Chambon, Mizoën, Cuculet |
La splendide voûte de béton du barrage du Chambon s'appuie, des deux côtés, sur des piliers naturels formés par le cristallin du bloc des Grandes Rousses : il y forme un verrou* bien caractérisé, que la Romanche traverse par une gorge étroite qui débouche au Fréney. Les appuis du barrage ont d'ailleurs été emplacés à l'endroit exact où les affleurements du socle cristallin sont limités du côté oriental par la faille du Chambon.

Le barrage
du Chambon
vu du nord, depuis les pentes sud-orientales de la Croix de Cassini.
f.Ch = faille du Chambon
En amont de cette faille la vallée s'est creusée dans les terrains plus ou moins marneux qui occupent l'hémigraben du Ferrand, ce qui a favorisé son épanouissement et augmente le volume du lac de retenue.
image sensible au survol et au clic

Le site du barrage du Chambon (rive gauche)
vu du nord, depuis les pentes sud-orientales de la Croix de Cassini.
s.P = synclinal du Praouat (voir la page "vallon du Ferrand") ; f.Ch = faille du Chambon ; f.Ca = faille de Cassini. La mention "Bloc des Rousses" désigne plus précisément la partie orientale de celui-ci, c'est-à-dire le bloc de second ordre de la Croix de Cassini.
image sensible au survol et au clic

Le site du barrage du Chambon
vu du sud (rive gauche de la Romanche), depuis l'échine du Fioc (ouest des Deux-Alpes).
f.Ca = faille de Cassini ; f.Ch = faille du Chambon ; s.P = synclinal du Praouat. La mention "Bloc des Grandes Rousses" désigne plus précisément la partie orientale de celui-ci, c'est-à-dire le bloc de second ordre de la Croix de Cassini.
coupe
interprétative.
En amont du barrage la vallée de la Romanche, qui entaille la couverture jurassique du flanc ouest du bloc cristallin d'En-Paris, garde cependant des versants très abrupts : la roche y est souvent à nu dans ses ravines de rive droite, montrant des couches qui plongent dans l'ensemble très fortement vers l'aval. La voûte du socle cristallin de ce bloc est atteinte à l'endroit où, environ 3 km en amont du barrage, la N.91 s'engage dans la "Combe de Malaval" par un court tunnel. En ce point la surface du socle, presque verticale, forme le flanc ouest d'un anticlinal en genou dont on trouve le flanc normal 500 m plus haut, déterminant le replat des Clots où le socle, dénudé forme un bel épaulement glaciaire (voir la page "EnParis W").
image sensible au survol et au clic

La gorge de la Romanche et la retenue du Chambon
vues de l'est, depuis la crête du Peyrou d'aval (à
l'ouest du refuge Chancel)
f.P = faille de la Pisse ; f.Ch = faille
du Chambon ; s.pa = surface de la pénéplaine
anté-triasique.
Le profil de la gorge, avec ses flancs trop abrupts pour converger
vers le lit du torrent est typique de son modelage par le passage
d'un glacier. Mais elle n'a pas un véritable profil en
U car le fond d'auge est encombré par des jupes d'éboulis.
D'autre part l'emplacement des épaulements ne correspond
pas au sommet du remplissage par la glace mais au changement de
la nature de la roche (surface de la pénéplaine
anté-triasique)
La surface de la pénéplaine anté-triasique
est nettement plus élevée en rive gauche qu'en rive
droite ; mais cette dénivellation n'est aucunement en rapport
avec la présence d'un mythique accident qui suivrait le
tracé de la gorge : elle s'explique simplement par l'innclinaison
de cette surface vers le nord, c'est-à-dire de gauche à
droite (c'est ce qu'exprime bien le tracé des lignes de
tirets rouges, qui se raccordent parfaitement, d'une rive à
l'autre).
L'ancienne surface de la pénéplaine anté-triasique s'élève d'autre part, transversalement à la vallée, de la rive droite vers la rive gauche. C'est ainsi que, un peu plus à l'est, elle passe d'environ 2200 (à En-Paris) à environ 3200 au Jandri (glacier du Mont-de-Lans). Mais il n'y a aucun indice que cela résulte d'un accident tectonique et cette dénivellation est le fait de la seule inclinaison de cette surface, laquelle résulte du bombement du massif du Pelvoux : la localisation du tracé de la Combe de Malaval, en fait orthogonale aux structures de ce secteur, est donc certainement le résultat d'un phénomène de surimposition* d'un tracé sans doute antérieur à la surrection de ce massif.
|
|
|
|
| Auris, Commères |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|