Mélan |
image sensible au survol et au clic

d'après une image extraite de "google-earth"
Les pentes nord-occidentales de la vallée des Duyes aux environs de Mélan.
ØV = surface de chevauchement de l'écaille de Valavoire ; f.A = faille d'Ainac ; a.M = anticlinal rompu de Mélan ; d.M = décrochement de Mélan ; les flèches indiquent l'origine supposée du tassement de Mélan (dans l'hypothèse d'un âge quaternaire).
image totalement muette
Par rapport à ce cadre structural
très simple l'analyse de détail révèle l'existence de complications dont l'interprétation est plus délicate.
A/ Au nord de Mélan
La Montagne de Mélan est un crêt* regardant vers le sud-ouest, constitué par le Lias et le Dogger du flanc méridional du grand synclinal d'Authon-Feissal (lequel est le pli le plus méridional de la grande unité tectonique dite "écaille de Valavoire"). A l'est de Mélan le tracé de la surface de chevauchement de l'écaille de Valavoire, qui suit plus au nord la base triasique de la succession de ces couches, s'infléchit là pour devenir E-W. Il s'engage alors, à l'est de La Grande Aiguille et du tracé de la route D.3, dans les Terres Noires du revers nord du col de l'Hysope : il y est seulement jalonné par un alignement d'affleurements d'Oligocène, de sorte qu'il semble s'y amortir plus ou moins complètement (voir à la page "Auribeau"). Ce changement d'attitude semble correspondre au fait que l'on se trouve ici au front méridional de l'avancée vers le sud de l'écaille de Valavoire.
De fait, au sud de ce chevauchement, dans le revers sud de ce col et de la crête de la Roche des Brigands, affleurent des couches du Jurassique supérieur, sub-verticales et orientées E-W. Leur succession "base au nord" se poursuit par les molasses marines miocènes appartenant au flanc nord du synclinal d'Auribeau, lesquelles reposent transgressivement sur le Tithonique; c'est visiblement celle d'un flanc sud d'anticlinal, dont la montagne de Mélan représentait sans doute originellement le flanc nord et dont la charnière (sans doute érodée à l'Oligocène) a été rompue par le chevauchement de la Grande Aiguille : ainsi le jeu de ce chevauchement n'apparaît plus ici que comme celui d'un accident secondaire purement local dont la flèche ne permettait pas au front de l'écaille de Valavoire de s'être avancé là au point de recouvrir le Miocène autochtone d'Auribeau (il est à noter cet "amortissement frontal" implique sans doute que le Miocène d'Auribeau ait absorbé une partie du mouvement vers le sud qui a déplacé l'écaille de Valavoire).
B/ Au sud de Mélan la bordure orientale du glacis pliocène du Castellard-Mélan
est marquée par une échine N-S qui descend du Château
Duyes à la butte des Ardarets. Elle borde, vers l'ouest,
la ligne selon laquelle les couches de la formation de Valensole
sont en discordance vis-à-vis du contenu, formé de Miocène
marin, du synclinal d'Auribeau, qui est énergiquement plissé selon des directions axiales proches de E-W.
Cette géométrie très discordante est très généralement considérée comme le résultat de l'enfoncement,
vers l'ouest, de ces couches sous celles de Valensole, qui les recouvriraient ; pourtant une telle géométrie ne se manifeste pas, plus à l'ouest, dans l'entaille du ravin de Saint-Symphorien, où toute la succession néogène montre une parfaite concordance de stratification.
D'autre part, le long de cette échine, les couches de conglomérats
de Valensole se montrent intensément plissées, avec
un net déversement vers l'ouest, selon des axes dont l'azimut
est de l'ordre de N160, donc presque orthogonaux à l'axe
du synclinal d'Auribeau. Mais cette disposition se limite à une étroite frange, large d'environ 1 km que l'on peut donc appeler la bande plissée de Mélan.
La vallée des Duyes donne, en aval de Saint-Estève,
une bonne coupe de ce système de plis, visiblement tardifs
par rapport à la formation du synclinal d'Auribeau puisqu'ils
ne sont pas déformés par ce dernier.

