Berriasien est formée, sur une cinquantaine de mètres, de "couches à ciment naturel" (c'est à dire ne nécessitant pas de correction de leur proportion d'argile et de calcaire). Ces couches furent exploitées dans les carrières souterraines de la Porte de France et dans celles (à l'air libre) de Sautaret près de Voreppe et de Montagnole près de Chambéry. Elles sont encore exploitées dans les carrières souterraines de l'Orcière dans la vallée du Guiers Mort.
Ces dernières assises sont facilement déblayés par l'érosion et, de ce fait, le passage des couches du Jurassique à celles du Crétacé se fait par une rupture de pente nette, où l'on observe même parfois que le sommet des bancs jurassiques est dénudé plus ou moins largement, en une "dalle structurale".
Souvent aussi les premiers bancs du Berriasien
montrent les traces de glissements sous-marins qui ont disloqué
les couches soit en les étirant et en les rompant (carrière
de Sautaret), soit en les faisant glisser et basculer (route de
Saint-Pancrasse). On qualifie ce type de phénomènes
de "slumping". Ils témoignent d'une certaine
instabilité des fonds marins à cette époque.

