| Pic Saint-Michel, Col de l'Arc (versant ouest ) |

En fait l'étude des pentes situées à l'est de Lans tend à montrer que l'Urgonien du Moucherotte et de la rive droite du vallon des sources du Furon ("Combe Claire"), ne s'enfonce pas sous le Sénonien de sa rive gauche. Au contraire il en est séparé par le chevauchement du Moucherotte qui le fait s'avancer par dessus. Le "synclinal de la Grande Côte" doit vraisemblablement être considéré comme un simple crochon dû au chevauchement du Moucherotte.
Au sud du Collet du Furon, l'entaille du vallon de Font Froide, qui descend du col de l'Arc, donne une coupe presque transversale de la partie sud du chaînon. On y voit effectivement que la dalle urgonienne vient chevaucher le Sénonien, qui affleure là nettement en contrebas, par une surface de chevauchement. Cette dernière poursuit celle du Moucherotte car elle se raccorde à son tracé plus au sud, à la crête des Crocs (voir la page "Cornafion"), mais ici le tracé du chevauchement traverse le versant en descendant vers le nord-ouest.

| Analyse complémentaire
de certains détails du cliché ci-dessus: 1/ La lame d'Urgonien que franchit le chemin, au bord droit du cliché, ne prolonge pas véritablement le flanc inverse du pli couché, car elle est séparée par la surface Øs qui sectionne les bancs du Barrémien inférieur. Cette lame rocheuse est effilée à ses deux extrémités et s'apparente donc à une navette* ; elle est d'ailleurs en partie constituée de fragments ressoudés après broyage (en une "méga-brèche" de faille). 2/ Le flanc normal du pli-couché est affecté par une faille fx dont la signification est assez énigmatique. En effet elle désolidarise une tranche de couches supérieure qui n'est pas affectée par le crochon (elle garde un pendage modéré vers l'ouest). D'autre part elle a un rejet apparemment extensif et semble se raccorder, à travers la masse inférieure urgonienne à une faille normale visible dans le versant est au nord du col de l'Arc. Il s'agit donc vraisemblablement d'une faille extensive, antérieure au chevauchement, qui a légèrement rejoué lors de ce dernier en permettant à ses deux compartiments d'avoir un comportement différent (seul le compartiment ouest étant tordu en crochon). Voir en fin de page deux clichés montrant le tracé de cette faille dans les pentes au nord du col de l'Arc. |
Cette observation a fait croire que la surface de chevauchement y était elle-même pentée vers l'ouest. Ceci obligeait à admettre qu'elle subissait un ploiement en anticlinal aux abords du col de l'Arc, comme l'exprimait la coupe ci-après.


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Cette interprétation, à première vue très séduisante, est celle adoptée sur la carte géologique au 1/50.000° (feuille Vif). Pourtant elle se heurte à plusieurs difficultés qui portent à la rejeter. 1/ Entre le col de l'Arc et le collet du Furon
(ainsi, d'ailleurs, qu'au flanc ouest de la crête des Crocs)
la surface de chevauchement ne plonge pas vers l'ouest
mais bien vers le nord-est, comme sur le versant oriental du
chaînon. L'orientation NW-SE de son tracé résulte
simplement d'un "V topographique"*, lié au changement
de versant (et au fait que la surface de chevauchement s'abaisse
vers le nord - nord-est, obliquement à l'azimut de la
ligne de crête). 2/ L'existence du chevauchement "Ø?"
n'est étayée par aucune observation dans le
vallon de Machiret, où d'ailleurs la dénivellation
entre les affleurements des deux rives n'est pas si forte que
celui de rive sud doive passer sous celui de rive nord. 3/ De part et d'autre du vallon de Machiret,
il ne peut y avoir continuité directe des couches du Sénonien
car au nord-ouest elles dessinent un synclinal et au sud-est
sont plutôt ployées en un ample anticlinal. Cette
dissemblance de géométrie peut toutefois résulter
non pas d'un chevauchement mais du jeu d'une faille NE-SW ("faille
de Machiret"). L'existence d'une telle cassure est
en effet suggérée par au moins deux observations
: Dans cette interprétation on est amené à trouver dans le synclinal de la Grande Côte le prolongement vers le nord du synclinal de la Fauge (décalé vers le NE par le décrochement des Clots). Quant au prolongement de l'anticlinal de la Moucherolle il est sans doute à rechercher dans une inflexion anticlinale des couches sénoniennes du versant ouest de la Grande Côte (expliquant de la dénivellation des couches dont cherchait à rendre compte l'hypothèse du chevauchement Ø? ). |


Le versant sud-est du Pic Saint-Michel
vu du sud-est, d'avion
Parmi les détails qui apparaissent sur ce cliché
on notera :
- un petit chevauchement rétroverse (dirigé vers
l'est), noté Ør ;
- une faille de type normal, dotée d'un rejet extensif
de quelques dizaines de mètres, qui coupe la crête
là où conduit, sur l'autre versant le tracé
de fx ;
- une torsion des couches du compartiment ouest de cette faille
qui dessinent une charnière en genou : cela atteste d'un
cisaillement chevauchant vers l'ouest qui peut vraisemblablement
résulter d'un rejeu inverse de fx.

Carte géologique très simplifiée du Vercors oriental à la latitude de Villard de Lans
redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble
des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°",
par M.Gidon (1977), publication n° 074
Cette carte est imprimable à l'échelle du 1/250.000°
: pour cela porter la résolution de 72 dpi à 200
dpi (ou imprimer avec une réduction à 36 %.) Pour
imprimer au 1/100.000° porter la résolution à
80 dpi (ou agrandir à 111%)
légende
des couleurs
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