Précisions sur la stratigraphie du Tithonique du Châtel |
La barre du Tithonique qui ceinture la montagne du Châtel en est un trait remarquable et son analyse un peu plus détaillée n'est pas dénuée d'intérêt. Elle montre d'abord que cette barre est formée par une succession de trois gros bancs d'épaisseur plurimétrique, séparés par des volées de bancs plus petits, de 10 à 40 cm d'épaisseur.
image sensible au survol et au clic

Le sommet du Châtel vu du sud, depuis l'Aiguille de Bachillianne.
On est frappé par la grande simplicité
tectonique de ce sommet, qui est une simple butte témoin*
de Jurassique supérieur, se profilant devant une zone où
les terrains de cet âge ont été érodés
(il s'agit du tronçon E-W de la vallée du Drac et
du chaînon du Sénépy).
Il s'avère ensuite que ces gros bancs varient beaucoup d'épaisseur et s'effilent latéralement, de sorte qu'il correspondent en fait à des lentilles peu épaisses en regard de leur largeur. Localement certains de ces bancs peuvent d'ailleurs venir en coalescence avec la marge d'un autre et/ou se souder à lui pour former un banc encore plus épais (voir cliché ci-après).
On retiendra donc que, si l'existence de ces faisceaux de bancs est un bon caractère de reconnaissance du Tithonique, il n'est pas possible de prendre chacun d'entre eux, individuellement, comme un niveau repère. En effet leur continuité latérale est limitée et, à quelque distance de là, on a toutes chances, en croyant en reconnaître un, de le confondre avec un autre d'âge quelque peu différent.
image sensible au survol et au clic

Le versant ouest du sommet du Châtel vu de l'ouest, depuis le hameau de Menglas (à l'est de
Mens)
On voit là la face opposée de celle visible
sur le cliché précédent et, grâce à
la perspective peu déformante due à un point de
vue suffisamment lointain, l'on peut y suivre les gros bancs du
Tithonique.
On remarque que, malgré leur belle continuité, ces
bancs présentent des variations d'épaisseur qui
vont jusqu'à l'effilement (banc supérieur, D, et
moyen, B+C, en 1) et se révèlent formés de
la coalescence de bancs qui sont distincts au-delà (bancs
B et C en 2).

Base du gros bancs moyen (B) le long de la vire que suit le sentier du versant ouest pour
franchir les escarpements, un peu plus au nord que le cliché précédent.
La base du gros bancs repose ici sur des bancs pélagiques
normaux qui ont été rebroussés et renversés
par le passage de la boue caillouteuse. La disposition du rouleau
ainsi formé indique le sens de déplacement de la
coulée de cailloutis : elle venait de droite, c'est-à-dire
sensiblement d'est en ouest.
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