Lans-en-Vercors, Les Ramées |
Cette page est subdivisée en trois parties : a) au nord-est (Les Ramées), b) à l'est (revers sud de la Croix des Ramées), c) au sud-est (La Sierre). |
La localité de Lans est installée à mi-latitude du val, très jurassien par son relief*, auquel elle donne son nom. Ce val, à fond plat large d'environ deux kilomètres, est orienté N-S et occupe la partie nord-orientale du Vercors (apercu d'ensemble à la page "Vercors NE"). Il est bordé du côté occidental par le chaînon de Sornin et du côté oriental par celui du Moucherotte, qui le sépare du sillon subalpin (voir la page "Comboire").
Le relief de ce val se calque sur celui du synclinal de Villard de Lans, qui est un pli que l'on peut qualifier de coffré* car il possède un fond plat, doucement penté vers l'est. Il est bordé par deux flexures synclinales déjetées en sens opposé, à l'ouest la flexure des Engenières, N.20, et à l'est celle du synclinal des Vouillants, N.40 (voir la page "Seyssins"). Aux abords de Lans ce dernier pli, qui est passagèrement masqué à la latitude de Saint-Nizier, trouve son homologue méridional dans le synclinal des Suifs qu'y dessinent les calcaires sénoniens.
image sensible au survol et au clic La partie du val qui sépare les localités de Lans et de Villard-de-Lans a été l'objet d'un surcreusement par les anciens glaciers locaux, qui ont enlevé le Miocène du cœur de son synclinal et abandonné des dépôts morainiques sur ses flancs. Puis elle a été barrée du côté nord par le cône de déjections du Furon : ceci l'a temporairement transformée en lac, qui a vite été comblé par les alluvions fluviatiles et drainé du côté le sud par la Bourne, qui y prend sa source. Le cours du Furon s'est ré-entaillé dans ses anciennes alluvions, pour s'évacuer vers le nord par les gorges d'Engins. |
C'est cependant une entité un peu plus complexe car les deux flexures à vergence opposée qui le délimitent ont leurs axes qui se rejoignent aux abords sud de Villard-de-Lans. Leur divergence en direction du nord s'accompagne, à l'approche de la vallée de l'Isère, par l'apparition intercalaire de l'anticlinal de Sassenage. Ce pli sépare alors un synclinal des Vouillants, oriental, qui se prolonge en Chartreuse par le synclinal de Proveysieux, et un synclinal de Sassenage, occidental, qui s'efface au contraire dans le vallon de Mont-Saint-Martin (voir la page "rapports avec la Chartreuse"). |
![]() L'ensemble du val de Lans vu d'avion, du nord, depuis l'aplomb des Engenières près de Sassenage. - En premier plan : a.Sa = anticlinal de Sassenage (il plonge vers le sud, c'est-à-dire vers l'arrière) ; c.Sa = faille ("chevauchement") de Sassenage ; f.E = faille d'Engins (transverse aux accidents précédents) ; s.Sa = synclinal N-S de Sassenage ; flE = flexure des Engenières (affectant le flanc ouest du précédent). - En arrière plan : ; d.B = décrochement des Bruziers ; ØM = chevauchement du Moucherotte (se raccorde au précédent) ; s.Su = synclinal des Suifs ; s.mS, le grand synclinal méso-subalpin, N45 ; a.Mw = charnière anticlinale occidentale du Moucherotte. - Alluvions glaciaires wurmiennes (en bleu clair) : mW1 = moraine des Guillets (1° stade de retrait) ; mW2 = moraine des Charvets (2° stade de retrait). Le tracé de ces moraines, au flanc de la vallée du Furon, indique qu'une langue glaciaire s'engageait dans cette vallée ; tirets bleus fléchés = écoulements d'eaux de fonte. Le "synclinal de Villard de Lans" est constitué par l'assemblage (convergent vers le sud) de la flexure des Engenières, (son flanc ouest) et du synclinal méso-subalpin (son flanc oriental). Le plancher du val de Lans est disséqué, en avant de Lans, par la vallée du Furon (Engins). Celle-ci perce la carapace du Sénonien supérieur et ouvre, jusque très en aval d'Engins, une combe monoclinale dans le Sénonien. Il est partagé en avant-plan par l'anticlinal de Sassenage dont la voûte s'élève vers le nord (à l'est duquel se trouve, hors champ, le synclinal de Proveysieux). |
A / Du côté oriental, à la latitude de Lans, la limite des affleurement miocènes décrit un golfe qui se ferne du côté sud-oriental, entre La Chénevarie et le Peuil par les reliefs boisés sénoniens du Bois Sigu et de la Grande Côte. Le chef lieu de Lans est installé dans ce golfe sur les cailloutis du cône de déjections que le torrent du Furon (qui prend naissance dans les pentes occidentales du Pic Saint-Michel) a étalé au débouché de son cours amont dans le val. La signification structurale de ce dessin cartographique reste conjecturale (la carte géologique y voit le passage d'une cassure prolongeant vers le sud le chevauchement du Moucherotte, mais l'examen des lieux ne parvient pas à justifier cette interprétation).
