Le Vieux Chaillol |
Ce sommet (3163 m) est le plus méridional de ceux qui dépassent les 3000 mètres dans le massif de l'Oisans. Il se trouve d'ailleurs sur la retombée du bombement anticlinal de ce massif, là où les affleurements les plus sud-occidentaux du socle cristallin disparaissent sous leur couverture sédimentaire.

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L'extrémité sud-ouest du massif du Pelvoux
Vue aérienne plongeante prise du sud vers le nord, depuis
un avion de ligne (cliché original obligeamment communiqué par Marcel Lemoine).
Le contraste de teinte rend très visible le
contact direct du Nummulitique sur le cristallin (en rose). On a souligné
de tirets le contour de la klippe de Soleil-Boeuf.
Les teintes rouges du Puy des Pourroy correspondent à l'altération des basaltes triasiques
("spilites du Drac") de la base de la succession mésozoïque qui s'intercale entre le socle et le Nummulitique dans le vallon du Tourond (voir le schéma en fin de page).
Les teintes blanches à l'arrière
plan sont celles des granites de Colle Blanche, à gauche, et de Crupillouse, à droite.
Surtout visible depuis les bordures sud-occidentales du massif (Dévoluy, Gapençais), cette lourde montagne y donne l'impression de dominer le Champsaur. En fait elle en est séparé par des contreforts (notamment le Pic Queyrel), qui sont constitués par l'enveloppe de terrains sédimentaires, notamment nummulitiques, sous laquelle le socle cristallin, dénudé dans la pyramide sommitale, s'enfonce vers le sud et vers l'ouest.

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Le versant occidental du massif du Vieux Chaillol
vu du sud-ouest, depuis les pentes du Pic de Gleize
Le socle cristallin s'enfonce vers le sud, sous sa
couverture sédimentaire, dans le vallon du Riou Beyrou,
entre le Vieux Chaillol et le Pic Queyrel.
ØS = chevauchement de la klippe de Soleil
Boeuf (formée de Jurassique supérieur et de Crétacé inférieur) ; ØQ = chevauchement du Pic
Queyrel (ces deux accidents ont une vergence* vers le nord-ouest)
A l'extrémité inférieure de l'arête
ouest du Pic Queyrel le contact entre le Nummulitique et les Terres
Noires sur lesquelles il repose en discordance* est affecté
d'un pli couché déversé vers le nord-ouest.
(voir détails rapprochés en page Saint-Bonnet). Cet accident appartient à
la même famille de déformations que le chevauchement
du Pic Queyrel et, plus au sud, celui du Palastre.

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Le versant occidental du Vieux Chaillol, derrière la crête orientale du Pic Queyrel
vu d'avion, du sud, depuis l'aplomb de Saint-Michel de Chaillol (Champsaur)
f.Co = faille du ravin du Colombier, SW-NE, remontant, dans le socle, un compartiment méridional (du Chaillol) par rapport à un compartiment septentrional (de Colle Blanche).
Le contact de transgression du Nummulitique sur le cristallin est indiqué en rose ; on a indiqué le niveau marneux qui s'intercale dans les grès du Champsaur entre les deux niveaux riches en gros bancs ; n.m.s. = niveau marneux supérieur des grès du Champsaur (vraisemblablement mis en place par glissement synsédimentaire sous la klippe de Soleil Bœuf).
Le sommet lui-même est constitué par des roches métamorphiques, qui appartiennent à la série "corticale" : il s'agit essentiellement de micaschistes, au sein desquels sont intercalés de nombreux bancs d'anciens conglomérats métamorphisés ("conglomérats du Chaillol").

Sur cette vue suffisamment rapprochée on distingue
le litage cristallophyllien (s0) qui correspond à
une stratification originelle de lites de schistes intercalés
entre des bancs de conglomérats. La teinte rousse de la
roche résulte de l'altération météorique
des minéraux souvent riches en fer qu'elle contient. La
zone plus claire marque l'emplacement d'un ancien névé
permanent désormais fondu.
On constate que la forme de ce sommet, en pupitre à pente
douce vers le sud, est due en partie à cette texture de
la roche, même si elle correspond principalement au décapage
de la dalle des calcaires nummulitiques qui le coiffait originellement.
Vers le sud, très précisément à partir du col du Riou Beyrou, ces roches disparaissent sous une couverture sédimentaire qui débute directement par des calcaires nummulitiques, bien vite recouverts par les grès du Champsaur qui forment notamment le Tourond.

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La crête méridionale du Vieux Chaillol
vue des basses pentes de la pyramide sommitale
Les schistes cristallins, dégagés en dalles à faible pendage vers l'est, s'enfoncent sous la succession nummulitique transgressive, inclinée vers la plaine du Drac.
Sur les deux versants de la crête sud de la montagne, à l'ouest comme à l'est du Tourond, les ravins qui entaillent le Nummulitique montrent qu'à cette latitude (plus méridionale que celle sur Vieux Chaillol lui-même) il repose sur un soubassement de terrains jurassiques et triasiques (ces derniers manquent plus au nord car ils sont recoupés en biseau par la discordance* de base des couches nummulitiques).

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Coupe d'ensemble du massif du Chaillol
montrant la position de la surface de transgression du Nummulitique
aux différentes longitudes (crête, versant est et
versant ouest).
Le profil topographique de la crête sud du Vieux Chaillol
et celui du lit du Drac sont indiqués en rouge.
ØC = chevauchement du Chaillol - Cédéra
Le traits jaunes gras représentent la surface d'érosion
(D sur les clichés), sur laquelle se sont déposées,
en discordance*, les couches nummulitiques. Elle atteint, selon
les longitudes considérées, une profondeur plus
ou moins grande par rapport aux couches et structures de son soubassement.
N.B. 1 : La surface de transgression du Nummulitique
était originellement horizontale. Elle a ensuite été
basculée par les mouvements post-nummulitiques, qui ont
porté le massif du Pelvoux en altitude et qui font que
le socle cristallin disparaît en profondeur vers le sud
(du côté gauche du cliché).
Pour restituer l'attitude originelle des structures
cachetées par cette surface il faut donc, par la pensée, les basculer
d'environ 30° vers le nord (vers la droite).
N.B. 2 : En fait le long du cours du Drac le pendage de
la surface de transgression s'infléchit vers le sud par
suite de déformations post-nummulitiques (voir la coupe
d'ensemble du Drac).
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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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