La vallée de la Bléone en amont de Digne |
La vallée de la Bléone suit,
en amont immédiat de Digne, une zone particulièrement
tendre constituée par une bande de terrains triasiques
orientée presque N-S. Les calcaires du Lias affleurent
symétriquement sur l'une et l'autre des deux rives, mais
avec des pendages divergents, de sorte que l'on a là une
disposition apparemment anticlinale des couches.
(il s'avère toutefois qu'il serait erroné d'interpréter
cette disposition comme un simple pli).
En rive droite, le Centre Géologique Saint-Benoît est bâti sur un petit éperon rocheux formé de "tuf", c'est-à-dire de concrétions calcaires déposées par une source. Ce tuf a été édifié par une cascade pétrifiante, encore active.
Cette source correspond à la venue au jour d'eaux qui sont vraisemblablement collectées, à l'intérieur de la montagne, par la surface de chevauchement de l'accident de Courbons. En effet le tracé de cette cassure descend ici à travers la pente, vers l'amont de la vallée, pour se connecter à la bande triasique : la forte concentration de ces eaux en produits calciques s'expliquerait bien par le fait qu'elles aient circulé dans les couches très solubles du Trias gypsifère qui garnissent cet accident.

En amont du pont des Arches, le cours de la rivière s'écarte de la bande triasique, dont les gypses, qui attirent l'attention par leur teinte blanc et rouge, déterminent un replat dominant la vallée en rive droite. Le lit alluvial est alors installé dans la combe monoclinale du Sinémurien, donc les petits bancs calcaires, alternés de marnes, sont également aisés à déliter. Un certain nombre de ces bancs (appartenant à la base de la formation) sont dégagés en dalles structurales, qui plongent à 45° vers le lit de la Bléone : l'une d'entre elles est garnie de coquilles fossiles de belle taille, sans doute accumulées là par un tourbillon des courants sous-marins de l'époque.

Interprétation de la bande triasique de Digne :
En fait les couches du flanc oriental du dispositif anticlinal
N-S de la Bléone conservent une direction à peu
près constante, presque nord-sud, pour s'infléchir
doucement de 30° dans le sens horaire au niveau du confluent
Bès-Bléone. Cette inflexion correspond à
la charnière du synclinal
de Marcoux, ample structure NW-SE qui affecte ici la succession
des couches de la partie orientale (= lobe de Cousson) de la nappe
de Digne.
Au contraire les couches du flanc ouest de l'anticlinal de la
Bléone, ainsi d'ailleurs que le coeur de ce pli, subissent
là une torsion de sens inverse et se dirigent vers le sommet
de la Bigue, c'est-à-dire qu'ils acquièrent progressivement
l'azimut NW-SE qui est celui de l'anticlinal de la Bigue.
Cette torsion d'axe antihoraire est due à ce que ce dernier
pli est tranché et tordu par l'accident coulissant dextre
de la faille du Bès. Le rejet horizontal de cette
faille est de l'ordre de quatre kilométres car, dans le
compartiment occidental c'est le synclinal de la Robine qui est
le répondant évident du synclinal de Marcoux, du
compartiment oriental. En fait le dispositif anticlinal que suit
le lit de la Bléone entre Digne et le confluent du Bès
ne correspond nullement à un pli, mais à la juxtaposition
de flancs de plis distincts, décalés par un coulissement
dextre, distordus par ce coulissement et accolés par une
sorte de cicatrice de matériel triasique.
(pour en savoir plus lire l'aperçu
général sur les environs de Digne)
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| Courbons |
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Marcoux |
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