col de l'Iseran, crête des Lessières
confins de la Haute Tarentaise et de la haute Maurienne

Le col de l'Iseran, un des plus hauts cols routiers d'Europe (2764 m.), permet le passage de la haute Tarentaise à la haute Maurienne par la D.902 (ex. N.202).

Il est ouvert dans les schistes lustrés qui forment toutes les crêtes des alentours et dont le feuilletage schisteux est disposé globalement avec un pendage doucement incliné vers le nord-ouest (vers la Tarentaise) : ceci détermine un relief de crêts* regardant vers le sud-est (vers la Maurienne). En fait ces schistes lustrés appartiennent à plusieurs unités imbriquées, dont les contacts tectoniques sont également inclinés vers l'ouest.

image sensible au survol et au clic

Le col de l'Iseran, vu de l'E-NE, depuis le glacier du Grand Pissaillas.


Du côté est de sa crête une bande de cargneules détermine un enchaînement de vallonnements orientés NE-SW, parallèlement à la ligne de partage des eaux. On l'interprète comme une lame expulsée tectoniquement qui souligne un chevauchement de l'Iseran rétrodéversé vers le sud-est.

image sensible au survol et au clic

Les montagnes du versant oriental du col de l'Iseran (côté sud-est), vues du nord-est, depuis le col même.
Øis = chevauchement de l'Iseran ; n.MM = nappe de Méan Martin ; n.Ch = nappe du Charbonnel


voir la coupe schématique de la marge sud de la Vanoise.
voir l'exposé sur la nomenclature des unités de schistes lustrés ligures

image sensible au survol et au clic

Le versant oriental du col de l'Iseran, vu du sud, depuis la pointe du Grand Fond (2947), à l'est du col des Fours.

Øis = chevauchement de l'Iseran (sa bande de cargneules est vue presque d'enfilade) ; n.MM = nappe de Méan Martin ; n.Ch = nappe du Charbonnel.

Cet accident sépare les unités de schistes lustrés (unités ligures moyenne et supérieure) qui enveloppent, du côté ouest, les unités briançonnaises et piémontaises externes des environs de Val d'Isère (et qui sont globalement renversées vers l'est) de celles (unités ligures inférieures) qui reposent, plus à l'est, sur le socle cristallin du Grand Paradis (et qui sont plutôt disposées à l'endroit). Il correspond donc à une surface d'articulation structurale entre deux ensembles majeurs : à l'ouest l'anticlinal de nappes du Franchet, rétrodéversé, et à l'est l'anticlinal du Grand Paradis, en forme de simple coupole.

Au nord du signal de l'Iseran, dans le cirque des sources de l'Isère, cette bande de cargneules s'élargit et s'enrichit de dolomies du Trias supérieur qui supportent des schistes lustrés, le tout constituant l'unité des Plates du Vallonnet, à affinités piémontaises au sens strict.

image sensible au survol et au clic

Détails des montagnes du versant nord-oriental du col de l'Iseran, vues du sud-ouest, depuis le col même
Øis = chevauchement de l'Iseran ; gn.p = gneiss prasinitiques.
unités de schistes lustrés ligures : n.MM = nappe de Méan Martin ; n.Ch = nappe du Charbonnel ; n.Al = nappe de l'Albaron


Au nord-ouest du col, le vallon de l'Iseran (qui descend du côté Tarentaise) est dominé du côté ouest par la crête des Leissières, qui se greffe orthogonalement sur la ligne de partage des eaux Arc - Isère. La rive gauche de ce vallon donne une coupe naturelle où l'on voit affleurer les couches du faisceau du Prariond (représenté plus précisément ici par l'unité du Malpasset, caractérisée par son matériel sédimentaire proche de la série de la Grande Motte).

image sensible au survol et au clic

Le versant nord du col de l'Iseran, vu du nord depuis le col de la Bailletta.
u.Ft = unité du Fornet ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset ("faisceau du Prariond") ; u.MM = unité de Méan Martin (schistes lustrés ligures : "sp" = serpentinites)


Cette entité tectonique montre une disposition en anticlinal couché vers l'est, pris entre des schistes lustrés supérieurs (partie septentrionale de la crête) et d'autres, inférieurs (col et sommet de la pointe des Leissières), des derniers sans doute rapportables au flanc inverse du pli (tous appartiennent à la nappe de Méan Martin).


Le versant oriental de la crête des Lessières, en rive gauche du vallon de l'Iseran, vu des pentes du Signal de l'Iseran ("gn" = gneiss ; "s" = serpentinites)
d'après Deville, 1987 (extrait de Debelmas et Desmons, 1997)

L'unité du Malpasset affleure plus largement à l'ouest de la crête des Lessières, dans le vallon du même nom, dont le fond, presque plat et très mamelonné dans le détail, est très caractéristique d'un ancien cirque glaciaire.

image sensible au survol et au clic

L'extrémité septentrionale de la crête des Lessières, vue de l'ouest, depuis le revers est de la Tête de Solaise.
Les plis visibles sur ce cliché sont ceux figurés à l'extrême droit du croquis ci-dessus (on voit là le versant opposé de la crête et l'orientation est inverse).
u.Ft = unité du Fornet ; u.Ts = unité de la Tsanteleina ; u.Mp = unité du Malpasset (faisceau du Prariond) ; u.MM = unité de Méan Martin (klippe supérieure de la crête) ; ØsL = chevauchement basal des unités de schistes lustrés ligures.
Le décalage des limites d'unités entre l'arrière-plan (pentes de la Tsanteleina) et l'avant-plan (échine de l'Arollay) est dû à ce que l'axe d'enroulement des unités empilées est un peu oblique (plus E-W) que la direction de prise de vue du cliché.


Dans le détail cette unité tectonique se montre accidentée de contournements assez spectaculaires de ses couches, notamment à l'extrémité septentrionale de la crête des Leissières

image sensible au survol et au clic

La partie septentrionale de la crête des Leissières vue de l'ouest, depuis la Tête du Solaise (détail du cliché précédent)
u.Mp = unité du Malpasset (faisceau du Prariond) ; u.MM = unité de Méan Martin ; ØsL = chevauchement basal des unités de schistes lustrés ligures.
Les plis visibles ici, à déversement vers le sud - sud-est, affectent les deux unité empilées à la fois ; ils correspondent à des plis parasites* du flanc d'un pli couché plus grand, "en feuille de chêne"*, longtemps qualifié de "faisceau du Prariond".


Les contreforts de l'extrémité septentrionale de la crête des Leissières sont franchis par la D.902 au tournant du promontoire de l'Arollay (2533). Cette bosse rocheuse est située au sommet de l'épaulement glaciaire de la rive sud de la vallée de l'Isère (voir la page "Fornet"). Il y a été édifié une table d'orientation avec commentaires géologiques (voir les photos commentées du panorama depuis ce point, aux pages "Val d'Isère", "Fornet", "Tsanteleina").


Carte géologique simplifiée des abords du col de l'Iseran

redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074
plus au nord ;
plus à l'ouest < cartes voisines > plus à l'est
plus au sud
Autre découpage de la même carte, par coupures moins agrandies et couvrant des secteurs plus larges.


aperçu général sur la Vanoise
cartes géologiques au 1/50.000° à consulter : feuille Tignes

Val d'Isère

Dôme ; Fornet

Tsanteleina
La Sana

LOCALITÉS VOISINES

Carro

Les Fours

Bonneval

Sources de l'Arc
.

accueil section Vanoise

début de la page

sommaire de GEOL_ALP

Aller à la page d'accueil du site
Dernières retouches apportées à cette page le 20/06/16