Les reliefs du bord oriental du Val correspondent à une extension vers l'ouest des pentes de la montagne du Moucherotte : elle se produit à la faveur d'un rebord abrupt orienté SW-NE qui domine le profond rentrant du Bois des Mures, en amont de la source du Bruyant. Leur partie sommitale, à faible déclivité vers l'ouest, forme le plateau des Ramées qui est limité d'autre part vers l'ouest par l'abrupt de la Croix des Ramées et du côté oriental par puissante falaise du rebord subalpin qui domine le Peuil de Claix (voir la page "Comboire").
1) Le plateau des Ramées est limité du côté septentrional par le rebord abrupt orienté SW-NE qui domine le profond rentrant du Bois des Mures, en amont de la source du Bruyant. Il donne une coupe naturelle NE-SW, donc oblique au chaînon, mais son analyse est contrariée par l'abondance de la garniture ébouleuse qui masque très largement la disposition des couches en contrebas de son rebord supérieur. Elle permet cependant de voir que que la structure à cette latitude différe de celle du Moucherotte en ceci que la dalle de l'Urgonien supérieur (qui y supporte des lambeaux de Lumachelle paqués sur le plateau des Ramées) y dessine un synclinal très ouvert dont l'axe passe au Pas de l'Échelle : c'est ce pli (inexistant plus au nord dans les pentes occidentales du Moucherotte) qui est à l'origine de faible déclivité de la dalle structurale des Ramées.
Il est patent que le flanc ouest (presque horizontal) de ce pli se poursuit, sur 600 m vers l'ouest, jusqu'au promontoire rocheux, coté 1612, où se coude l'extrémité septentrionale de l'abrupt de la Croix des Ramées. Par contre on voit plus bas dans le versant que les plus hautes couches de l'Urgonien inférieur dessinent la charnière en genou de la flexure occidentale de l'anticlinal du Moucherotte, ceci moins de 300 m à l'ouest du Pas de l'Échelle. Ce décalage semble a priori explicable par un glissement relatif vers l'ouest du niveau supérieur, à la faveur du niveau des couches à Orbitolines. Mais l'examen des abrupts de la Croix des Ramées (voir plus loin en partie B/1) montre que l'on y trouve aussi les couches les plus hautes de l'Urgonien inférieur qui y constituent le cœur d'un pli similaire .
On peut tenter d'expliquer ce décalage dextre par une hypothétique "faille de Roche Rousse" dont le tracé NE-SW passerait juste au NE de la butte de ce nom et se poursuivrait (de façon peu convaincante) entre Urgonien supérieur et Urgonien inférieur dans les abrupts du Pas de l'Échelle.
On peut remarquer que la falaise supérieure dessine à son extrémité septentrionale, cotée 1612, une curieuse sinuosité, bien visible depuis le nord, qui est constituée par court rebroussement synclinal suivi d'une inflexion anticlinale : il est plausible de voir dans ce froissement l'amortissement d'une faille extensive N-S qui abaisse sa lèvre orientale un peu plus au sud, au Pas de la Tinette (voir plus loin). |
2) D'autre part si l'on se porte un peu plus à l'ouest, dans le versant nord de la Roche Rousse on observe une structure que la carte interprète comme la réapparition de la surface de chevauchement du Moucherotte. De fait vers l'altitude de 1300 m, c'est à dire à l'altitude prévue si l'on se base sur la quasi horizontalité qui semble être la sienne plus au nord (voir la page "Moucherotte") on observe, au dessus des conglomérats miocènes qui affleurent en pied de versant, la présence de couches du Sénonien dont la situation est analogue à celle des couches de même âge du flanc ouest de l'anticlinal coffré du Moucherotte.
Ces couches semblent plus précisément être dans le prolongement de celles qui forment plus au nord le Rocher de l'Âne. Elles sont d'abord formées, du côté est, de marno-calcaires du Sénonien inférieur ; puis elles dessinent un mouvement synclinal déjeté vers l'ouest tel que les affleurement les plus occidentaux, formés par les calcaires sénoniens supérieurs, forment le flanc inférieur du pli et ne pendent que de 40° vers le NW. |
Il est clair en outre que l'altitude de ce contact chevauchant est trop basse pour que cette surface soit en rapport avec la structure de la Croix des Ramées mais on peut se demander, compte tenu de leurs azimuts très concordants, si le chevauchement de cette dernière ne peut pas représenter le prolongement méridional de la faille des Pucelles (au prix toutefois d'un basculement à vergence ouest de cette dernière) ...
