Crête de la Dent de l'Ours et du Cernay |
Le chaînon du Grand Som se prolonge assez longuement au nord du col de Bovinant, jusqu'à l'aplomb sud du village du Château du Gouvernement, en restant bordé tout du long par le vallon des Éparres, sur son côté ouest. En cours de route cette longue crête boisée culmine d'abord à la Dent de l'Ours (1820 m), puis à la crête du Cernay.

La crête est constituée globalement par une bande d'Urgonien dont les strates sont en grande partie redressées presque à la verticale. Elle est limitée du côté ouest par le chevauchement de la Chartreuse orientale qui la sectionne, à sa base, tout du long du vallon des Éparres (et qui se poursuit plus au nord jusqu'au Guiers Vif).
En fait l'Urgonien y présente divers contournements qu'il est parfois difficile d'analyser dans le détail en raison de la mauvaise visibilité et de la difficulté d'accès de ces abrupts très boisés. Mais il apparaît que l'on retrouve, sur les transversales successives de la crête, un même enchaînement d'au moins deux plis dans lesquels on peut reconnaître les prolongements septentrionaux de l'anticlinal du Grand Som et du synclinal du Néron.


À la Dent de l'Ours ce dispositif est en outre tranché par des failles de décrochement qui contribuent à isoler ce sommet.

On y observe en outre, dans les abrupts occidentaux, des imbrications secondaires qui prolongent plus ou moins celles de la crête nord du Grand Som.

croquis du versant ouest de la Dent de l'Ours
DDO = décrochement de la Dent de l'Ours
; DF = décrochement du col du Fret ; DB =
décrochement de Bovinant.
AGS = anticlinal du Grand Som ; SN = synclinal du
Néron
= surface
de chevauchement secondaire, apparemment reployée par le
synclinal du Néron, comparable en cela aux surface d'imbrication
2 et
3 de
l'arête nord
du Grand Som
- 1 - une cassure extensive N-S, que l'on peut appeler la faille du Cernay car elle se poursuit dans la partie haute des bois de ce nom.
Il est vraisemblable qu'il s'agit là d'une cassure ancienne, antérieure au plissement, de la même famille que celle qui passe à proximité du sommet du Grand Som (F1 sur le schéma) ; peut-être s'agit-il même du prolongement septentrional de cette dernière, décalé vers l'est par le faisceau de décrochements de Bovinant. Elle se prolonge vers le nord jusqu'à traverser la crête peu en contrebas du point coté 1593 (voir la dernière photo de la présente page).


- 2 - un repli secondaire assez remarquable qui affecte la partie basse de la masse inférieure urgonienne. Il s'agit d'un anticlinal anguleux, déversé vers l'ouest, qui présente la particularité notable de ne pas affecter les bancs formant le pied de la falaise. Ceci implique qu'il y a eu désolidarisation et glissement des bancs supérieurs, plissés par rapport à ceux, non déformés, du pied de falaise.
Ce pli doit donc être interprété comme un exemple de "pli de propagation", qualificatif que l'on attribue aux plis par lesquels s'effectue l'amortissement d'un chevauchement, au point extrême atteint par la propagation de la cassure. Ici la faille de chevauchement, notée F sur le schéma, s'est propagée d'est en ouest et le déplacement de la tranche supérieure est égal à la longueur du flanc ouest de l'anticlinal.
image sensible au survol et au clic 
Le repli secondaire du versant oriental de la Dent de l'Ours,
vu du sud, depuis le versant ouest du vallon des Aures (sentier
des cent lacets).
Au pied des escarpements orientaux de la crête, dans le Bois du Cernay, une frange d'éboulis masque la limite inférieure des affleurements de l'Urgonien, avant que l'on voie ceux-ci commencer à dessiner le rebroussement des couches correspondant au synclinal du Néron. Or les affleurements de calcaires du Fontanil débutent dans le versant peu en contrebas des derniers affleurements d'Urgonien, laissant donc trop peu de place pour que le flanc oriental de cc synclinal puisse se développer là normalement : il est donc à peu près certain que ces éboulis masquent une cassure (sans doute chevauchante) qui doit rompre ce flanc oriental du synclinal du Néron (dont la charnière s'observe cependant, à l'extrémité septentrionale de la crête, dans les abrupts qui tombent sur le village du château du Gouvernement).
Le vallon des Éparres a un tracé qui est à l'évidence guidé par le chevauchement de la Chartreuse orientale. En effet le tracé de ce dernier suit le pied des crêtes de sa rive orientale (où il est d'ailleurs le plus souvent masqué par les éboulis). Vers l'extrémité nord du chaînon, à la latitude des bois du Cernay, une ravine met à nu la charnière de l'anticlinal du Grand Som, rompue par la faille du Cernay. L'axe de ce pli passe du versant est au versant ouest de la crête entre les points 1593 et 1529 en raison de son orientation, presque exactement N-S, qui est plus méridienne que celle de la crête en ce point.
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Le ravin du versant ouest de la crête du Cernay vu du nord depuis le vallon des Éparres. a.GS = anticlinal du Grand Som ; f.C = faille du Cernay , d'orientation à peu près N-S, presque parallèle à l'axe du pli. Il n'y a qu'en ce point que l'on voit apparaître, sur
cette crête des terrains d'âge plus ancien que l'Urgonien. |
Le fond du vallon des Éparres montre des affleurements presque continus de Sénonien, mais ceux-ci pendent toujours vers l'est : ils ne dessinent pas de synclinal et ils sont séparés brutalement des abrupts de son versant est par le chevauchement de la Chartreuse orientale : ce vallon n'est donc pas un val synclinal* mais plutôt une combe monoclinale*. La partie basse de son tracé est coudée en baïonnette, aux alentours de l'altitude de 100 m., par le décalage dextre que lui occasionne le décrochement des Éparres (voir la Carte géologique du secteur de la Ruchère).
Enfin le versant ouest du vallon des Éparres est constitué par le revers est du crêt d'Urgonien de la crête des Éparres, dont la structure est très simple, seulement tranché le décrochement des Éparres et par quelques autres failles de décrochement mineures.
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(fond topographique d'après la carte IGN au 1/100.000°) |
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