| Nantes et Oris en Rattier |
Les reliefs de la bordure orientale de la Matheysine s'abaissent vers le sud, à partir du Piquet de Nantes jusqu'au niveau de l'entaille d'érosion qu'a ouverte la Roizonne (vallée
de Lavaldens) entre ce dernier et la crête Armet - Coiro. Cette entaille, bien que profonde, est cependant dénuée
de toute origine structurale : le cours amont de la rivière tranche profondément au cœur des affleurements du socle cristallin du bloc du Taillefer, formée principalement de micaschistes et de coulées volcaniques interstratifiées qui appartiennent à la série "corticale" du socle.
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Le cours supérieur de la Roizonne et le versant
occidental du chaînon Taillefer - Coiro
vus d'avion, du sud-ouest, depuis l'aplomb de Nantes-en-Ratier
f.A = prolongement occidental vraisemblable de la faille de l'Armet.
a.ph+mcs = albitophyres* interstratifiées de micaschistes ; cgl+mcs = conglomérats métamorphiques interstratifiés de micaschistes.
La couverture sédimentaire du flanc ouest de ce bloc du Taillefer se poursuit d'une rive à l'autre de la Roizonne depuis le flanc ouest du Piquet de Nantes jusqu'au delà des gorges du Pont du Prêtre, dans la vallée de la Bonne, en tournant d'ailleurs progressivement vers le sud-est.

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Les montagnes du confluent Roizonne - Bonne.
vues d'avion, du NW, de l'aplomb nord de La Mure.
f.C = faille de Comboursière (voir la page Grand Serre) ; mor.W1 = moraines du maximum de Würm, délimitant latéralement le lobe frontal de la langue du glacier de la Bonne à cette époque (une diffluence en direction de l'amont de la vallée de la Roizonne s'ébauchait alors au niveau d'Oris) ; W2 = deuxième vallum glaciaire, emboité en contrebas, créé lors de la recrue du Würm III.

version plus grande de cette figure
Coupe en rive droite de la Roizonne, en amont du confluent avec la Bonne
(coupe du Ruisseau de la Nantette, entre La
Mure et Roizon, à la partie basse duquel on voit des Demoiselles coiffées, depuis le Pont Haut de la N.85.
(extrait de G. MONJUVENT, 1978, fig.122, p.237, légende
retouchée)
Le pendage de la surface de la pénéplaine anté-triasique s'accroît en outre progressivement, en basculant vers l'ouest jusqu'au delà de la verticale au niveau de la montagne de Roussillon.
Au niveau de cette dernière l'on ne repère plus trace de la faille de Comboursière (voir les pages "Tabor" et "Grand Serre"), qui se poursuit pourtant en rive droite de la Roizonne jusqu'au lit de la rivière. Par contre il s'y dessine un synclinal d'axe N-S qui semble en représenter le pli d'amortissement.
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La vallée moyenne de La Roizonne
vue du nord-ouest, depuis l'arête sud du Piquet de Nantes (alt. 1700).
La rivière a entaillé son lit dans un colmatage d'alluvions fluvio-glaciaires qui s'est accumulé à l'époque du maximum wurmien, lorsque
le glacier de la Bonne envoyait une ébauche de langue diffluente vers l'amont de la vallée de la Roizonne.
Sur la rive gauche on voit bien la discordance du Houiller, fortement penté vers l'ouest, par rapport aux schistes cristallins dont le pendage est plus modéré, presque conforme à la pente du versant. Cette dernière est cependant un peu plus déclive, de sorte que les dalles d'albitophyres* laissent voir leur substratum de micaschistes carburés.

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La gorge de la Bonne, sous le signal de Roussillon
vue d'avion, du sud-ouest, depuis l'aplomb de Saint-Laurent-en-Beaumont.
La coupe de la gorge de la Bonne montre spectaculairement
le synclinal d'axe NW-SE (s.N-S) par lequel la couverture
sédimentaire se renverse sous le cristallin. Mais on voit
aussi qu'en aval du Pont du Prêtre la succession liasique
par la gorge de la Bonne décrit un petit anticlinal d'axe
NE-SW (a.E-W), vraisemblablement rapportable à l'épisode
de plissement anté-Sénonien du Dévoluy (c'est
le pli le plus septentrional de cette famille qui soit connu).
Son axe plonge fortement vers le sud-ouest parce qu'il est basculé
et tordu par le synclinal NW-SE.
Noter que la bande de Houiller qui passe à Plan Collet
se poursuit au nord-ouest jusqu'à Oris et vers le sud-est
au delà de l'agglomération de Roussillon (cf cliché en page "Valbonnais").
Loth.supérieur. désigne le niveau de calcaires argileux à patine rouille du Lotharingien supérieur qui était exploité comme pierre à ciment au Pont du Prêtre.

La rive droite de la vallée de la Bonne à la hauteur de Valbonnais.
vue du sud-est depuis le signal du Colombier (Beaumont septentrional)
Il est paradoxal de constater que la vallée de la Bonne subit un rétrécissement pour traverser les couches de la partie inférieure de la succession sédimentaire alors que plus en amont où elle a creusé jusqu'au socle cristallin, pourtant réputé plus résistant, elle y présente un fort élargissement (page "Valbonnais"). En fait cela résulte de l'enfoncement vers le sud de la voûte du bloc cristallin du Taillefer, que la rivière a simplement dénudé sans l'entailler (sauf aux abords d'Entraigues), en suivant l'interface socle - couverture (l'érosion glaciaire s'est ensuite chargée d'élargir cette partie de son cours).
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