Saint-Sorlin et Saint-Jean d'Arves |

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La vallée de L'Arvan et les montagnes de sa rive droite
vues de l'est, depuis le sommet du Mont Charvin (cliché original obligeamment communiqué par Serge Gidon)
De droite à gauche : f.Ch = faille du Chambon
(limite orientale du bloc de socle cristallin des Grandes Rousses) ; s.P = synclinal du Praouat ; f.PN = faille du col des
Prés Nouveaux
; ØUD = chevauchement de la zone ultradauphinoise ; s.M = synclinal du Montzard ; a.T = anticlinal des Torches ; a.V = anticlinal de Valfroide ; s.RB = synclinal du Rieu Blanc ; a.F = anticlinal du Mont Falcon (concernant ces derniers plis voir la page "Mont Falcon")
Les tirets émeraude indiquent approximativement le sommet du colmatage d'alluvions glaciaires.
La vallée principale est quant à elle orientée E-W, donc transversalement aux bandes structurales. Mais son fond est encombré jusqu'assez haut sur les versants par un puissant colmatage d'alluvions glaciaires.
Il prolonge celui qui détermine, sur la rive orientale de l'Arvan, le replat des Albiez et fait partie d'une vaste nappe alluviale, sans doute alimentée en partie par des appareils glaciaires locaux et en partie par le glacier de la vallée de la Maurienne, qui s'est accumulée dans les vallées affluentes de l'Arc à une époque où la vallée principale de cette rivière était occupé par ce glacier jusqu'à une altitude de l'ordre de 1600 à 1500 m.

Le hameau de L'Église, au dessus de Saint-Jean-d'Arves
vu de l'est, depuis la route du Mollard
(cliché original obligeamment communiqué par Serge Gidon)
Le ravin entaille l'épais colmatage morainique qui supporte les prairies et les rares cultures des basses pentes de la vallée. La coupe qu'il en donne a un aspect très caractéristique, avec ses blocs isolés noyés dans la matrice argilo-sableuse et ses multiples ravines séparées par des crêtes acérées.
Quelques "demoiselles coiffées" commencent à se former sur ces crêtes mais leur avenir est compromis car certaines ont déjà perdu leur chapeau et, pour la plupart, celui-ci a une taille insuffisante pour se préserver un socle assez large : voir agrandissement de ce détail sur la photo ci-après.
Pour lire la coupe structurale naturelle que fournit la vallée ainsi il faut donc se porter sur ses pentes septentrionales (revers sud de la crête qui court depuis l'Ouillon, à l'ouest, jusqu'au Mont Charvin, à l'est) qui sont au contraire orientées E-W, orthogonalement aux structures.

Le chef-lieu de Saint-Sorlin-d'Arves
vu du sud, depuis les basses pentes de rive gauche (l'Arcossais) (cliché original aimablement communiqué par Serge Gidon)
À l'ouest du col d'Arves (où passe la dislocation majeure que représente le chevauchement de la zone ultradauphinoise) on est dans la zone dauphinoise, c'est-à-dire dans le remplissage sédimentaire de l'hémigraben* qui faisait suite vers l'est, au Jurassique, au bloc basculé de socle cristallin des Grandes Rousses. Ces sédiments sont constitués en prédominance par les couches argileuses ou argilo-calcaires du Lias supérieur et du Jurassique moyen, les calcaires du Lias inférieur y restant minces et par conséquent peu influents sur le relief.
La structure
y est de type isoclinal, c'est-à-dire que
les couches sont à peu près toutes pentées
de façon égale (de 30 à 45° vers l'est).