B/ à l'est de Lans, les pentes de la Croix des Ramées montrent que la structure de ce versant occidental de la montagne ptésente plusieurs aspects nouveaux.
1) Dans les pentes au sud de la Roche Rousse les affleurement de miocène qui constituent la base de cette butte se prolongent en direction du talweg du Furon en amont du village des Bernards. Ils y sont toujours coiffés par des calcaires sénoniens selon un contact qui recoupe les bancs de ces derniers et qui pend vers l'est. Or ces calcaires se révèlent appartenir ici au flanc oriental du synclinal des Suifs, dont les couches de la charnière affleurent plus au sud en amont de la gorge du torrent.
Ce pli est très déjeté vers l'ouest puisque la partie inférieure de sa charnière, que traverse le cours supérieur du Furon en amont des Jailleux, pend encore à plus de 20° vers le NW tandis que sa partie supérieure, au nord du Bec du Cornillon, est pentée à 80° E. Cette disposition des couches présente des analogies avec celle du chapeau de la Roche Rousse, tout en s'en différenciant : en effet la flexion synclinale de la Roche Rousse ressemble plus à celle la partie basse du flanc de synclinal (niveau du talweg) qu'à sa partie haute, plus septentrionale, située à la latitude de la Croix des Ramées, ceci tout en plongeant vers le N. |
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Il est clair que cette structure n'est autre que la flexure orientale du synclinal coffré à fond presque horizontal de Villard-de-Lans ; d'autre part il est remarquable que l'axe de cette flexure, orienté N-S au nord comme au sud, subit à la latitude où elle est traversée par le thalweg (c'est-à-dire sur la transversale du hameau de Furon), une torsion azimutale en sens horaire qui le fait s'orienter N70 (voir plus loin l'interprétation de ce fait).
2) La rive droite de la gorge du Furon montre par une coupe dépourvue d'ambiguité la structure des pentes plus orientales : on y voit les calcaires du Sénonien supérieur plonger vers le NW, apparemment pour s'enfoncer sous le miocène des Bernards et de La Chénevarie, et se rebrousser vers le SE au Bec Cornillon en dessinant cette charnière synclinale. Plus à l'est, au hameau des Jeux, les couches stratigraphiquement inférieures (du Sénonien inférieur à l'Urgonien supérieur) montrent un basculement progressif de leur pendage qui atteint 45° E au niveau de la Lumachelle avant de se faire couper en biseau plus au nord par une surface que l'on peut, en première approximation, appeler le chevauchement de la Croix des Ramées. Au dessus de cette dernière les couches urgoniennes, à l'endroit mais basculant vers l'ouest dessinent un anticlinal également déjeté vers l'ouest dont la charnière passe en contrebas ouest de la falaise de la Croix des Ramées : elle possède en fait le dessin anguleux connu plus au nord pour caractériser la charnière occidentale de l'anticlinal du Moucherotte.
On constate même, aux abords occidentaux du point culminant de ce petit sommet, que l'érosion a atteint un cœur dessiné par les couches à Orbitolines et les couches les plus hautes de l'Urgonien inférieur, tandis que les couches du flanc ouest sont coupées en biseau par ce contact. Ce dernier, apparemment chevauchant, coupe également en biais les couches de sa lèvre inférieure, que couronnent les calcaires sénoniens des Traverses. Ces dernières montrent en outre un amincissement de bas en haut que l'on est tenté a priori d'attribuer à un effilement tectonique.
En fait ce contact tectonique n'est visible nulle part car il est masqué par une ligne d'éboulis. On constate seulement, à l'est des Jeux, qu'à la Lumachelle, renversée et pentée à 45° vers l'est, font place des bancs urgoniens, pentés au contraire à 50° vers l'ouest, qui y appartiennent au flanc ouest de l'anticlinal (voir le cliché ci-dessus). On observe donc là un rebroussement de la lèvre inférieure du contact tectonique, mais ce dernier n'est pas explicable par une rupture en pli-faille du flanc ouest de l'anticlinal pour deux raisons : la première est que l'Urgonien de la lèvre supérieure ne subit quant à lui aucun renversement vers l'ouest ; la seconde est que le tracé de la cassure est orienté d'une facon qui lui fait recouper, du sud vers le nord les couches (Urgonien inférieur) du cœur de l'anticlinal. Dans tous ces cas la question se pose de déterminer si ce contact objectivement discordant est d'origine sédimentaire ou tectonique. Cette seconde réponse est privilégiée par le fait qu'il trouve apparemment son prolongement méridional ultime dans la faille de Machiret, extrémité nord de celle des Clots, qui ferme du côté méridional le grand synclinal de Villard-de-Lans (voir la partie E). |
Ce dispositif semble s'interrompre au niveau du vallonnement qui descend en direction du village de la Chénevarie à partir du collet oriental de Roche Rousse : c'est bien là que la direction de son tracé fait passer l'hypothétique faille de Roche Rousse définie plus haut.
