| Structure du Vercors (secteur 4) : |
La bordure orientale du massif du Vercors est constituée par un abrupt important qui met à nu les couches du Crétacé inférieur et celles du Jurassique terminal et que l'on désigne traditionnellement du nom de "rebord subalpin". Ce dernier correspond en fait aux pentes de rive gauche de la vallée du Drac et se rattache donc plutôt au bassin de cette rivière au point de vue topographique. C'est pourquoi les pages qui les décrivent on été classées au sein de la Section "Drac" du site (voir la page " Drac : lieux" et la page "Trièves") en dépit de leurs liens de voisinage avec celles du Vercors proprement dit.
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Carte structurale schématique En jaune les affleurements de Miocène ; le trait vert correspond à la faille des Presles, le trait rouge au chevauchement de Rencurel et le trait bleu au chevauchement du Moucherotte. Plis (d'est en ouest) : |
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C'est particulièrement le cas à proximité de Grenoble pour les rochers de Comboire et, au sud de Vif, pour le petit chaînon de l'Éperrimont. C'est aussi ce qui se produit plus largement à la latitude du Trièves proprement dit, où la barrière rocheuse orientale des falaises de l'Urgonien est assez profondément échancrée, au sud de la Grande Moucherolle. par la vallée supérieure de la Gresse. Cela y détermine une dépression satellite occidentale du bassin du Drac. Elle est partagée en deux par le petit chaînon N-S du Ménil et son isolement topographique est tel que l'on a plutôt coutume de la considérer comme appartenant au Vercors (voir la page "Gresse").
Pour mieux visualiser la position des traits structuraux de ce domaine intermédiaire de bordure orientale du Vercors on peut essayer de le replacer par rapport aux régions plus orientales du Bassin du Drac et de l'extrémité méridionale des massifs cristallins externes.
Cette vue fait particulièrement bien apparaître le dessin de l'extrémité sud-occidentale de l'Arc Alpin aux environs de Grenoble et le fait que celui-ci traduit l'ennoiement vers le SW de la voûte du socle cristallin de Belledonne. Elle suggère en outre que les mouvements rétroverses (à vergence NE) que l'on observe dans la couverture sont l'effet d'un sous-charriage du socle sous cette dernière (voir à ce propos la page "surrection de Belledonne").
(page en cours de remise en forme)
Concernant les rapports entre le chaînon de l'Éperrimont et celui du Vercors extrème-oriental il est d'abord remarquable que les affleurements de la lèvre supérieure du chevauchement de l'Éperrimont se terminent vers le nord à la latitude de Vif, ceci à la faveur de l'abrupt transversal du Pieu.
On peut donc se demander si la création de cet abrupt, qui se fait remarquer par sa disposition tout-à-fait transversale au chaînon est l'effet de la seule érosion où s'il ne correspondrait pas à un important accident tectonique tranversal. En effet c'est à cette même latitude que, à l'ouest la vallée du Lavanchon, se terminent en sens opposé (venant du nord), ceux de la lèvre inférieure du chevauchement de Saint-Ange, constitués par les Rochers de la Bourgeoise et du Pré du Four.
Cette disparition se produit plus précisément à Saint-Paul de Varces par le jeu de la faille des Charbonniers : cette dernière y affecte les couches crétacées à pendage ouest en surhaussant apparemment celles de sa lèvre méridionale (voir cliché ci-après et la page "Col de l'Arc").
Or c'est une disposition comparable qui s'observe au niveau du Jurassique de la rive orientale du vallon du Lavanchon, où le jeu de la faille de Brise-Tourte occasionne également un surhaussement d'ampleur comparable de sa lèvre méridionale. La différence semble donc résider seulement dans l'âge des niveaux affectés. Cela suggère que ces deux failles soient les deux parties (ouest et est) d'un même accident faisant office de relais, dans un rapport en quelque sorte "transformant", entre ces deux surfaces de chevauchement qu'il raccorderait en dépit de leur décalage stratigraphique (ceci impose d'ailleurs que cet accident transversal ait eu un jeu en coulissement dextre, ce qui paraît conforme aux faits observables).
L'extrémité septentrionale du chaînon de l'Éperrimont, entre les vallons de La Gresse et du Lavanchon : vue pseudo aérienne d'après une image extraite de "google-earth". ØEp = chevauchement de l'Éperrimont ; f.Ch = faille des Charbonniers ; f.Bt = faille de Brise Tourte (prolongement éventuel de la précédente) : f.U = faille de la ferme d'Uriol septentrionale ; f.sL = faille du Rocher Saint-Loup (voir la page "Vif"). f.L? = faille éventuelle du Lavanchon. |
Si l'on admet cette interprétation on est amené à considérer que la surface du chevauchement de l'Éperrimont doit se raccorder à celle des Agnelons, dont l'extrémité septentrionale laquelle semble matérialisée par la faille de l'Arc ; mais elle ne peut le faire qu'en franchissant leur écart de position stratigraphique au prix d'une inflexion presque à la verticale de leur surface. C'est bien ce qui apparaît à la construction des coupes (voir plus haut) et laquelle porte à conclure que cela doit se produire selon une ligne suivant à peu près le talweg du Lavanchon, et même y être dû à une vraisemblable "faille du Lavanchon" à lèvre orientale surélevée.
Deux facteurs semblent avoir pu intervenir pour induire les particularités évoquées par cette analyse :
- le premier est que la marge orientale de ce bourrelet a dû être surhausssée du fait de la flexion des sédiments lors de sa formation, ceci portant la tranche des calcaires du Jurassique supérieur dans une position relativement haute et donc favorable à se rompre en chevauchement vers l'ouest à l'occasion des serrages ultérieurs.
- le second est que ce dispositif devait représenter un obstacle assez décisif pour déterminer, lors des serrages ultérieurs, la rupture de l'Urgonien plutôt au revers est de l'obstacle constitué par ce bourrelet et "inciter" le chevauchement à passer "sur son dos" plutôt qu'à s'engager sous l'Urgonien.
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