Le revers occidental du Plateau d'En-Paris |
page en cours
de réfection !
image sensible au survol et au clic

Les alpages du Haut Rif Tort, vus du sud depuis le collet du Gros Serret (plateau supérieur d'En Paris)
La succession aalénien - Bajocien, normalement épaisse, coiffe directement (sans Domérien ni Toarcien) la série, très réduite, du Lias inférieur calcaire déposée à la voûte de l'ancien bloc de socle d'En-Paris.
ØuD = surface de chevauchement de la zone ultradauphinoise.
Du côté occidental les alpages du plateau d'En-Paris s'abaissent jusqu'au thalweg du Ferrand par une succession de molles croupes entaillées de ravines où se développe la succession qui va du Lias inférieur (relativement peu épais) au Bajocien. L'épaisseur apparente de ces couches s'y montre accrue par des répétitions résultant de leur plissement.
image sensible au survol et au clic

Le versant de rive gauche du bas vallon du Ferrand, vu de l'ouest depuis la Croix de Cassini.
f.C = faille du Chambon ; f.Pn = faille des Prés nouveaux.
L'échine herbeuse qui court de la Côte Essuite à la Surre Saroi cache la dépression du plan du Rif Tort, ainsi que la butte de socle cristallin du plateau d'En-Paris, qui en ferme l'extrémité sud : seul dépasse le tout sommet de ce dernier.
La coupe de la gorge de la Romanche, en rive septentrionale de la retenue du
Chambon, permet d'analyser la structure de cet ensemble qui est
caractérisée par la présence d'un faisceau
de plis pris en pincement entre la faille du Chambon à
l'ouest et une autre grande cassure, verticale et de rejet opposé,
que l'on peut appeler faille de La Pisse car elle est suivie
par le ruisseau et la cascade de ce nom.
Cette cassure est d'âge jurassique car sa lèvre supérieure (orientale) montre une série liasique réduite au niveau du Lias calcaire, ainsi qu'une lacune du Toarcien. Son tracé se perd vers le nord sous la couverture sédimentaire de l'hémigraben, qui la cachète ; vers le sud on la suit, par le haut vallon de la Selle et la Tête de la Toura, jusqu'à Saint-Christophe-en-Oisans.

La rive droite de la Romanche en amont du Chambon vue du sud, d'avion depuis l'aplomb de la Belle Étoile.
image sensible au survol et au clic

La rive drooite de la Romanche en amont du Chambon
vue du sud-ouest, depuis l'échine des Clots (sud-est de
Cuculet).
f.P = faille de La Pisse.
Cette coupe naturelle de l'hémigraben du Ferrand,
au bord occidental du plateau d'En-Paris, permet de constater
le même assemblage de déformations que dans les autres
dépressions sédimentaires de l'Oisans. On y observe
en effet des plis serrés à plans axiaux subverticaux
(partie basse de la coupe), qui sont tordus par un cisaillement
vers l'ouest de leurs parties hautes (ici au dessus d'une ligne
joignant l'Alp-du-Pin au Clot du Pertuis).
Noter le caractère dysharmonique* de l'anticlinal de la Grande Clapière, par rapport à la surface de la pénéplaine anté-triasique (en rouge) qui dessine un simple pli en genou.

Coupe interprétative : disposition tectonique,
à partir des les données de la carte géologique,
feuille La Grave, retouchées d'après les observations de M.GIDON.
La torsion du prolongement dans la couverture des failles verticales du socle (qui sont rabattues vers l'ouest) et le basculement des plans axiaux des plis, du bas vers le haut, attestent d'un déplacement différentiel de la couverture vers l'ouest par rapport au socle.
La faille des Prés Nouveaux (= CC sur la
feuille La Grave) a l'allure d'un chevauchement (bien qu'elle fasse reposer l'Aalénien sur du Lias calcaire). En fait elle s'avère être le prolongement, dans la couverture sédimentaire, des failles extensives qui affectent la voûte du bloc d'En Paris, car l'Aalénien
y repose sur des copeaux de Lias calcaire et de Trias qui se raccordent à la série liasique très réduite qui garnit le sommet et le revers oriental de ce bloc (voir la page "En-Paris est").
L'explication de ce paradoxe est que
cette faille, originellement extensive, a été déformée en un "faux chevauchement"
par un déplacement vers l'ouest affectant la couverture du plateau d'En-Paris, décollée et cisaillée dans sa masse. Cet accident atypique est donc le résultat
d'un écrêtage du sommet du bloc cristallin d'En-Paris
par le cisaillement tangentiel qui affecte l'ensemble de la couverture au dessus du socle (voir schéma ci-après).
C'est là un exemple très illustratif de ce phénomène général, qui est
analysé dans l'article sur la déformation des massifs cristallins externes.
La disposition des couches entre le vallon Ferrand et le plateau d'En-paris répond clairement
au schéma général d'une déformation
compressive qui a agi en cumulant deux processus :
-
un écrasement
entre deux mors, représentés par les blocs encadrant
l'hémigraben, de la couverture sédimentaire remplissant cet hémigraben ;
-
un
cisaillement des
parties hautes de cette couverture ainsi éjectée, entrainée vers le nord-ouest par rapport à son socle
cristallin.

version plus grande de cette image
Schéma interprétatif général
de la déformation des hémigrabens des massifs cristallins
externes
spécialement inspiré par les exemples des "synclinaux"
de Bourg-d'Oisans, de la Muzelle, de la Vaurze et de Morges (l'orientation
est celle de ces deux derniers ; ici la coupe devrait être
orientée W-E)
|
|
|
|
| Ferrand |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|