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Une première interprétation consiste à envisager que la différence d'azimut des plis de la bande de Mélan a été permise par le fait que ces plis se soient développés de façon dysharmonique* par rapport au contenu du synclinal d'Auribeau, à la faveur du niveau très déformable des marnes bariolées de la base de la formation de Valensole. Mais diverses observations mènent à suivre une autre piste : Cette disposition suggère en définitive que ces plis se sont formés en échelons (à angle aigu) par entraînement le long d'un coulissement dextre orienté à peu près N160, à la marge orientale du domaine véritablement autochtone (où la sédimentation néogène s'est poursuivie jusqu'à la fin sans perturbation tectonique). C'est sans doute ce décrochement de Mélan qui a transféré, au sein du tertiaire autochtone de Mélan, une partie du mouvement vers le sud de l'écaille de Valavoire, qu'elle n'assume plus à cette latitude du fait de l'amortissement de son chevauchement à l'est de Mélan (voir plus haut). |
C/ aux abords mêmes de Mélan, à l'ouest du village, les couches les plus hautes des conglomérats de Valensole, rebroussées par ce plissement, s'enfoncent et se font biseauter (au nord de la chapelle Sainte-Madeleine) sous un paquet de grès du Miocène marin, en série renversée et de même orientation. La carte géologique interprète, certainement à juste titre, ces derniers affleurements, ainsi que ceux de la succession jurassique (du même type stratigraphique que celle de la Montagne de Mélan) qui en est solidaire, comme un paquet tassé*.
Mais divers aspects incitent à en proposer
une interprétation plus tectonique et à se demander si ce tassement est bien d'âge quaternaire et provient bien des actuels abrupts sud de la montagne de Mélan ; ce sont : Ces faits suggèrent que le matériel
que l'on trouve là appartenait originellement à
la marge occidentale de l'écaille de Valavoire mais représentait sans doute le flanc sud-ouest d'un ancien anticlinal de Mélan dont la montagne de Mélan ne serait que le flanc nord-est ; ce flanc du pli
aurait été repoussé latéralement (et
resédimenté dans les dernières couches de la formation de
Valensole), à l'occasion des mouvements coulissants qui ont créé les
plis N160 de la bande plisée de Mélan, par un accident décrochant dextre prolongeant vers le S-SE le front sud-occidental de l'écaille de Valavoire (et qui se raccordait, plus au sud, à l'accident de Courbons). |
En définitive divers aspects de la tectonique des environs de Mélan convergent pour témoigner du fait que l'autochtone y a été affecté par un accident subvertical qui connecte le chevauchement de Valavoire avec l'accident de Courbons et qu'il convient de désigner sous le nom de décrochement dextre de Mélan.
Cet accident dont le jeu s'avère très tardif, puisque à peu près contemporain de la fin du remplissage du bassin tertiaire de Valensole, à eu un rôle local important ;
- d'abord en décalant d'environ 4 km la charnière du synclinal d'Auribeau, pli majeur qui représente le résultat final de l'évolution de la marge septentrionale du basin néogène de Valensole ;
- ensuite en limitant le domaine réellement autochtone de celui, situé plus à l'est, qui a été affecté peu ou prou par les mouvements liés à la mise en place de la nappe de Digne et de l'écaille de Valavoire qui lui est associée.
Ce décrochement de Mélan s'avère enfin ne représenter qu'un tronçon d'une longue cassure dont on suit le tracé vers le nord sur une trentaine de kilomètres, successivement par ses autres tronçons de Saint-Geniez (chevauchement de Valavoire), Clamensane (faille de Vermeil) et Turriers (faille de Turriers) jusqu'au cœur du dôme de Remollon. A cette échelle régionale d'observation on notera que le tracé de cet accident dessine une courbe à concavité vers l'est : ceci implique un pivotement anti-horaire de l'ordre de 40° de son compartiment oriental (y inclus l'autochtone relatif du secteur d'Auribeau) par rapport à l'autochtone "absolu" constitué plus à l'ouest par l'anticlinorium de Laragne au nord et le bassin tertiaire de Valensole au sud.
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plus à l'ouest : de Sisteron à Mélan |
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plus au sud : de Thoard à Digne |
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| .Saint-Symphorien |
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Auribeau. |
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