Collines à l'ouest de Voiron |
En aval de Voiron la vallée de la Morge, qui descend de la région de Saint-Étienne de Crossey ne rejoint pas la plaine de l'Isère par un tracé nord-sud (passant aux abords de Coublevie), qui serait le plus direct. Au contraire elle suit sur plus de 4 kilomètres un trajet, vers l'ouest - sud-ouest, qui est presque parallèle à la bordure de cette plaine, avant de se décider à la rejoindre à l'emplacement de Moirans.
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Carte de détail des dépôts quaternaires du Voironnais (partie orientale : cuvette de Voiron). |
même image, de taille plus grande |
| même image, de taille plus grande |
Carte itinéraire (abords occidentaux de la ville de Voiron) : Le repérage est facilité par le tracé des principales routes. Le chapelet de points indique l'itinéraire suggéré (avec des arrêts numérotés). |
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Ce tracé date très précisément du stade 5 de retrait du front glaciaire isérois, époque où la rivière était alors astreinte à contourner par le nord, d'est en ouest, la crête de moraine 5M (voir la carte d'ensemble). Étant alors grossie par les eaux de fonte qui s'échappaient de la marge du glacier elle y a creusé un large chenal marginal dont le fond est actuellement représenté par la terrasse 5s : cette terrasse s'allonge en rive droite, 45 m au dessus du cours actuel, depuis le Coteau de Paviot, par la Croix Rousse (en contrebas sud du péage autoroutier) et le hameau de Champfeuillet, jusqu'à celui de L'Érigny.

Par la suite (stades 6 et 7) la rivière n'a réussi qu'en aval de Paviot et Saint-Jean de Moirans, à percer une brèche dans ce barrage morainique et à s'y engager pour rejoindre directement la plaine de l'Isère au niveau de Moirans. Elle s'est donc encaissée sur place dans les dépôts glaciaires fraîchement abandonnés par le glacier isérois, au fur et à mesure que ce dernier voyait sa surface s'abaisser et son front reculer vers le sud-est.


image sensible au survol et au clic

La vallée morte de Saint-Olive, à l'ouest
de Voiron :
Vue aérienne d'enfilade, du nord-est (d'amont), depuis
l'aplomb des quartiers nord-ouest de Voiron. La ligne
de tirets blancs indique l'actuel tracé de la voie de contournement
ouest de Voiron (voir la carte itinéraire, en haut de page).
La langue du glacier isérois qui s'engageait
dans la dépression de Voiron aux stades 4 et 5, serait
"dans le dos" de l'observateur.
Ses eaux de fonte s'échappaient vers l'ouest, par deux
effluents (dont celui qui a creusé la vallée de
Saint-Olive) qui convergeaient à l'emplacement actuel du
village du Placire puis s'écoulaient en contournant par
le nord la moraine frontale de Criel (M4"), par l'actuelle vallée morte de l'Olon (s4")
NB : Ces chenaux ont commencé à fonctionner (comme indiqué sur les clichés)
à l'épisode s4", mais ils ont
continué à évacuer les eaux et à s'encaisser jusqu'au stade s5 (comme indiqué sur la carte ci-dessus...).
Au nord de la vallée morte de Sainte-Olive on rencontre encore deux autres vallées mortes parallèles : celle de Charauze-le-Bas (stade 3"-4') (voir page Charnècles : panorama de Saint-Cassien), puis celle de l'Agnelas (stade 3'-3") (voir aussi la page La Murette).

