La montagne de Céüse |
La montagne de Céüse domine le sillon de Gap entre cette ville et La Saulce. C'est un magnifique exemple de synclinal perché* de forme presque circulaire, presque entièrement ceinturé par un crêt de Tithonique (que l'érosion du torrent drainant ses eaux a toutefois éventré du côté nord). Cette cuvette structurale* résulte de l'entrecroisement de deux synclinaux, l'un N-S, l'autre E-W. Son coeur est occupé par de molles collines de Berriasien, de Valanginien et d'Hauterivien, ce qui était propice à l'implantation des pistes de la station de ski. Toute sa périphérie laisse voir, sous les éboulis, le substratum de marnes du Jurassique supérieur, dans lequel est creusé le large col ("seuil") de la Freissinouse, et qui forme le bord ouest du sillon de Gap jusqu'aux approches de La Saulce.


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d'après une image extraite de "google-earth"
Le versant septentrional de l'ensemble de la montagne de Céüse
vue assez fortement plongeante depuis le nord.
s.C-M = synclinal de Céuse - Matacharre ; s.vM = synclinal du Villard de Montmaur ; ØC = chevauchement de Céüse ; ØP = chevauchement du Pennas ; Ds = surface de discordance, à la base du Sénonien.
Du côté est et du coté sud la corniche tithonique de Céüse ne fait que couronner des pentes où se succèdent en bon ordre les couches de ce soubassement, lesquelles représentent en fait la couverture stratigraphique de celles du Jurassique moyen et inférieur qui forment le Dôme de Remollon.

Le sommet de la crête de la Corniche de Céüse
vu du sud, d'avion
On voit ici le Tithonique du flanc oriental du synclinal de Céüse - Matacharre. Il est dénudé en une dalle structurale qui descend assez bas avant de s'enfoncer sous les marno-calcaires du Berriasien (plus à gauche, hors du champ du cliché).
On remarque cependant que la corniche du Jurassique supérieur est ici particulièrement peu épaisse, le Tithonique étant notamment réduit à un seul très gros banc compact, épais d'environ 50 m générant des éboulis à blocs particulièrement volumineux ; les calcaires lités sous jacents (Kimméridgien et Séquanien) se limitent quant à eux à une volée de bancs de quelques dizaines de mètres d'épaisseur (d'ailleurs souvent masquée sous les éboulis).
L'intérieur de la cuvette de Céüse
vu depuis le point coté 1840, à l'extrémité
septentrionale de l'arête rocheuse de La Barre
On est ici sur le crêt* (typique) du bord ouest
de la cuvette synclinale. L'autre bord de la cuvette est constitué
par le crêt de la Corniche, dont on voit ici la dalle structurale
de Tithonique et de Berriasien, qui en constitue le revers.
Noter le plongement vers le nord, sur cette transversale, de l'axe
du synclinal N-S de Céüse - Matacharre.
Au contraire, du côté ouest, la montagne de Céüse est séparée des chaînons plus occidentaux par la grande faille de chevauchement de Céüse - La Saulce. Cette dernière se raccorde vers le nord (par le secteur à l'ouest de la Roche-des-Arnauds, puis par les pentes occidentales de la montagne de Bure), avec le chevauchement médian du Dévoluy.

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Le revers occidental de la montagne de
Céüse
vus depuis la rive droite de la Béoux (Tête
du Rif de l'Are)
La dalle tithonique de Céüse est ployée en un synclinal
de Céüse - Matacharre (s.CM ) qui plonge vers le nord.
Son bord occidental repose en chevauchement (ØC = chevauchement de Céüse - La Saulce) sur le Sénonien
du flanc oriental du synclinal du Villard de Montmaur (s.VM,
lui aussi plongeant vers le nord). Entre le chevauchement et le
Sénonien le soubassement de ce dernier (Tithonique, Berriasien
à Hauterivien par places) apparaît et dessine des replis
(par exemple à Bois Noir).
En avant-plan l'échine de Sénonien
de la rive gauche de la Béoux masque le synclinal de Montmaur.
Elle correspond au flanc oriental de l'anticlinal de la Béoux
(a.B), qui plonge vers le sud (c'est-à-dire vers
l'arrière droit), à l'inverse des autres plis.
Du fait de cette rupture tectonique la succession du pied de la corniche ne descend que jusqu'aux marno calcaires de l'Argovien (voire même seulement aux calcaires séquaniens, à son extrémité septentrionale) et ceux-ci reposent sur des couches beaucoup plus récentes, qui appartiennent au flanc est du grand synclinal N-S du Villard de Montmaur.

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En direction du sud, le chevauchement de Céüse - La Saulce passe au col des Guérins et se raccorde, encore plus au sud, au niveau de la Durance, à la surface de charriage de la nappe de Digne (voir la page "La Saulce").

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redessinée sur la base de la carte géologique d'ensemble des Alpes occidentales, du Léman à Digne, au 1/250.000°", par M.Gidon (1977), publication n° 074 |
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| petite
taille |
(au sud de Veynes) |
grande
taille |
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| versant W de Céüse |
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(sillon de Gap) |
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