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Saint-Jean-de-Maurienne

rive gauche de la vallée de l'Arc et vallée inférieure de l'Arvan

L'Arvan est l'affluent de rive gauche de l'Arc qui se jette dans cette rivière à Saint-Jean de Maurienne, après avoir drainé un vaste bassin versant fermé au sud par les massifs des Grandes Rousses et des Aiguilles d'Arves.


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Le "pays arvinche" (ensemble du bassin versant du torrent de l'Arvan)
= rive gauche de l'Arc sur la transversale de Saint-Jean de Maurienne, vue de la rive opposée, depuis l'arête ouest du Crêt Lognan (Montagne des Coins). En avant-plan les abrupts des deux rives de la vallée de l'Arc.

Sous cet angle la vallée inférieure de l'Arvan est vue d'enfilade, entre le crêt du Tertiaire ultra-dauphinois des Aiguilles d'Arves et de Casse Massion, à l'est (à gauche) et l'alignement des massifs cristallins des Grandes Rousses et du Grand Châtelard, appartenant au domaine dauphinois interne, à l'ouest (à droite).


L'agglomération de Saint-Jean-de-Maurienne est bâtie au débouché aval de la vallée de l'Arvan sur les pentes douces d'un vaste cône de déjections. Mais, contrairement à ce que l'on attendrait, ce cône n'a pas été édifié par l'Arvan. Il résulte de la coalescence des apports de ses affluents de rive gauche, qui descendent des pentes sud-orientales du massif du Grand Châtelard (Saint-Pancrace, Notre-Dame, Les Rossières, Le Cruet). La prééminence de ces apports alluviaux résulte de ce que ces pentes sont parcourues de ravines qui affouillent activement et efficacement les terrains tendres (schistes argileux et calcschistes) du Jurassique moyen de la zone dauphinoise.


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Le site de Saint-Jean de Maurienne
vu de l'est, depuis les lacets de la route D.79a, de Montdenis (lacet du pylône 1081)

ØuD = surface de chevauchement de la zone ultra-dauphinoise ; f.C = faille de Cochemin (cassure extensive limitant du côté sud le bloc cristallin du Grand Châtelard) ; f.R = faille du Rocheray (cassure extensive limitant du côté est le bloc cristallin du Grand Châtelard).



Le fond de la vallée de l'Arvan est ainsi barré du côté aval par ces cônes qui lui imposent, pour rejoindre le lit de l'Arc de les contourner par le sud-est. Ce barrage naturel a eu pour effet que le lit de la rivière s'est colmaté d'alluvions fluviatiles inclinées en pente douce qui remontent son cours sur plus de 4 kilomètres. Elles forment, jusque peu au sud de Gévoudaz (cote 850), un couloir à fond plat entre deux rives escarpées, qui sont celles de son ancienne gorge, colmatée en aval de ce point mais toujours en activité plus en amont.


La vallée inférieure de l'Arvan
vue du sud, depuis le sommet du Mont Charvin (cliché original obligeamment communiqué par Flore Gidon)

ØUD = surface de chevauchement de la zone ultra-dauphinoise (remarquer l'énorme largeur de la bande de gypses qui en constitue la semelle) ;
f.C = faille de Cochemin ; f.R = faille du Rocheray. La double charnière dessinée dans l'angle inférieur droit du cliché indique comment est interprétée (comme le cœur d'un synclinal couché pincé) la bande de Lias schisteux (Domérien) qui s'intercale dans la falaise du Lias calcaire de rive droite de l'Arvan.


De Saint-Jean de Maurienne jusqu'à Gévoudaz le lit de la rivière est ouvert dans une puissante masse de gypses (exploitée aux carrières de Rossières) qui représentent l'essentiel de la semelle triasique de la succession des couches de la zone ultradauphinoise. Ils forment une épaisse lame orientée N-S et dotée d'un pendage régulier vers l'est, qui s'appuie en chevauchement, dans les pentes de rive gauche, sur les schistes argileux de la zone dauphinoise. La vallée ne suit pas le tracé de la surface de chevauchement, qui passe à flanc de ces pentes, au niveau de Fontcouverte. Son inclinaison vers l'est, plus forte que la pente du versant l'amène à passer en profondeur sous le lit de la rivière, qui n'a pas encore réussi à la mettre à nu ...

