sommet et pentes orientales de l'Obiou |
étymologies probables: "lo Baou" (= le sommet rocheux, cf. Les Baux
de Provence, d'après Paul-Louis Rousset) ; |
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Du côté oriental le sommet de l'Obiou apparaît comme une splendide étrave s'avançant en promontoire vers le nord au dessus du sillon subalpin. En fait il est situé sur une crête secondaire, E-W, qui se détache de l'arête principale, N-S, du chaînon qui limite du côté ouest la dépression centrale du Dévoluy de celle du Trièves. |
| L'Obiou, versant nord-est vu depuis la Croix de la Pigne (vallée du Drac). |
Le sommet de la Grande Tête de l'Obiou (2789 m) lui-même et la crête de
Rattier, qui prolonge cet éperon rocheux plus de 1 km vers le nord,
sont entièrement formés par les calcaires du Sénonien.
Plus au nord, à partir de l'Aiguille de Bachillianne, la crête du chaînon
a décapé la chape sénonienne et se sculpte alors, de façon moins acérée, dans son soubassement, formé par le Crétacé
inférieur et surtout les calcaires de la barre Tithonique (voir les pages "Châtel" et "Cordéac").
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Le versant oriental du chaînon de l'Obiou et l'extrémité nord de la dépression occidentale du Dévoluy
vus du sommet du Gargas (La Salette).
s.sD = synclinal N-S de Saint-Disdier (vu pratiquement à 90° de son axe) ; s0 = pendage des couches sénoniennes du chaînon de l'Obiou ; s.C = synclinal NE-SW des Chalances (vu pratiquement selon son axe).

Les vues rapprochées
de la montagne montrent combien la structure de ses crêtes
sommitales est simple, pratiquement monoclinale, avec un pendage modéré de toutes les couches. Ce pendage est celui du flanc ouest du synclinal de Saint-Disdier, dont l'Obiou ne représente finalement qu'un fragment (en forme de volet* isolé par l'érosion). C'est pourquoi les falaises de l'Obiou s'abaissent progressivement vers le sud-est de façon continue, en dépit des incisions capricieuses de l'érosion, jusqu'au niveau du lit de la Souloise (voir la page "Basse Souloise" ).
Toutefois, à l'Obiou l'inclinaison des couches n'est plus orientée vers l'est, comme au sud de Saint-Disdier, mais franchement vers le sud-est : cette inflexion d'azimut est due au relèvement axial vers le nord qui affecte ici le pli (ce qui se traduit également par un surhaussement progressif, du sud vers le nord, des couches du soubassement anté-sénonien).
Cette remontée générale des couches, parallèlement à celle de l'axe du synclinal, est, bien sûr, la cause essentielle de la disparition des couches sénoniennes en direction du nord. C'est un mouvement d'échelle régionale, qui se poursuit jusqu'à La Mure, où il se manifeste par la mise au jour du Jurassique inférieur au cœur du synclinal (qui correspond là à l'hémigraben de la Matheysine) et au delà, avec la surrection du socle cristallin de Belledonne à partir de la vallée de la Romanche. Il se manifeste aussi plus à l'ouest, où l'anticlinal du "dôme de la Mure", qui borde la Matheysine du côté ouest, s'ennoie vers le sud dans le Jurassique moyen de l'anticlinal de Saint-Jean d'Hérans, puis sous les Terres Noires de la dépression anticlinale du Trièves oriental.

Le versant est des crètes sommitales de l'Obiou
vu de l'est, depuis le sommet de Côte Rouge (montagnes du Beaumont).
L'éperon nord du sommet sépare deux petits cirques qui ont dû hénerger des appareils glaciaires locaux mais qui sont maintenant exclusivement tapissés d'éboulis. Sa hauteur totale est de 700 m, ce qui représente à peu près l'épaisseur totale de la formation des calcaires sénoniens à cet endroit.
On y distingue bien le pendage vers l'avant gauche (c'est-à-dire vers
le sud-est) de toutes les couches.

Le petit plateau sommital qui couronne l'entablement des bancs du sommet est formé par un banc de conglomérats qui représente le niveau le plus récent du Sénonien (voir la page "faciès du Sénonien"). Ces couches s'observent en effet ailleurs sous les premières couches du tertiaire ; elles se sont formées par dislocation et resédimentation sur place, pendant l'émersion du Sénonien terminal.

Cette vue montre, en arrière-plan, le rebord septentrional de la dalle
sénonienne qui cerne la cuvette du Dévoluy (voir la page"Sambut").
Les falaises septentrionales du Pic Pierroux semblent prolonger celle du sommet de l'Obiou, ce qui est illusoire. Mais cela montre que les unes
et les autres gagnaient en altitude de façon similaire vers la gauche, c'est-à-dire vers le nord. Ce relèvement
des couches vers le nord les exposait de plus en plus à l'érosion, alors qu'elles ont été conservées plus au sud, où elles s'abaissaient en cernant la cuvette du Dévoluy.
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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