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vallée du Guiers Vif entre Les
Sermes et Le Châtelard de Berland
A l'ouest des Sermes la vallée du Guiers
coupe rapidement le coeur du synclinal des Égaux, représenté
notamment par les affleurements de Sénonien qu'entaille
la route D.520c avant de franchir le pont sur le Riou Brigoud
(au niveau de la route le Miocène est masqué sous
des glissements de matériel morainique).
Puis elle pénètre dans le flanc
oriental de l'anticlinal occidental par une gorge de plus en plus
profonde qui ne pénètre que lentement vers le bas
dans la succession stratigraphique. Il n'y a, là encore,
aucun accident tectonique qui ait dirigé son cours
ou qui puisse expliquer le choix de l'emplacement de son tracé.
La longueur de cette gorge est due à ce que le tracé
du thalweg n'est que faiblement oblique à l'azimut des
couches (comme si la rivière avait cherché à
contourner l'obstacle de cette dalle urgonienne). L'orientation
de ce tracé est également cause de ce que, en rive
gauche, la route traverse l'urgonien du flanc ouest du synclinal
par un long trajet à flanc, en partie sur des dalles structurales.
Au contraire la vue sur les pentes de la rive opposée montre
que le coeur miocène du synclinal s'y développe
largement.

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fenêtre
Le Grand Frou vu de l'ouest (d'aval)
Le torrent entaille profondément la barre urgonienne,
inclinée vers l'amont. On peut voir que les couches se
continuent parfaitement d'une rive à l'autre, sans aucun
décalage (l'entaille du torrent n'est donc guidée
par aucun accident tectonique). Le canyon du Guiers se trouve
à la pointe orientale du V topographique que dessine la
ligne de falaise en passant d'une rive à l'autre.
On distingue en arrière-plan le promontoire de la Roche
Veyrand, qui appartient au crêt urgonien du flanc oriental
de l'anticlinal médian (on mesure la dénivellation
introduite par le plissement et le chevauchement de la Chartreuse
médiane entre ces deux barres rocheuses homologues).

Coupe le long de la D.520 c entre Berland et les Sermes
Au Grand Frou
le Guiers Vif s'échappe de cette gorge en pénétrant
dans l'Hauterivien sous-jacent, où son cours devient (bien
sûr) brutalement moins encaissé.

Marnes à miches de l'Hauterivien
dans le coude de la route, à l'entrée aval de l'encorbellement
du Grand Frou.
affleurement très typique montrant bien la fragmentation
en boules des bancs calcaires. On récolte aisément
des oursins (Toxaster), tout dégagés, dans les éboulis
descendant de l'entaille de la route.
La gorge recoupe là, par une profonde
entaille, l'abrupt ouest du crêt d'Urgonien qui s'abaisse,
en rive gauche, depuis les Rochers du Frou. A cette occasion la
ligne de falaises décrit un "V topographique"
fortement saillant vers l'est, pour se raccorder, en rive droite
au crêt symétrique des Égaux (d'une rive à
l'autre il n'y a aucun changement de pendage mais la falaise de
rive droite s'élève beaucoup moins vite, parce que
son tracé est plus proche de celui de l'azimut des couches).
Depuis le Frou la route traverse, dans le sens
stratigraphiquement descendant, le flanc oriental de l'anticlinal
occidental, jusqu'aux calcaires du Fontanil qui affleurent le
long de la route jusqu'à l'orée d'une prairie. Au
delà elle contourne par un tournant saillant vers le nord
un éperon rocheux au revers ouest duquel s'appuie le hameau
du Châtelard
Cet éperon, formé d'Urgonien
vertical (et flanqué du côté ouest par les
calcaires bicolores des couches à Orbitolines), appartient
au flanc oriental du synclinal de Couz - Berland. Son revers oriental
épouse pratiquement la surface du chevauchement de la Chartreuse
occidentale (= "chevauchement de Voreppe"), dont c'est
ici l'ultime tracé en allant vers le nord.

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Coupes des deux rives du Guiers Vif
dans le secteur du Frou.
La comparaison de la coupe de rive gauche à celle de rive
droite montre comment on passe d'un pli rompu par chevauchement
à un simple pli dissymétrique "en genou"
En effet la belle coupe naturelle de la rive
droite du Guiers Vif montre la charnière, non rompue, de
l'anticlinal des Égaux (extrémité septentrionale
de l'anticlinal occidental). Sur cette rive, très peu au
nord du thalweg de la rivière que le chevauchement de Voreppe
n'affecte plus le flanc ouest de ce pli : cette cassure s'amortit
là, par réduction à zéro de son rejet
chevauchant (qui croît au contraire vers le sud jusqu' à
la trouée de l'Isère).

version plus
grande, muette, de cette image
La coupe naturelle de la rive droite du Guiers
Vif
vue du sud, d'enfilade, depuis la Pointe du Grand Frou.
Le sillon molassique de Couz est partagé en
deux bandes (chacune garnie de prairies) par une échine
rocheuse à ossature d'Urgonien. Ce mont* jurassien est
celui de l'anticlinal des Égaux, qui correspond à
l'extrémité septentrionale du domaine chartreux
occidental. Il s'efface en direction du nord en plongeant vers
le coeur du synclinal à la latitude de Saint-Jean de Couz.

version
plus grande de cette image
L'anticlinal des Égaux en rive droite de la gorge
du Guiers Vif
vu de la route D520c, depuis le pré situé en amont
du verrou rocheux du Châtelard (aire de retournement des
véhicules longs)
Il s'agit d'un pli déjeté, dissymétrique,
"en genou". Son flanc ouest est certes plus incliné
que son flanc oriental mais il ne montre aucune tendance à
se renverser pour amorcer une rupture en pli-faille.
La charnière montre, dans l'Urgonien inférieur,
des dislocations mineures (chevauchements dysharmoniques*) qui
sont représentées dans le schéma ci-après
:
Ce chevauchement secondaire résulte visiblement
d'un décollement, au sein même de la masse inférieure
urgonienne, et du glissement vers l'ouest (vers la gauche) de
la tranche supérieure de la succession stratigraphique.
Le processus expliquant sa formation est probablement analogue
à celui invoqué pour expliquer les accidents dysharmoniques
de Pont-Saint-Martin,
qui s'observent, à peine 2 kilomètres plus à
l'ouest, le long de la faille du Mont Beauvoir.

Coupe le long de la D.520 c entre Berland et les Sermes
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Carte géologique simplifiée
du cours aval du Guiers Vif.
(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°)
carte cliquer sur les imagettes
Légende
|
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Ce secteur est visité par les itinéraires
du fascicule
n°1I 
carte géologique au 1/50.000° à consulter
: feuille Montmélian
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