La route D.926, qui court à flanc de pente sur le flanc ouest de cette vallée, traverse aussi, en contrebas et au sud de Fontcouverte de très larges affleurements de ces gypses triasiques. Cela ne pose d'ailleurs pas de problème notable de stabilité de la chaussée, en dépit du caractère en général peu résistant de ce matériau vis à vis des attaques mécaniques.


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Les deux rives de la vallée de l'Arvan au niveau des Albiez
vu du sud-est, depuis Casse Massion

La vue est orientée de façon perpendiculaire à la direction des principales lignes structurales (ce qui est plutôt malencontreux..). L'accident le plus important est la surface de chevauchement de la zone ultradauphinoise (ØUD). Les gypses triasiques de la base de la succession ultradauphinoise apparaissent comme autant de taches blanches (la plus grande est celle de la carrière des Rossières).
f.C (faille sud du Châtelard) et f.R (faille du Rocheray) sont deux cassures synsédimentaires liasiques, qui se raccordent à angle droit pour limiter, du côté du sud, le bloc cristallin du Grand Châtelard.
Le tracé de la D.926 (en mauve), purement indicatif, est très approximatif.


Les abrupts qui dominent les gorges de l'Arvan du côté est entaillent donc l'épaisse succession des calcaires liasiques de la zone ultradauphinoise, qui culmine sur le plateau des Albiez (du fait de leur pendage général vers l'est ces couches s'élèvent encore plus haut en rive gauche, jusqu'au Mont Charvin). Il s'avère que cette succession est redoublée avec intercalation d'une bande étroite de schistes toarciens. Cette dernière court à flanc de pente du sud vers le nord, jusque dans les abrupts dominant Saint-Jean de Maurienne, dans les falaises de Roche Noire, au nord de la Forêt du Mont l'Évèque (voir le cliché plus haut dans cette page).
La naissance de ce redoublement, au sein des couches triasiques, est visible à la hauteur de Gévoudaz, dans l'entaille du ravin latéral de Tré Crêt
, où une lame de gypse souligne la base de la succession chevauchante.


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Le ravin de Tré Crêt, en rive droite de l'Arvan
vu de l'ouest, depuis la D926, vers l'altitude de 1200 (lieu-dit L'Arsellaz).

On distingue clairement un crochon synclinal sous la surface de chevauchement Ø qui redouble la succession liasique de la zone ultradauphinoise. Or ce pli a un axe proche d'est-ouest (les couches de sa charnière sont vues ici pratiquement d'enfilade). Cela porte à penser qu'il correspond au flanc nord d'un ancien pli anticlinal anté-nummulitique, parallèle à celui de Combe Génin, qui a été déformé et rompu en chevauchement par un cisaillement ultérieur (post-nummulitique) à vergence ouest.


En amont de Gévoudaz le cours de l'Arvan s'encaisse en gorges de plus en plus étroites, au pied oriental du Mont-Charvin. Cela vient de ce que son lit pénètre là moins profondément dans la succession du soubassement de la zone ultradauphinoise et s'y inscrit dans les couches du Lias calcaire, bien plus résistantes. En dépit des importants changement d'azimuts que les plis imposent à ces couches (voir la page Mont-Charvin) son tracé, bien que très sinueux, y conserve, jusqu'à Entraigues, une orientation moyenne à peu près N-S.

Ce fait semble indiquer que ce tracé à une origine "épigénique" (c'est-à-dire déterminé antérieurement à l'encaissement dans ces niveaux durs). En effet il suit simplement l'azimut de la combe des schistes du plateau des Albiez, ouverte dans les niveaux plus élevés de la succession où, en raison de leur nature monotone et argileuse, la présence (en outre atténuée) de ces plis ne peut plus avoir une action directrice sur le relief : ce dernier y est gouverné par la seule orientation N-S du crêt des couches nummulitiques du chaînon des Aiguilles d'Arves qui limite cette combe du côté oriental.



aperçu général sur la Maurienne // aperçu général sur la rive gauche de la Maurienne
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Saint-Jean-de-Maurienne

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