Nom du fichier : http://www.geol-alp.com/h_oisans/_lieux/guisane_vallouise/yret.html
Le Rocher de l'Yret est le sommet le plus oriental
de l'arête qui se détache vers l'est du chaînon
de Clouzis pour former la ligne de partage des eaux entre Guisanne
et Gyronde. Il se caractérise grossièrement comme
un crêt regardant vers le sud-ouest, doté d'un soubassement
cristallin dont la surface est garnie par le Nummulitique autochtone
sur son revers oriental. Les terrains sédimentaires anté-nummulitique
n'y sont représentés qu'à l'état de
lames coincées sur son versant occidental, en intrications
entre les écailles imbriquées qui y débitent
le socle cristallin.

version plus grande, muette, de cette image
La coupe naturelle des abrupts sud-ouest du Rocher
de l'Yret
vue d'avion, du sud-ouest, depuis l'aplomb des oentes de Séguret-Foran
ØM = chevauchement de l'écaille
de Montagnolle ; ØSB = chevauchement frontal du
Sub-briançonnais.
s.pa = transgression du Trias sur le cristallin (= surface
de la pénéplaine anté-triasique) ; Js?
= Jurassique supérieur schisteux présumé
(d'après la carte Briançon à 1/50.000°)
; Numm.+cr. = lames intriquées de Nummulitique et
de cristallin.

figure agrandissable
Coupe générale synthétique
du chaînon de l'Yret
Cette coupe montre la complexité du dispositif des
lames cristallines et leur dilacération progressive du
Sud-Ouest vers le Nord-Est.
1 - Surfaces de chevauchement (ØM = écaille
de Montagnolle, ØSB = nappes sub-briançonnaises)
; 2 - cristallin ; 3a - Grès triasiques ; 3b dolomies triasiques
; 4a - Conglomérats nummulitiques ; 4b - Calcaires nummulitiques
; 5 - Flysch nummulitique à schistes pélitiques
prédominants ; 6 - Flysch nummulitique à bancs de
grès.
N.B. : depuis le dessin originel de cette coupe, la vire schisteuse
inférieure du Nummulitique a été attribuée
(sans preuve formelle) au Jurassique supérieur schisteux,
par J.C. Barféty (carte Briançon à 1/50.000°)
(on peut envisager d'y voir le prolongement de la bande
de Jurassique de l'accident d'Ailefroide, entrainée
vers l'ouest, avec la base de la succession nummulitique, par
le cisaillement de la couverture)
Les couches nummulitiques des abords du sommet
et de ses pentes orientales sont tectonisées en cisaillement
vers l'ouest (par des microplis et des failles plates) sans doute
par l'avancée en chevauchement de la lame sub-briançonnaise
qui forme la Pointe et la Crête des Neyzets. Elles sont
également étroitement imbriquées avec des
lames plus ou moins volumineuses de matériel cristallin
qui s'y trouvent disséminées. Les anciens auteurs,
jusqu'en 1978, avaient interprété ce dernier dispositif
comme le fruit de la tectonique de charriages post-nummulitiques.
Son étude plus précise a révélé
que ces intrications étaient d'origine sédimentaire,
comme l'est la présence de lames de socle à la base
du Nummulitique, un peu plus au nord, à la Croix-de-Cibouit.
Quant aux imbrications de socle cristallin
et de couverture sédimentaire qui sont observables dans
le versant occidental de la montagne tout indique qu'elles résultent
fondamentalement d'une tectonique de chevauchements dirigés
vers le nord-ouest (et non vers l'ouest) et qu'elles sont d'âge
anté-nummulitique (elles sont effectivement tranchées
à tour de rôle par la surface de transgression nummulitique).

figure agrandissable
La partie supérieure des abrupts méridionaux
du sommet du Rocher de l'Yret
vue de l'éperon sud-ouest du point coté 2651
(= partie supérieure gauche du croquis ci-dessus).
Js? = Jurassique supérieur schisteux
présumé (d'après la carte Briançon
à 1/50.000°)
|
La partie inférieure des abrupts méridionaux
du sommet du Rocher de l'Yret
vus de l'ouest, depuis le lac de l'Eychauda (du fait de la
perspective en contre plongée la partie haute de la falaise
est vue en extrème raccourci : se reporter au cliché
précédent).
ØM = surface du chevauchement de l'écaille
de Montagnolle.
Les dolomies triasiques de la vire qui court à flanc,
depuis le col de la Montagnolle, montrent un beau pli décamétrique
(voir le cliché
agrandi)
La surface de la pénéplaine anté-triasique
a été tracée en rouge ; son dessin en chevrons,
comme celui de la limite entre Trias gréseux et dolomitique,
est uniquement le fait de la perspective
figure agrandissable
|
carte géologique au 1/50.000° à
consulter : feuilles Saint-Christophe-en-Oisans et Briançon.
Pour plus de détails
consulter les publications
n° 086,
n° 157
et la thèse de A.Lami (1988)
N.B. Les liens entre parenthèses
sont des raccourcis qui font perdre la barre de boutons
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