Chamrousse, lacs Achard, lacs Robert |

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Les pentes de la station de Chamrousse
vues d'avion, du sud-ouest, depuis l'aplomb du col du Luitel.
Ceci est sans doute dû au fait que, dans ces reliefs méridionaux de la chaîne de Belledonne, la voûte que dessine la pénéplaine anté-triasique, (surface limite entre le socle cristallin et sa couverture) perd beaucoup de son altitude. De ce fait, cette surface n'a été mise à nu et entaillée par l'érosion que lors des étapes relativement tardives de l'action de celle-ci, qui s'est alors presque limitée à la dénuder de sa couverture sédimentaire.
Cette interprétation implique que, lors de ces dernières étapes d'érosion, les facteurs de creusement étaient plus sensibles aux différences de nature des roches, contrairement aux étapes précoces, où l'érosion avait plutôt aplani uniformément sans tenir compte de ces différences. C'est bien à cette conclusion que l'on arrive aussi pour les massifs subalpins septentrionaux comme la Chartreuse.

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grande, muette, de cette image
Le versant nord-occidental des montagnes de Chamrousse
vu d'avion, du sud-ouest, depuis l'aplomb de Vaulnaveys
a.MB = accident médian de Belledonne ; f.V = faille de Vizille (coulissement dextre)
Les symboles d'anticlinal concernent la forme de la surface de
la pénéplaine anté-triasique.



Aux alentours de la Croix de Chamrousse le socle cristallin du rameau interne affleure largement.
Il est caractérisé par un large
développement de roches très "basiques"
et très sombres, typiques d'une succession ophiolitique* (pour le contexte tectonique dans lequel affleurent
ici ces formations voir l'aperçu
d'ensemble sur le massif de Belledonne).
Leur disposition globale semble être celle d'une synforme* d'axe NE-SW,
déversée vers le sud-est, avec un coeur de serpentinites*
(qui sont des Péridotites* métamorphisées)
encadré de deux bandes de gabbros*, elles mêmes flanquées
latéralement d'amphibolites*, qui forment du côté
nord-ouest la crête de la montagne et du côté
sud-est le rebord supérieur des abrupts qui en tombent
sur la Romanche.
Le coeur de la structure (formé par les serpentinites) a été évidé
en une dépression (comparable à un val*...) qui
héberge les lacs Achard et qui se poursuit du côté
sud, par le plateau de l'Arselle.
Globalement les amphibolites s'engagent en dessous des autres
termes de cette succession, lesquels devaient pourtant constituer
leur substrat originel. Ceci implique que la succession ophiolitique
est renversée. En d'autres termes ce que l'on désigne
du nom de "nappe ophiolitique de Chamrousse"
est sans doute un fragment du flanc inverse d'un grand pli couché.
On peut, dès lors, se demander si la charnière qui
l'affecte ici est celle de ce grand pli lui-même
(qui serait alors un anticlinal déversé vers l'ouest),
si c'est un pli parasite de son flanc inverse ou si c'est un repli
formé postérieurement au charriage...
| L'interprétation (inédite) exposée ici est celle que suggère fortement le dessin des contours de la carte géologique au 1/50.000°, feuille Domène. Je l'ai soumise à Mr René-Pierre Ménot (qui est certainement le meilleur connaisseur actuel des roches cristallines de la chaîne de Belledonne). Sa réponse exprime un fort scepticisme relativement à sa pertinence. Pour être très précis j'en reproduis les termes en fin de page ** (cette divergence d'interprétation et ses motifs me paraissent assez instructifs, notamment pour les personnes qui seraient susceptibles de croire aux vérités révélées et à l'absolue confiance à apporter aux interprétations avancées dans ce site). |


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Les pentes sud-orientales de la station de Chamrousse
vues d'avion, du sud - sud-est, depuis l'aplomb du Pic de l'Oeilly (au nord de Séchilienne).
a.MB = accident médian de Belledonne ; f.L = prolongement éventuel (masqué derrière le rebord des abrupts) de la faille des Lessines, en direction du sud-ouest (selon l'hypothèse où cette faille irait se raccorder à la faille de Pétichet au sud de Séchilienne).
Sous cet angle on voit combien les contours limitant les roches de la série ophiolitique (renversée) de Chamrousse, évoquent une disposition en synforme* déversée vers le sud-est.
Du côté nord de la Croix de Chamrousse le même dispositif est évidé par la cuvette des Lacs Robert et tranché du côté oriental par une faille presque N-S, la faille des Lessines. Elle remonte fortement les gabbros du flanc inverse, qui dominent la dépression des lacs en formant les abrupts et les crêtes des Vans et du Grand Sorbier.

| La cartographie que j'ai effectuée sur l'ophiolite de Chamrousse ne me permet pas de confirmer cette interprétation qui pourrait être suggérée par la carte actuelle de Vizille. Cette carte est un peu simplifiée et ne fait pas apparaître un élément lithologique important, le complexe blastomylonique, qui est intégré aux serpentinites. Or cet élément jalonne le contact entre les roches ultramafiques (serpentinites et méta pyroxènites) et les cumulats gabbroïques et constitue un élément de polarité important. La superposition habituelle est la suivante, de haut en bas : serpentinites-pyroxènites, complexe blastomylonitique, gabbros grossiers +/- foliés, gabbros plus isotropes à grains plus fins, microgabbros et plagiogranites amphibolites. Cependant les amphibolites, bien que largement dominantes à la base géométrique de l'édifice, peuvent se développer à presque tous les niveaux dans des zones de cisaillements d'âges variés anté-hercyniens (intra-océaniques). Schématiquement, j'ai plutôt tendance à interpréter l'ophiolite de Chamrousse, dans le secteur occidental qui nous intéresse, comme une vaste dalle monoclinale à pendage W-NW et découpée en panneaux (les "claveaux" de Bordet) par des accidents SW-NE, sous estimés sur la carte de Vizille. Trois blocs apparaissent ainsi : (1) un compartiment occidental surélevé ou affleurent les termes géométriquement inférieurs (le terme le plus haut est le complexe blastomylonitique au sommet de l'escarpement surplombant les lacs Achard) (2) un compartiment central correspondant globalement à la dépression des lacs Achard à la Pra et (3) un compartiment oriental, le plus déprimé avec des ultrabasites bien représentées. Ces compartiments majeurs sont également affectés par des accidents WNW - ESE qui entraînent des décalages au sein de ces compartiments majeurs. Les deux interprétations (grand plis couchés et découpage "en touches de piano") ne s' excluent d' ailleurs pas ... |
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