Laffrey, lac Mort et Grand Lac |

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Les environs de Laffrey (seules sont visibles les maisons les plus orientales de l'agglomération)
vus de l'ouest, depuis la crête septentrionale de Beauregard (montagne du Conest)
Sous cet angle de vue on voit que l'extrémité septentrionale du plateau matheysin, dont le socle est garni d'un mince placage de couches sédimentaires, surplombe la profone entaille de la vallée de la Romanche (cL = calcaires de Laffrey ; spa = surface de la pénéplaine anté-triasique).
a.mB = accident médian de Belledonne ; f.P (en jaune) = faille (décrochement) de Pétichet ; f.B = faille des Bigeards.
Les tirets rouges soulignent la surface de la pénéplaine
anté-triasique. Les tirets mauves correspondent à la crête de la moraine de la glaciation de Riss (gl.R). Noter le paquet tassé des Allards, arracés de la zone d'affleurements des Bigeards.
La limite entre rameau externe et rameau interne passe dans le ravin de Saint-Barthélémy (caché derrière l'échine des Bigeards), puis elle suit la faille de Pétichet, qui décale loin vers la droite le prolongement du tracé de l'accident médian de Belledonne.
En effet dans cette portion septentrionale de la Matheysine le substrat rocheux sur lequel reposent les alluvions glaciaires est formé soit par les toutes premières couches de la succession sédimentaire d'âge secondaire soit par le socle cristallin : de ce fait, entre Laffrey et Pétichet, le plancher de la dépression est bien près de se confondre avec la surface de l'ancienne pénéplaine anté-triasique, remise à nu au Quaternaire.

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La partie septentrionale de la Matheysine
vue d'avion, du sud-est, depuis l'aplomb de Saint-Honoré (chef-lieu)
La localité de Laffrey elle-même est plus précisément construite sur la ligne de contact entre le socle (qui affleure dans la dépression du Grand Lac et du Lac Mort) et les premières couches (triasiques) de la couverture sédimentaire, qui forment les collines dominant ces lacs. C'est pourquoi on voit, à l'entrée aval du village de Laffrey sur la N.85, le repos brutal, des calcaires de Laffrey (faciès à encrines du Lias réduit) sur les dolomies triasiques.
Les affleurements de l'entrée aval du village de Laffrey
vus du bord oriental de la route N.85, en direction du sud-ouest.
sD = surface de discordance* : noter le petit onlap*, en escalier descendant vers la droite, des calcaires sur les dolomies (s0 = surfaces de stratification, parfois surplombantes).
L'affleurement a été sécurisé par des "épingles" pour éviter de découpage de blocs délimités par l'entrecroisement des surfaces de stratification et des surfaces de diaclases, orthogonales (s.dia)
Ce même contact de transgression* s'observe plus aisément (car sur un itinéraire moins passager) le long de la route D.115a, dans l'entaille de sa portion qui suit la rive nord-ouest du Grand Lac.

à gauche du poteau de la ligne téléphonique une poche de schistes noir, à débris de dolomie, vient raviner la surface sommitale des dolomies : elle témoigne des phénomènes d'érosion qui ont affecté le haut fond avant la reprise de sédimentation.
Quant au contact des dolomies triasiques sur les schistes houillers on peut l'observer sous la statue équestre de Napoléon, dans l'eau du lac.
Du côté oriental des lacs les couches du Trias et du Lias réduit affleurent également au bord des lacs et dans les basses pentes de l'échine du Canier). Mais à l'est des Bigeards la
surface de la pénéplaine anté-triasique est
surélevée par une faille presque N-S qui a pour effet de faire affleurer de nouveau le socle cristallin sous le quaternaire à l'est de cette localité (notamment au Sapey).
Cette faille des Bigeards est probablement un accident syn-sédimentaire jurassique (qui prolonge vraisemblablement vers le sud
l'une des cassures du secteur de Fau-Laurent, au nord de la Romanche). En effet les couches liasiques de sa lèvre occidentale reposent non pas sur le Trias mais sur une brèche polygénique à éléments de micaschistes de grès houillers et de dolomies triasiques (voir à ce sujet la
publication n° 052 et l'article de J. Sarrot Reynauld, 1961).

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