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Les crêtes bordant la vallée supérieure de l'Arvan
vues du sud, depuis la crête de la Valette.
f.Ch = prolongement septentrional de la faille du Chambon ; s.P = synclinal du Praouat ; f.PN = faille du col des Prés Nouveaux ; ØUD = chevauchement de la zone ultradauphinoise (on a grossièrement indiqué son prolongement en rive droite de l'Arc).
Mais cette monotonie des pendages cache des contacts
anormaux et des plis (que la faible différenciation de la nature des roches rend d'ailleurs peu visibles dans le relief). En fait on y reconnaît d'abord une importante bande d'alternances argilo-calcaires du Bajocien,
qui arme le crêt de Roche Noire, au sud de Saint-Sorlin, et qu'encadrent deux bandes de schistes argileux de l'Aalénien. Elle représente à l'évidence le cœur d'un synclinal dans lequel la cartographie conduit à voir le prolongement septentrional du synclinal du Praouat de la vallée du Ferrand (voir la page "En-paris ouest"), c'est-à-dire le contenu, pincé par les serrages ultérieurs, de l'ancien hémigraben du versant oriental du bloc basculé des Grandes Rousses.
De part et d'autre de cette bande synclinale passent deux failles N-S, dans lesquelles on peut reconnaître, du côté ouest, le prolongement septentrional
de la faille du Chambon et, à l'est, celui de l'accident du col des Prés Nouveaux. Ces deux cassures prolongent donc vers le nord, respectivement, l'ancienne faille extensive du bord oriental
du bloc des Grandes Rousses et l'ancienne faille extensive du bord oriental
du bloc d'En-Paris. Toutefois l'une comme l'autre ne montrent plus ici un tel jeu extensif et semblent plutôt y avoir joué en chevauchement.
Cette transformation du caractère de ces deux cassures résulte de ce que l'on se trouve ici bien plus haut, dans le dispositif structural, que le niveau de la voûte des blocs de socle où ces cassures affectent le socle cristallin dans la coupe naturelle de la Romanche (voir la page "En-paris ouest"). Aussi n'est-il pas surprenant que ces cassures y aient été déformées (basculées vers l'ouest) et aient sans doute rejoué (en chevauchement), car elles ont là été prises dans le système de déformation qui caractérise le niveau des superstructures, où les couches sont rabattues vers l'ouest et étirées par un cisaillement global à vergence* ouest (voir les développements consacrés à cet aspect de la structure des zones externes).
Du côté est (aval) la partie ouverte de la vallée de Saint- Sorlin se ferme à Entraigues, en contrebas aval de Saint-Jean-d'Arves, où le cours de l'Arvan décrit un coude à angle droit qui lui fait contourner le Mont-Charvin par le sud-est en s'y encaissant en gorges. Ce changement de relief et d'orientation correspond à l'endroit exact où le lit de la rivière recoupe la surface du chevauchement de la zone ultradauphinoise pour rentrer dans cette dernière. Au delà il lui faut franchir la barrière des calcaires liasiques de la partie inférieure de la succession stratigraphique de cette entité tectonique, lesquels sont beaucoup plus épais que ceux de la zone dauphinoise, ce qui est la cause principale du changement de relief associé au franchissement de cet accident majeur.

La succession stratigraphique de la zone ultradauphinoise, à laquelle appartiennent le Trias et le Lias inférieur du Mont Charvin, se poursuit par des termes de plus en plus élevés jusqu'à la crête de Casse Massion (qui représente l'extrémité septentrionale du chaînon des Aiguilles d'Arves)
Noter que le
versant ouest du Mont
Charvin tranche transversalement l'anticlinal de Combe Génin
(a.CG) et que sur la rive est de la vallée, la surface de transgression du Nummulitique (en jaune) n'est pas
affectée par ce pli. Elle tranche même sa voûte
d'Aalénien au sud de Casse Massion, prouvant ainsi indubitablement qu'il s'agit d'un pli
anté-nummulitique).
Du côté occidental la vallée se ferme également car les hameaux supérieurs de Saint-Sorlin sont directement dominés par un fort épaulement rocheux. Ce dernier, qui soutient le replat situé au pied des dernières pentes du col de la Croix de Fer, a été façonné par les glaciers au maximum de leur extension, mais il a une origine structurale : c'est en effet le rebord des affleurements de socle cristallin du rameau oriental du bloc de socle des grandes Rousses, qui perce là sa couverture sédimentaire dans l'axe de la vallée (voir la page "Ouillon").
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