| Lac Blanc, col de Chavière (versant nord) |
Le tracé du cours tout-à-fait amont du Doron de Chavière suit approximativement le système de cassures de la cicatrice de Chavière. Ce dernier, qui constitue la frontière entre les deux domaines de la Vanoise occidentale et orientale, est jalonné par un chapelet d'affleurements de cargneules qui affleurent notamment assez largement dans le versant nord du col de Chavière : elles y donnent un paysage chaotique car criblé d'entonnoirs de dissolution.

Les pentes terminales du versant nord du col de Chavière
vues du col (cliché original obligeamment communiqué par Mme Françoise DECARSIN)
Les cargneules et les éboulis subissent une migration vers le bas du versant, ce qui les fait entourer un pointement rocheux stable formé de calcaires triasiques. Certains entonnoirs hébergent encore, provisoirement, de l'eau provenant de la fonte des névés.
Les abrupts qui le dominent du côté ouest sont essentiellement constitués par les roches du soubassement de la Vanoise occidentale, c'est-à-dire par des grès et schistes argileux du Houiller. Dans l'ensemble ces couches sont disposées en série renversée, car on se trouve là au bord est de l'éventail de plis de la Vanoise occidentale. C'est pourquoi l'on voit apparaître à la base des falaises du versant est de la montagne leur couverture stratigraphique de grès et pélites du Permien puis de carbonates triasiques (calcaires, puis dolomies).

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Le haut vallon du Doron de Chavière (et les crêtes de Péclet-Polset)
vus du nord-est, depuis le sommet de la Pointe de l'Observatoire.
f.G faille de Gébroulaz : ØC = chevauchement de Chavière ; a.rN = anticlinal du ruisseau Noir; s.P = synclinal de l'Aiguille de Polset ; c.C = cicatrice de Chavière (faille principale).

En fait la succession des couches y est affectée d'un redoublement : celui-ci est dû à un "chevauchement de Chavière", maintenant renversé avec l'ensemble des couches, qui amenait originellement le houiller de l'unité du Lac Blanc (maintenant inférieure) sur le Permien (à faciès "gneiss de Sappey") de l'unité de l'Aiguille de Polset (désormais en position supérieure). Deux plis s'observent également dans cette succession : l'anticlinal du Ruisseau Noir (qui se prolonge au nord par celui des Eaux Noires) et le synclinal de l'Aiguille de Polset : ils représentent sans doute les deux crochons de ce chevauchement.
Ce dispositif témoigne d'une déformation par
imbrications à vergence W-SW, antérieure au rétro-déversement
de la zone houillère. Il évoque très fortement
le système analogue que l'on observe au sud de l'Arc, également
à la marge est de la zone houillère, dans le massif
des Sarrasins (voir le schéma interprétatif de la page "Sarrasins")

Le lac actuel ne représente plus qu'un étroit
croissant, à la marge sud du lac originel, désormais
rempli aux deux tiers par les déjections torrentielles
étalées en patte d'oie.
c.C = cicatrice de Chavière (faille principale) ; on a figuré par un symbole de demi-charnière l'enroulement anticlinal des couches de la Vanoise orientale, qui plongent de plus en plus vers l'ouest, pour s'engager sous la surface de la cicatrice de Chavière.
Le lac se situe exactement à cheval sur la limite entre les affleurements houillers des pentes supérieures et les calcaires et dolomies triasiques qui constituent les abrupts qui tombent sur le vallon de Chavière. Ces couches forment un verrou en amont duquel le lac remplit une cavité de surcreusement aménagée par la langue orientale du glacier de Gébroulaz, lorsqu'elle atteignait ce point (à la fin du XIXe siècle).
Du côté nord la dépression du lac est fermée par l'extrémité méridionale du chaînon du Petit Mont-Blanc (voir la page "Mont Coua").

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