| Méan Martin (Pointe, Aiguille et Signal de ...) |

Les arêtes de cette montagne sont constituées par des schistes lustrés à prédominance argileuse, qui sont rapportés à la nappe de Méan Martin (c'est-à-dire à la plus élevée des nappes ligures dites "médianes"). Le sommet lui-même est formé par une lame de prasinites qui y est interstratifiée.
Au pied est du signal de Méan Martin passe une lame discontinue de cargneules et de calcaires triasiques, Elle jalonne le tracé du chevauchement de l'Iseran (voir la page "Iseran") et détermine une combe suspendue qui court depuis ce col en passant peu en contrebas est de la crête de Bézin. Sa présence dédouble la crête en individualisant la crête secondaire de la Met, qui culmine du côté sud à la Pointe des Buffettes. Au sud de ce sommet cet alignement de copeaux tectoniques cesse, de sorte que la surface de chevauchement de l'Iseran ne se distingue plus guère des autres surfaces tectoniques qui séparent les unités de schistes lustrés imbriquées.
Les levers des auteurs récents indiquent que (contrairement à ce que l'on avait longtemps admis) le chevauchement de l'Iseran ne se prolonge pas, vers le sud-est, par les affleurements triasiques de la fenêtre le Lanslevillard et que l'axe anticlinal de cette dernière passe plus en contrebas dans le versant sud de la crête de partage des eaux Arc - Isère. L'accident de l'Iseran se poursuit au contraire sur le versant nord pour rejoindre.le fond du vallon de la Rocheure (voir en fin de page). Mais il semble, à cette occasion, se renverser totalement, sous la Pointe du Claret,, à la faveur d'un pli synclinal ouvert vers le nord.
Les pentes du versant mauriennais de la montagne, à l'est de la crête secondaire de la Pointe des Buffettes et de la Met, montrent avec une particulière clarté la superposition des unités ligures, jusqu'à leur soubassement tectonique le plus profond (ce dernier est constitué par le versant occidental de la grande coupole du massif cristallin du Grand Paradis (voir la page "Bonneval").
| voir l'exposé sur la nomenclature des nappes de schistes lustrés ligures |
Il est à noter que le sommet même de la Pointe de Méan Martin (3330 m) se situe au point de connexion avec la grande crête de partage des eaux de la rive droite de la vallée de l'Arc à un endroit où cette crête fait un coude vers l'est. C'est pourquoi, vu des environs de Bonneval, le vrai sommet de la montagne reste masqué derrière son contrefort oriental de la Pointe des Buffettes.

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Les pentes orientales de la vallée de l'Arc en aval
de Bonneval
vues de l'est, depuis l'extrémité nord du plateau
d'Andagne (abords du relais hertzien)
Sur le versant sud-ouest de la montagne, aux abords méridionaux du col de la Rocheure,
le soubassement des nappes ligure perce, à la faveur du
dispositif du "faisceau du Prariond", que l'on peut
grossièrement assimiler au coeur d'un anticlinal de nappes*
déversé vers l'est (cette interprétation
se base sur le fait qu'une telle structure s'y observe plus au
nord -est, dans le cirque du Prariond).
Les affleurements qui s'y rapportent comprennent au nord du col
des brèches crétacées du type "Tsanteleina".
Au sud du col ils se réduisent à une puissante lame
de brèches calcaires triasiques, dont les dalles claires
font contraste avec leur environnement de schistes gris. L'érosion
du torrent l'a juste dénudée en rive droite du thalweg
et la largeur de ses affleurements se réduit de plus en
plus vers le sud jusqu'à s'annuler juste en aval du refuge
de la Femma.

C'est là que se termine la bande de terrains à
affinités briançonnaises (rapportés pour
certains au Piémontais externe) du "faisceau du Prariond".
Mais on peut se demander si cette unité ne se raccorde
pas, vers l'ouest, à la nappe de la Grande Motte (qui est
rattachable au même domaine) car c'est cette dernière
que traverse la vallée de la Rocheure en aval de la Femma,
jusqu'aux chalets de Pierre Blanche. De plus les terrains de la
nappe de la Grande Motte y sont affectés par l'anticlinal
des Lombards (voir la page "Rocheure"),
lequel pourrait sans grande difficulté être considéré
comme le coeur du dispositif anticlinal du faisceau du Prariond.
Toutefois les terrains des ces deux unités, malgré
des parentés de constitution, ne présentent pas
la même ordonnance. Il est donc difficile de voir là
une vraie continuité entre eux, même si l'on peut
sans doute envisager une connexion plus complexe...

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