Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/devoluy/lieux_devoluy/st_disdier.html
en cliquant ci-dessus la page s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre, sans barre de boutons et avec son titre correct, à partir de laquelle il sera aisé de créer un bookmark.

Saint-Disdier-en-Dévoluy

partie nord de la dépression occidentale du Dévoluy

Le village de Saint-Disdier-en-Dévoluy est situé au confluent des vallées de la Souloise et de la Ribière (qui descend du col du Festre et d'Agnières), au pied des pentes qui descendent des crêtes méridionales du chaînon de l'Obiou. On est là à la partie basse du flanc ouest du synclinal occidental du Dévoluy (synclinal de Saint-Disdier) , presque à l'extrémité septentrionale de la dépression interne du Dévoluy, ouverte au cœur de ce synclinal, à l'endroit où cette dépression synclinale se vide de son coeur nummulitique, du fait d'une remontée des axes de plis vers le nord.


version plus grande, muette, de cette image
Le versant est du chaînon de l'Obiou
vu du sud-est, d'avion, depuis l'aplomb du col Rabou (Saint-Disdier se situe à peu près à l'emplacement du mot "Souloise").

La puissante dalle des calcaires sénoniens plonge vers l'observateur (vers l'est), un peu plus fortement que la surface topographique, de sorte qu'elle est recouverte par le Nummulitique dans les pentes de la vallée d'Agnières (dont le fond est caché derrière le Puy de Rioupes), jusqu'à Saint-Disdier.
Les vallons de Truchière, des Narrites et du Mas sont autant d'anciens cirques glaciaires, abandonnés à la fin du retrait de la glaciation würmienne.



version plus grande, muette, de cette image


La Mère-Église, devant le versant est du chaînon de l'Obiou
vue prise de l'est, depuis les pentes de rive droite de la Souloise, au dessus de Saint-Disdier.

Le vallon du Mas est vu d'enfilade, ce qui montre bien ses caractéristiques (profil en U, ombilic correspondant à l'extrémité de la langue glaciaire). Ces traits de relief démontrent qu'il a été aménagé par la présence d'un glacier de cirque, descendant vers l'est à peu près selon la pente des couches sénoniennes (voir plus de détails à la page "reliefs glaciaires").
La pente douce, plus colonisée par la végétation, en aval du verrou correspond à la dalle de calcaires nummulitiques du flanc ouest du synclinal de Saint-Disdier.


Les plus basses de ces couches nummulitiques , c'est-à-dire les calcaires basaux à Nummulites sont masqués, au village même, par des alluvions glaciaires, mais on les voit affleurer immédiatement en aval, entre les deux ponts que la D.937 utilisait (avant rectification) pour traverser la Souloise.

En amont du village, sur la rive gauche de la vallée d'Agnières (torrent de la Ribière) les premières couches tertiaires sont par contre constituées par les Grès de Saint-Disdier, de type molassique*, qui reposent directement, en faible discordance* sur les calcaires sénoniens.


Grès de Saint-Disdier
: faciès sableux à forts litages obliques
D.937, au sud de Saint-Disdier, en aval de l'embranchement de la route du Grand Villard.



Grès de Saint-Disdier : Bancs de grès durs, de teinte gris-verdâtre, intercalés de lits de marnes rubescentes
D.937, 1,5 km au sud de Saint-Disdier.

Par ailleurs la succession nummulitique montre, aux environs de Saint-Disdier, de rapides variations latérales (notamment d'est en ouest) dont l'analyse montre qu'elles sont liées au fait que l'on se trouve là à proximité des rivages de la mer de l'époque.

Les grès de Saint-Disdier, d'abord verdâtres, passent vers le haut au faciès "molasse rouge" (faciès à affinités continentales) en s'intriquant entre des lits de marnes de plus en plus rougeâtres. En allant vers l'est (Gicon et vallon des Queyras) ces grès disparaissent et font place à d'épais marno-calcaires nummulitiques marins qui prennent vers le haut un faciès de flysch très marneux à petits bancs de grès (faciès à affinités marines).


Marnes nummulitiques, au cœur du synclinal de Saint-Disdier
pentes au sud du village du Gicon, vues de l'ouest depuis les environs de Saint-Disdier en Dévoluy.

Ces marnes à petits bancs de grès rougeâtres représentent un faciès de passage entre les vraies molasses rouges qui recouvrent les grès verts "de Saint-Disdier" et les marnes à globigérines du flysch nummulitique, qui surmontent les calcaires nummulitiques dans les environs de Saint-Étienne (et dans le massif du Pelvoux)



même fenêtre < image plus grande, muette > nouvelle fenêtre
L'extrémité septentrionale du grand synclinal médian du Dévoluy
vue du sud-ouest, depuis le vallon de Charnier.

s.sD = synclinal de Saint-Disdier - Agnières ; a.G = anticlinal du Gicon ; f.pB = faille de Pierre Baisse ; s.A = synclinal de l'Aup ; Øm = chevauchement médian du Dévoluy ; LA = linéament d'Aspres-les-Corps.
On distingue à l'arrière-plan les crêtes du Pelvoux, traversées par la grande cassure N-S du linéament d'Aspres, qui se connecte, au pied nord du Pic Pierroux, au chevauchement médian du Dévoluy.