De fait les couches sénoniennes de cette butte ne s'y disposent pas comme celles des Traverses, en dépit de ce qu'elles affleurent dans leur prolongement : elles sont bien affectées d'un ploiement synclinal mais ce dernier correspond plutôt à celui de la partie inférieure du crochon du Bec Cornillon et des Traverses (voir plus haut). En outre le contact Sénonien sur Miocène de la lèvre méridionale de la faille de Roche Rousse semble être abaissé et décalé dans le sens dextre. |
![]() Le versant est du val de Lans vu du sud-ouest, depuis les abords méridionaux du village des Jailleux. a.M = anticlinal du Moucherotte (sa charnière occidentale) ; f.Rr? = faille de Roche Rousse ; ØR = chevauchement (?) de la Croix des Ramées ; a.M = flexure anticlinale occidentale du Moucherotte (au sud de la Croix des Ramées son axe plonge vers le sud puis se tord en sens horaire pour aboutir au rebord ouest du parking de La Sierre) ; f.Ti = faille de La Tinette ; ØV = chevauchement des Virets. "Alb" = Albien-Cénomanien (grès verts) (voir détails en fin de la présente page). |
3) L'examen des basses pentes de ce versant fait apparaître que le pendage des couches sénoniennes des pentes boisées des Traverses est plus fort que la pente dégarnie du pied de versant, où affleure le Miocène. Ceci incite à penser que ces couches s'enfoncent stratigraphiquement sous ce Miocène du pied de ce versant. Pourtant le pendage mesuré le long du contact de ce dernier avec les calcaires sénoniens est au contraire de 40 à 60° vers l'est. Cela signifie que la limite bois - prairie y correspond bien à un contact tectonique, conformément au tracé indiqué (à quelques détails de localisation précise près) par la carte géologique. Toutefois il est à remarquer que ce contact n'a plus du tout l'attitude sub-horizontale reconnue plus au nord pour le chevauchement du Moucherotte, puisqu'il plonge ici fortement vers l'est (voir la coupe ci-après).
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En rive gauche du Furon le contact entre Sénonien et Miocène n'est observable qu'en un seul point, à l'arrivée supérieure du petit téléski des Jailleux. Mais là, plutôt qu'une superposition, axée N-S, du Sénonien sur le Miocène (conforme à celle qui s'observe en rive droite du Furon), il montre leur juxtaposition par une faille NW-SE à fort pendage sud.
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L'orientation E-W de la surface de cassure, orthogonale à celle N-S observable en rive droite du Furon, est un fort obstacle pour voir dans cette faille le prolongement sud-occidental du présumé chevauchement du Moucherotte. Elle porte plutôt à considérer cette faille comme une cassure secondaire associée au décrochement des Ramées. |
Plus au sud l'on n'observe plus aucune trace de conglomérats miocènes au pied des reliefs du Bois Sigu, lesquels restent formés par du Sénonien très doucement penté vers le NW et appartiennent donc au flanc oriental du synclinal des Suifs. Ceci reste vrai jusqu'au village du Peuil, où le fond du val laisse même des bancs sénoniens horizontaux émerger des alluvions, ainsi d'ailleurs que plus au sud encore jusqu'au village des Nobles (voir la page "Pic Saint-Michel").
Aucune observation ne justifie donc le tracé de la carte, qui fait passer une cassure entre le Bois Sigu et le village du Peuil. Objectivement on perd donc le tracé du chevauchement du Moucherotte au niveau de la gorge du Furon. Toutefois on peut encore tenter de justifier le tracé de la carte en imaginant qu'il correspond au fait que cet accident a été tordu dans le sens dextre par le coulissement des Ramées, en même temps que le synclinal des Suifs (dont il couperait l'axe en biais aux abords orientaux du Peuil) et se connecte ainsi à la faille des Blancs (voir la page "Pic Saint-Michel").
