Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/devoluy/lieux_devoluy/st_etienne.html
partie sud-est de la cuvette centrale
du Dévoluy
La localité de Saint-Étienne-en-Dévoluy
est située à un point bas d'une dépression
très ouverte, qui est un val* typique, résultant
du déblaiement partiel des terrains marneux d'âge
nummulitique qui occupent le coeur de l'ample synclinal de Saint-Étienne, qui est la branche orientale
du synclinorium du Dévoluy.

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La partie orientale du Dévoluy septentrional
vue depuis le sommet du Pic de Bure
s.SD = synclinal d'Agnières - Saint-Disdier ; Øm = accident médian ; a.B = anticlinal de Bure -Aurouze (flanc est)
; a.G = anticlinal du Gicon ; s.A = synclinal
de l'Aup ; s.SE = synclinal
de Saint-Étienne.

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Le chaînon de l'Obiou - Grand Ferrand, et
les dépressions intérieures du Dévoluy
vus d'avion, depuis l'aplomb du col Rabou
a.B = anticlinal des Baumes (repli accessoire au flanc est de l'anticlinal de Bure - Aurouze ; s.SE = synclinal
de Saint-Étienne
Peu en aval du village, le fond de ce synclinal
est remonté par une faille transversale (orientée
N30) dont le compartiment nord est soulevé de plus de 100
m. Cela a déterminé un barrage naturel qui ferme
du côté aval la dépression synclinale de Saint-Étienne.
Sa présence a provoqué, à l'époque
où la vallée était occupée par de
grands glaciers locaux, la formation d'un verrou et, à
son amont, d'une dépression de surcreusement, dans laquelle
s'est logé le chef-lieu de Saint-Étienne-en-Dévoluy.

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Le val détail des abords de Saint-Étienne-en-Dévoluy
vu d'amont (du sud-est), depuis la route pastorale du col de Rabou
(Clôt du Goutay).
s.SE = synclinal de Saint-Étienne (vu selon son axe) ; f.G
= faille de l'entrée amont des gorges de Saint-Étienne
Cela a eu aussi pour effet d'obliger la Souloise
à inscrire son cours en gorge dans le plancher calcaire
de ce val, qui est constitué par la dalle sénonienne,
enduite à son sommet par quelques dizaines de mètres
de calcaires nummulitiques. La rivière et son affluent
de rive droite (le Rif) y entaillent deux canyons, l'un et l'autre
fort étroits et très pittoresques, qui confluent
sous le pont des Étroits.
Il s'agit là d'exemples bien typiques
de gorges "sous-glaciaires", c'est-à-dire qui
ont été creusées dans le verrou rocheux alors
que celui-ci était recouvert par la glace (donc aux alentours
du maximum d'extension des glaciers wurmiens). En effet c'est
dans de telles conditions que l'eau est capable de creuser des
sillons aussi étroits, car la chape de glace empêche
alors l'effritement des flancs de la gorge en les soustrayant
à la fois à la gélivation et à l'action
des divers agents atmosphériques.
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Le canyon du Rif (affluent de rive droite de la
Souloise)
vu du pont des Étroits (la balustrade, au sommet des affleurements
du Sénonien, à gauche, donne l'échelle).
Il y a fort peu de différence d'aspect entre
les calcaires nummulitiques et ceux du Sénonien. Les premiers,
un peu plus massifs forment néanmoins un ressaut assez
continu, mieux individualisé.
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Une seconde faille, parallèle mais de
rejet inverse, ramène les marnes nummulitiques au niveau
du lit de la Souloise au sortir aval des gorges de Saint-Étienne (cf photo, ci-après). Ces deux cassures délimitent donc un "horst"* et par conséquent un système de
failles conjuguées* en distension.
Cette structuration est générale dans le Dévoluy
oriental, où de nombreuses failles ayant de telles caractéristiques
(même direction N30 et rejets alternativement d'affaissement
du compartiment ouest ou du compartiment est) sont présentes.
On peut, par exemple, citer également la faille du Pic Ponsin et sans doute celle du
col de l'Aup. En raison de leur jeu extensif (et en outre de ce qu'elles sont transverses au pli) ces cassures
ne peuvent être contemporaines du plissement du synclinal
de Saint- Étienne. Elles lui sont donc vraisemblablement antérieures
et sont même plus précisément liées à l'activité extensive
syn-nummulitique du système des failles du "linéament
d'Aspres-lès-Corps", au moins en ce qui concerne celle du col de l'Aup (voir la page "tectonique du Dévoluy").
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Le val de Saint-Étienne en Dévoluy
vu du nord, depuis le sommet du Gicon
s.SE = synclinal de Saint-Étienne ; f.B
= faille des Baumes : c'est une faille
verticale, orientée N30, parallèle à celle
de l'entrée amont des gorges. Comme celle-ci, elle traverse
le coeur du synclinal en biais.
Les affleurements de Sénonien situés immédiatement
à l'est (à gauche) du col de Rabou représentent
la partie la plus avancée du chevauchement des Banards (ØB).
On accède au col du Noyer, depuis Saint-Étienne, par une
trouée qui passe devant la crête du Pic Ponsin et
qui tranche perpendiculairement la dalle sénonienne du
flanc est du synclinal. Cette trouée ne correspond à
aucun accident tectonique décelable (par contre une belle
faille tranche la crête plus au nord, mais elle n'a donné lieu
à aucune trouée d'érosion...).
Au sud du village, l'axe du synclinal de Saint-Étienne
s'élève régulièrement vers le sud,
sans accident transverse notable. Les marnes nummulitiques qui
le remplissent affleurent cependant assez peu car elles sont largement
masquées par des alluvions glaciaires d'origine locale
qui colmatent les pentes du val (elles ont été alimentées
par les moraines des glaciers quaternaires qui occupaient les
cirques du pourtour montagneux). Ce val se termine au col de Rabou,
où la dalle calcaire est brutalement tranchée, transversalement
à l'axe du pli, par la vallée du Petit Buëch.
cartes géologiques à 1/50.000° (*) à consulter : feuille Saint-Bonnet
N.B. Les liens entre parenthèses
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