Ng = grès de Saint-Disdier ; Nbr = brèches et conglomérats du Pic Pierroux et du Pic Grillon.

Coupe simplifiée de l'extrémité NE du Dévoluy

par M.GIDON (extrait de la légende de la carte au 1/50.000° Saint-Bonnet)
légende des couleurs

En amont de Saint-Disdier l'affluent de rive gauche de la Souloise, La Ribière (qui descend d'Agnières) a inscrit son cours dans l'axe des strates de grès de Saint-Disdier du flanc ouest du synclinal de Saint-Disdier - Agnières.
Par contre la Souloise elle-même a un tracé oblique au structures et traverse obliquement les plis successifs, en profitant de l'ensellement* qu'y présente l'anticlinal Gicon - Bure. Grâce à cela et au redoublement de succession occasionné par le chevauchement du Gicon, son tracé ne montre que des affleurements du Nummulitique (appartenant, à vrai dire, à différents niveaux suivant les points ...).


version plus grande, muette, de cette image
L'extrémité méridionale de la montagne du Gicon
vue prise du sud, depuis la route D 117, en rive gauche de la Souloise, 1,5 km au sud de Saint-Disdier.

Le plongement axial des plis, en direction du sud, est tel qu'en amont de Saint-Disdier le creusement du cours de la Souloise n'est pas descendu plus bas que les marno-calcaires (ici particulièrement épais) de la voûte de l'anticlinal du Gicon.
On voit, dans le versant occidental de la montagne, que les couches du flysch marneux (faciès propre au Dévoluy oriental), reposent en chevauchement (Ø) sur les grès verts et rouges de Saint-Disdier (qui sont leur équivalent chronostratigraphique en Dévoluy occidental)
f.PB = faille de Pierre Baisse (il s'agit d'une cassure synsédimentaire mineure, orientée NW-SE, qui est cachetée* par les marno-calcaires nummulitiques).
sSD = synclinal de Saint-Disdier - Agnières ; aG = anticlinal du Gicon

En aval du village de Saint-Disdier, la Souloise suit un tracé parallèle à celui de la charnière du synclinal de Saint-Disdier - Agnières, qui passe un peu plus à l'est, entre les hameaux de Bas et Haut Gicon et entre les deux Brèchons. Pour s'échapper, vers le nord, de la dépression interne du Dévoluy, la rivière a entaillé la barrière des calcaires du Sénonien par une profonde gorge qui est spectaculaire par la verticalité de ses abrupts. On y distingue aisément les lits de silex caractéristiques du Sénonien, inclinés vers l'amont. Ils soulignent le fait que les couches prennent ici un pendage vers le sud, ce qui résulte du relèvement vers le nord de l'axe du synclinal d'Agnières - Saint-Étienne.


version plus grande, muette, de cette image
La barrière du Dévoluy occidental et le débouché de la vallée de la Souloise
vus d'avion, du nord, depuis l'aplomb de la retenue du Sautet

s.A = synclinal d'Agnières : tout le chaînon du Grand Ferrand n'est constitué que par la puissante dalle de Sénonien du flanc ouest de ce synclinal.
L'axe du pli est incliné vers le nord entre le col du Festre et Saint-Disdier, mais il bascule au contraire vers le sud, en aval de ce village, là où la Souloise a dû percer en gorges le Sénonien (d'ailleurs aminci par une érosion anté-Nummulitique), peu à l'ouest de l'axe du pli, pour pouvoir s'en échapper.

À la sortie aval des gorges de la Souloise les eaux qui ont circulé dans les réseau de grottes des calcaires sénoniens ressortent dans le lit de la rivière aux sources des Gillardes. La localisation de ces résurgences correspond à la fois au point le plus bas du fond du synclinal de Saint-Disdier et au retour à l'affleurement du soubassement plus imperméable, formé de calcaires argileux et de marnes de l'Hauterivien-Valanginien, sous la nappe d'éboulis qui garnit le pied des falaises.


 Carte géologique simplifiée du Dévoluy médian
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074

carte cliquer sur les imagettes Légende

cartes géologiques à 1/50.000° (*) à consulter : feuille Saint-Bonnet

Obiou est

Pellafol
Gicon
Grand Ferrand LOCALITÉS VOISINES Faraut
Aig. de Lus

Agnières

Saint-Étienne
L'accès aux localités entre parenthèses (= qui appartiennent à une autre section du site) fait perdre la barre de boutons ; pour éviter cet inconvénient retrouvez la page désirée en passant par la page d'accueil de la section correspondante.

 accueil section Dévoluy

début de la page

sommaire de GEOL_ALP
Aller à la page d'accueil du site
Dernières retouches apportées à cette page le 8/04/08