| col de l'Arc, Pré du Four, vallon de Machiret |

| N.B : Sous la crête des crocs, la cassure
f.Bn ne traverse pas la partie haute de la succession
chevauchante et se raccorde vers le haut à la surface
du chevauchement ØM. Ce fait indique qu'elle correspond
à une "rampe latérale"*, c'est à
dire à une déchirure coulissante qui a joué
en même temps que le chevauchement. Cette interprétation
est confirmée par le fait que, de part et d'autre de la
cassure, la géométrie tectonique n'est pas la même.
En effet, du côté nord le flanc oriental du synclinal
du Cornafion ne se raccorde plus (comme au sud) par une simple
charnière au flanc normal du pli. Au contraire il est
sectionné beaucoup plus bas (à la charnière
même, seule conservée à la grotte du Pré
du Four). Ce fragment du flanc oriental du synclinal a été détaché par la surface de chevauchement satellite Øs, pour former une lame tectonique intercalaire. C'est sans doute cette même lame qui affleure d'autre part dans le versant ouest du col de l'Arc (voir la page "Pic Saint-Michel") |
La surface de chevauchement du Moucherotte s'observe en contrebas sud du Pré du Four, à la grotte du même nom. Cette grotte est évidée dans la Lumachelle du compartiment chevauché ; son toit est formé par une dalle décamétrique d'Urgonien, qui représente une navette* étirée le long de la surface de chevauchement.

L'entrée de la grotte du Pré du Four : vue rapprochée, prise à peu près du sud
(l'ouest est à gauche)
Le toit de la grotte est teinté d'ocre
par les ruissellements qui y déposent un enduit d'argiles
oxydées provenant des marnes de Narbonne qui affleurent
quelques dizaines de mètres plus haut.
La vue est prise à peu près dans l'axe du crochon
qui rebrousse la Lumachelle chevauchée.
La base de la dalle d'Urgonien est débitée en lames
secondaires par des surfaces de chevauchement annexes (on en a
souligné deux) qui se relaient pour former le toit,
lisse et surplombant, de l'entrée de la grotte.
Noter que la surface de chevauchement plonge doucement
vers l'ouest, dans le sens de déplacement du compartiment
chevauchant (conformément au dessin de la coupe ci-dessus)
: cette disposition n'est sans doute pas originelle et a plus
probablement été acquise par l'effet d'un basculement
postérieur au mouvement de chevauchement (cf. légende
des coupes à la page "tectonique
du Vercors").


Blocs tectonogrammes schématiques
montrant les relations entre les différents accidents tectoniques
du chaînon oriental du Vercors entre le Pic Saint-Michel au nord
et le Col Vert au sud.
On a dessiné trois blocs, un peu espacés l'un de
l'autre, représentant chacun la structure dans une portion
des compartiments successifs séparés du nord au
sud par les failles transverses. Noter que celles-ci ne sont pas
orthogonales aux plans de chevauchement et aux axes de plis, mais
orientées obliquement , l'une (f.Bn) NE-SW, l'autre (f.rO)
NW-SE.
s.C = synclinal du Cornafion ; ØM
= chevauchement du Moucherotte ; ØS surface de chevauchement
satellite du lambeau tectonique d'Urgonien en flanc inverse.
f.rO = faille des rochers de l'Ours ; f.Bn = faille
du Bacon.
Sur le versant ouest du col de l'Arc l'entaille du vallon de Font Froide, qui descend vers le nord-ouest au pied nord de la crête des Crocs, donne une coupe presque transversale du versant sud-ouest du Pic Saint-Michel. On y voit effectivement que la dalle urgonienne qui forme ce sommet vient chevaucher le Sénonien du fond de vallon par une surface de chevauchement. Cette dernière assure le raccord entre le tracé septentrional du chevauchement du Moucherotte, qui aboutissait au Collet du Furon, et son tracé méridional qui traverse en diagonale le versant ouest de la crête des Crocs (voir la page "Cornafion").

