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Pic de Gleize

crête entre le Champsaur et les sources du Petit Buëch

La crête de Gleize limite du côté oriental le massif de Rabou au sud des vallons des sources du Petit Buëch. Elle a été sculptée par l'érosion en une crête orientée parallèlement aux axes des plis post-Sénoniens et donne ainsi, sur ses deux côtés une coupe orthogonale aux plis anté-Sénoniens.

La crête de Gleize
vue du nord-est, depuis le Champsaur

Selon cette coupe naturelle (qui est celle du versant ouest du sillon du col Bayard) le splendide synclinal de l'Aiguille de Gleize (s.Gl), couché vers le nord est pratiquement vu d'enfilade, selon son axe (orienté NE-SW).
Il affecte la succession anté-sénonienne, dont toutes les couches plongent légèrement vers l'arrière du paysage (c'est-à-dire vers l'ouest), comme le fait aussi l'axe du pli. Cette disposition traduit le fait que l'on se trouve là sur le flanc est d'un grand synclinal N-S post-Sénonien qui prolonge à peu près celui de Saint-Étienne en Dévoluy.

Le versant ouest de la montagne montre l'intersection de cette structure par l'anticlinal N-S post-sénonien de Chaudun. En outre elle révèle une complexité inattendue concernant le Pic de Gleize lui-même.

La crête de Gleize et la montagne de Chaudun
vus du nord-ouest, depuis le Pic de Bure.

Sous cet angle apparaissent quelques complexités supplémentaires de cette structure :
1. Le vallon qui monte de la gauche vers la droite entre la montagne de Chaudun et la crête des Miauzes est ouvert dans le coeur de l'anticlinal N-S de Chaudun (a.Ch).
2. Le synclinal de l'Aiguille de Gleize, s.Gl, couché vers le nord est tordu par un synclinal (très ouvert), d'axe différent (N-S), qui passe entre l'Aiguille et le Pic : l'Argovien (du flanc inverse), qui affleure là, en occupe le coeur. En avant, dans la montagne de Chaudun, les couches des deux flancs du synclinal de l'Aiguille de Gleize plongent vers l'est (c'est-à-dire vers l'arrière du paysage).
3. f.pG = faille du Pic de Gleize : elle suit le vallonnement qui est masqué par la barre rocheuse du flanc droit du synclinal de Gleize.

En effet l'arête sud et l'antécime sud du Pic de Gleize (signal coté 2159) sont formées par une succession de couches du Jurassique supérieur disposées à l'endroit. Ces couches sont séparées de celles du sommet nord, constituées d'Argovien à l'envers (appartenant au flanc sud du synclinal de Gleize) par une faille du Pic de Gleize.


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Le versant ouest du Pic de Gleize
vu du nord - ouest , depuis les pentes entre le col de Chabotonnes et le Pic des Miauzes

a.Ch = anticlinal N-S de Chaudun ; s.Gl = synclinal de l'Aiguille de Gleize ; a.Gl = anticlinal de Gleize ; f.pG = faille du Pic de Gleize : elle suit le vallonnement qui est masqué par la barre rocheuse du flanc droit du synclinal de Gleize. Elle abaisse le coeur séquanien de l'anticlinal de Gleize jusqu'au niveau de la charnière tithonique du synclinal de l'Aiguille de Gleize.

Cette faille du Pic de Gleize est vraisemblablement extensive car on peut penser qu'elle abaisse des couches qui constituaient originellement le flanc supérieur (à l'endroit, donc) d'un anticlinal couché dont la charnière devait se développer originellement dans la tranche de terrain enlevée par l'érosion à l'aplomb du Pic de l'Aiguille..
On peut s'interroger sur l'âge du jeu de cette faille par rapport à celui du plissement : l'hypothèse la plus simple est qu'elle soit plus tardive. Peut-être s'agit-il même d'une cassure quaternaire, limitant un énorme paquet tassé : c'est ce que suggère la dislocation du versant est de la montagne en paquets tassés plus petits (qui s'étagent en aval d'une crevasse d'arrachement dans lequel s'inscrit le tracé du chemin qui monte depuis le col de Gleize).

Le versant oriental du Pic de Gleize s'abaisse progressivement jusqu'au seuil du col Bayard par une pente largement garnie d'épandages ébouleux et de dépôts morainiques. La partie supérieure du versant présente une très belle morphologie de paquets tassés*, caractérisée par des sillons arqués, plutôt parallèles à la ligne de crête, isolant plusieurs buttes rocheuses.


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Le versant oriental de l'arête sud du Pic de Gleize
vu de l'échine sud de la Pente de la Moutty (point coté 1996) (cliché obligeamment communiqué par M. François Longeot)

Ce dispositif s'est formé aux dépens des calcaires du Jurassique supérieur, par le jeu de crevasses de glissement qui trouvent leur origine profonde dans les Terres Noires sous-jacentes. Comme dans bien d'autres cas, ces mouvements de terrain ont vraisemblablement été déclenchés par la fonte du glacier, qui soutenait auparavant un versant rendu plus abrupt par l'érosion du flanc de l'auge glaciaire.


cartes géologiques à 1/50.000° (*) à consulter : feuille Gap

col de Rabou

Chaudun

(Saint- Bonnet)
gorges du haut Buëch LOCALITÉS VOISINES (col Bayard)

Rabou

Rabou

(Charance)
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