C / Au sud des Ramées, les pentes supérieures de rive droite du cours amont du torrent du Furon, s'abaissent en constituant le plateau de La Sierre (qui est colonisé en "stade de neige" de Lans). Ce plateau correspond à une dépression structurale car la dalle d'Urgonien supérieur s'y abaisse fortement comme en atteste le fait qu'elle y est garnie par une large flaque de Lumachelle qui y pend en moyenne à 20°W. Il est limité vers le nord par un large vallonnement boisé (Les Vignes) qui masque ses rapports avec le rebord sud-est du Plateau des Ramées (cliché ci-dessous).
Le sentier qui mène depuis Les Jeux au Pas de la Tinette permet d'observer le changement de sens des pendages qui indique la charnière anticlinale, orientée N25, et de constater que le flanc oriental du pliu y est rompu par une cassure extensive, la faille de La Tinette : elle est orientée sensiblement N-S mais on rejet vertical s'amortit vers le nord, en haut des pentes des Ramées, ce qui la transforme en une ondulation synclinale bien observable dans l'abrupt septentrional de l'éperon coté 1612 (voir plus haut en partie A).
Au sud de La Tinette on perd dans les bois le tracé du chevauchement des Ramées et la voûte urgonienne de l'anticlinal semble s'effacer alors qu'elle devrait atteindre le bord septentrional du plateau de La Sierre. En fait il se produit là une torsion en sens horaire du flanc oriental de l'anticlinal, laquelle a pour effet d'abaisser de plus de 200 m (entre Les Ramées et La Sierre) la surface de base des placages de Lumachelle qui garnissent la dalle urgonienne. On peut appeler flexure transverse des Ramées cet accident, très diffus, qui est d'ailleurs l'unique déformation quelque peu notable que l'on distingue dans la falaise urgonienne de la crête de la montagne lorsqu'on la regarde depuis la plaine grenobloise (voir la page "Col de l'Arc").
Un autre effet de cette flexure azimutale est d'occasionner à la flexure anticlinale en genou occidentale du Moucherotte un décalage dextre de presque 1000 m. (valeur mesurée orthogonalement à l'axe du pli). En effet on revoit sa charnière au bord occidental de la dalle urgonienne du Plateau de la Sierre, là où elle est traversée par la route menant à la Sierre au terme supérieur de sa montée du sud vers le nord (voir la carte schématique ci-après).
Bien qu'entre la Tinette et la Sierre on ne parvienne pas à observer l'axe de ce pli il est très vraisemblable qu'il n'y est pas brutalement tranché mais que son décalage est réalisé par une sinuosité cartographiquement sigmoïde (en S inversé, si l'on regarde du sud). En effet on constate que c'est une telle sinuosité qui affecte de la même façon toutes les surfaces stratigraphiques des deux flancs de l'anticlinal.
Cette incurvation se manifeste notamment dans par le tracé synforme qui affecte les couches de la limite Urgonien / Sénonien du flanc oriental du synclinal des Suifs aux environs du hameau du Furon (ces couches s'y orientent aux alentours de N 50 à N70). |
Par son jeu dextre et du fait qu'elle affecte le chaînon du Moucherotte sur toute sa largeur (anticlinal du Moucherotte et synclinal des Suifs compris) cette flexure transverse des Ramées s'avère correspondre à un décrochement, même si celui-ci, au lieu de s'exprimer par une cassure franche et continue, le fait par une torsion azimutale. On peut en outre remarquer que l'orientation NE-SW et le rejet dextre de ce décrochement s'additionnent pour le rattacher à la famille des décrochements du massif de la Chartreuse.
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Concernant la localisation de ce décrochement, on constate : |
Au total l'analyse de la transversale de Lans du chaînon du Moucherotte jette un fort doute sur l'existence d'un front de charriage dessinant un lobe s'avançant dans le Val de Lans, tel qu'il a été imaginé par J.DEBELMAS et représenté sur la carte géologique en 1965. En fait ce dessin cartographique apparaît comme le résultat d'un décrochement des Ramées, dextre et orienté NE-SW, qui a affecté tout ce chaînon de part en part. Bien que doté d'un rejet kilométrique, il ne s'exprime touterfois que par la torsion des couches, sans aller jusqu'à les rompre par une grande faille. Enfin ces accidents coexistent avec une paléofaille de la Sierre, orientée N-S, qui a fonctionné en distension à l'Aptien, par abaissement de sa lèvre orientale. Mais elle semble avoir été seulement basculée, mais non reprise, dans les déformation plus récentes. |
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Carte géologique très simplifiée du Vercors à la latitude de Grenoble
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M. Gidon (1977), publication n° 074
légende
des couleurs
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