1/ La lame d'Urgonien que franchit le chemin, au bord droit du cliché, ne prolonge pas véritablement le flanc inverse du pli couché dessiné par l'Urgonien du Pic Saint-Michel, car elle en est séparée par la surface Øs qui sectionne les bancs du Barrémien inférieur. Cette lame rocheuse est effilée à ses deux extrémités et s'apparente donc à une navette* ; elle est d'ailleurs en partie constituée de fragments ressoudés après broyage (c'est donc une brèche de faille à très gros éléments). 2/ Le flanc normal du pli-couché est affecté par une faille fx dont la signification est assez énigmatique. En effet elle désolidarise une tranche de couches supérieure qui n'est pas affectée par le crochon (elle garde un pendage modéré vers l'ouest). D'autre part elle a un rejet apparemment extensif et semble se raccorder, à travers la masse inférieure urgonienne à une faille normale visible dans le versant est au nord du col de l'Arc. Il s'agit donc vraisemblablement d'une faille extensive, antérieure au chevauchement, qui a légèrement rejoué lors de ce dernier en permettant à ses deux compartiments d'avoir un comportement différent (seul le compartiment ouest étant tordu en crochon). Voir à la page "Pic-Saint-Michel" les clichés montrant le tracé de cette faille dans les pentes au nord du col de l'Arc. |
On remarque sur cette coupe naturelle que
le tracé du chevauchement traverse
le versant en diagonale descendante vers le nord-ouest. Cette observation a fait croire que la surface
de chevauchement y était elle-même pentée
vers l'ouest. Ceci obligeait à admettre qu'elle subissait
un ploiement en anticlinal aux abords du col de l'Arc, comme l'exprimait
la coupe ci-après (version originelle de la coupe en couleurs donnée plus haut dans cette page).

Cette interprétation, à première vue très séduisante et adoptée sur la carte géologique au 1/50.000° (feuille Vif) se heurte pourtant à plusieurs difficultés qui portent à la rejeter :
1/ Entre le col de l'Arc et le collet du Furon
(ainsi, d'ailleurs, qu'au flanc ouest de la crête des Crocs) la surface de chevauchement ne plonge pas vers l'ouest mais bien vers le nord-est, comme sur le versant oriental du
chaînon. L'orientation NW-SE de son tracé résulte
simplement d'un "V topographique"*, lié au changement
de versant (et au fait que la surface de chevauchement s'abaisse
vers le nord - nord-est, obliquement à l'azimut de la
ligne de crête). 2/ L'existence du chevauchement "Ø?"
n'est étayée par aucune observation dans le
vallon de Machiret, où d'ailleurs la dénivellation
entre les affleurements des deux rives n'est pas si forte que
ceux de rive sud dussent passer sous ceux de rive nord. 3/ De part et d'autre du vallon de Machiret,
il ne peut y avoir continuité directe des couches du Sénonien
car au nord-ouest elles dessinent un synclinal et au sud-est
elles sont plutôt ployées en un ample anticlinal. Cette
dissemblance de géométrie peut toutefois résulter
non pas d'un chevauchement mais du jeu d'une faille NE-SW ("faille
de Machiret"). L'existence d'une telle cassure est
en effet suggérée par au moins deux observations
: Dans cette interprétation on est amené à trouver dans le synclinal de la Grande Côte le prolongement vers le nord du synclinal de la Fauge (décalé vers le NE par le décrochement des Clots). Quant au prolongement de l'anticlinal de la Moucherolle il est sans doute à rechercher dans une inflexion anticlinale des couches sénoniennes du versant ouest de la Grande Côte (expliquant de la dénivellation des couches dont cherchait à rendre compte l'hypothèse du chevauchement Ø? ). |

Carte géologique très simplifiée du Vercors oriental à la latitude de Villard de Lans
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication n° 074
légende
des couleurs
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