La moitié inférieure du cliché
montre presque uniquement le vaste plateau alluvial de La Garenne,
qui s'est construit par colmatage de la dépression située
au nord de Voiron, lors du retrait (4'R) et du stationnement
(4'S) du glacier au stade 4.
Dans la moitié supérieure on a souligné en
blanc l'axe des deux chenaux marginaux les plus septentrionaux
des collines de l'ouest Voironnais : chenal de l'Agnelas
(3'S à 3''S), au centre du cliché,
et chenal de Charauze de Bas (3''S à
4'S), au bord gauche du cliché. Les crêtes
morainiques sont indiquées par les couleurs conventionnellement
adoptées en fonction de leur âge.
Le bord extérieur de la grande terrasse
de La Garenne (4'S et 4'R) dessine un fort rentrant
vers le nord (les Blanchisseries) et, du côté nord-ouest,
recoupe la moraine 3'M de Charauze et même la banquette
3'R de l'Agnelas : cela veut dire que les eaux de fonte qui l'ont
construite balayaient cet espace en décrivant des méandres
qui s'écartaient notablement, vers le nord, de la marge
du glacier.
Ces eaux ont longtemps continué à s'échapper
(jusqu'à la fin du stade 4) par le chenal de Charauze
de Bas, créé au stade 3'', avant d'emprunter, à
la suite d'une baisse de niveau correspondant à l'épisode
4''S, le chenal de Sainte-Olive (hors du cliché, à
gauche : voir cliché précédent).
Cette terrasse a, d'autre part, été réentaillée,
sans doute depuis le stade 5 et jusqu'à une date récente,
par le ravin dû à l'écoulement des eaux de
la source de Font Bernard. Ce ravin s'ouvre vers l'aval à
partir de Sermorens pour déboucher, à sa partie
basse, sur la terrasse alluviale de la basse ville de Voiron.
Ces vallées évacuaient vers l'ouest les eaux qui s'accumulaient, en formant un lac, au stade 3 dans la dépression des Blanchisseries (au nord de Voiron), puis qui divaguaient au stade 4 sur la plaine de colmatage de ce dernier. Elles ont été abandonnées à tour de rôle lors de l'abaissement de la surface de la glace. Les moraines qu'elles séparent s'interrompent vers l'est, car elles ne pouvaient pas se former, ou étaient détruites au fur et à mesure par la circulation des eaux, dans la dépression lacustre puis d'épandage fluviatile des Blanchisseries.
image sensible au survol et au clic

La bordure occidentale du plateau alluvial de la Garenne,
vue de l'ouest, depuis la route allant de Tallifardières
à Charauze-le-haut (l'observateur se trouve sur la surface
de la terrasse 4'R).
On voit là l'extrémité orientale du tronçon résiduel de la moraine 3'M, (de Charauze le Haut), dont le prolongement originel vers l'amont (vers la droite) a été tranché par les divagations des eaux qui, aux épisodes ultérieurs, 4R puis 4S, ont créé la terrasse de la Garenne. Cette érosion a même mis à nu les conglomérats molassiques du bedrock , que la rocade ouest de Voiron traverse en tranchée dans le prolongement oriental de la crête morainique.
image sensible au survol et au clic

La vallée morte de l'Agnelas, au revers
nord de la moraine de Charauze,
vue de l'ouest, depuis les pentes septentrionales de la colline
de Charauze-le-haut (l'observateur se trouve sur la surface de
la terrasse 3S').
En contrebas de l'Agnelas, où s'étagent
les banquettes de retrait du début du stade 3, et
en bordure nord de la crête morainique de Charauze, court
un dernier chenal marginal bien caractérisé. Il n'y coule actuellement qu'un filet d'eau bien incapable de l'avoir creusé, mais il décrit néanmoins plusieurs méandres pour rejoindre
la plaine de Haut Saint-Cassien (voir la page Charnècles).
Créé au stade 3S' comme exutoire des eaux
du lac des Blanchisseries, il a été approfondi pendant
le retrait qui s'est opéré entre le stade 3' et le stade 3" et s'est ainsi encaissé dans
la terrasse 3S'. Il a été abandonné
lors du retrait entre 3S" et 4R, sans doute
parce qu'il avait alors commencé à s'enfoncer dans
le bedrock, plus résistant (qui affleure effectivement
au fond du thalweg).
Son débouché amont est actuellement barré
par les remblais accumulés pour établir la rocade
ouest de Voiron (au fond, devant le pied de la montagne de Vouise,
sur le cliché).
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